En hiver la terre pleure

En hiver la terre pleure;

Le soleil froid, pâle et doux,

Vient tard, et part de bonne heure,

Ennuyé du rendez-vous.

 

Leurs idylles sont moroses.

– Soleil ! Aimons ! – Essayons.

O terre, où sont donc tes roses?

– Astre, où donc sont tes rayons?

 

Il prend un prétexte, grêle,

Vent, nuage noir ou blanc,

Et dit : – C’est la nuit, ma belle!

Et la fait en s’en allant;

 

Comme un amant qui retire

Chaque jour son coeur du noeud,

Et, ne sachant plus que dire,

S’en va le plus tôt qu’il peut.

 

Victor Hugo

This entry was posted in Poésie.

17 comments

  1. watougou says:

    Jolie photo, dans l’Allée des Brouillards on ne se croirait vraiment pas à Paris. Merci pour ce poème et à ton petit loup d’avoir préféré Victor Hugo au rayon politique et finance de ta bibliothèque. On l’a échappé belle! 😉

    • mathilde says:

      N’est-ce pas?! 😉
      J’aime beaucoup cette allée, et, globalement, ce côté de la Butte. Ce n’est pas trop touristique, c’est assez authentique, et presque plus joli que l’autre côté… Comme tu le dis, on peut presque se croire à la campagne, ou, au moins, dans un petit village.

  2. charlotte says:

    Ah Victor Hugo….
    J’adore lire de la poésie, j’adore la poésie et trouver cette petite rubrique chez toi ! C’est aussi une de mes envies et projet pour mon retour au blog !
    Bisous !
    Au fait j’ai lu ton article Burda, tu n’es plus que maman au foyer maintenant ? ou encore une maman ortho qui travaille dans le congelateur de la fonction publique ?

    • mathilde says:

      Je suis contente que l’idée d’une rubrique poésie plaise à mes lectrices! J’aime tellement ça, même si je ne connais pas grand’chose. Le blog va peut-être me pousser à élargir mes connaissances! je découvre la poésie de Victor Hugo depuis quelques années seulement, et je suis vraiment très sensible à ses mots, aux thèmes qu’il affectionne, malgré la grande tristesse qui se dégage de beaucoup de ses écrits.
      Et sinon, oui, en ce moment, je ne suis « que » maman au foyer! Et je peux te dire que mes journées sont bien plus épuisantes que celles passées au congel! 😀

  3. Sylvie T says:

    Bonjour Mathilde..!
    Je n’ai pas pu commenter la dernière fois votre article sur le Burda .. Un bug informatique ? Rien de grave.. ce sera pour une prochaine fois.. Je ne connaissais pas non plus ce poème de Victor Hugo.. qui reflète tout à fait l’humeur morose de notre météo de cet hiver..et qui déteint sur la nôtre.. Pourtant cette photo n’est pas triste ..Une promenade, un enfant, une petite allée pavée…De la verdure, de jolies façades, un lampadaire rétro…Le charme caché d’une grande ville ..enfin découvert..

    • mathilde says:

      J’espère qu’il n’y aura plus de souci pour commenter… je n’ai pas eu d’autre retour, ça devait être un petit souci isolé.
      Oui, j’ai tout de suite été enthousiasmée par le poème, que je ne trouve pas forcément triste. J’y lis même une petite pointe d’humour. Et la photo contrebalance un peu le côté mélancolique du poème! 😉

  4. Déborah says:

    Bonjour Mathilde.
    Quelle bonne idée de glisser de temps en temps un joli poème!

    J’espère que le soleil chassera vite toute cette grisaille.

    (Je vois que tu as rajouté un petit pompon au bonnet de ton grand;-)).

    Belle semaine à toi.

    • mathilde says:

      J’étais sûre que cette initiative te plairait! 😉 D’ailleurs, il faut que je farfouille dans tes lettres, car tu m’avais recopié un poème d’Hugo qui m’avait énormément plu, mais je suis même incapable de me souvenir du thème! Peut-être la nature, avec une araignée, ça te dit quelque chose?… Je vais regarder dans tes lettres et dans tes commentaires pour le retrouver! J’aimerais apprendre un poème par coeur chaque mois, et celui-ci s’est avéré assez facile à retenir.
      Et J. rêvait d’un bonnet avec un pompon depuis l’hiver dernier! J’ai utilisé une laine toute douce style fourrure, et j’ai aussi doublé le cache-cou assorti avec. Ca lui fait un très joli ensemble. Tu vois, tes pelotes ont été utilisées!
      Bises!

      • Déborah says:

        Je ne m’en souviens plus!!…

        J’ai retrouvé celui-là de Victor Hugo que j’avais recopié dans un de mes commentaires:

         » Vois-tu, si tous deux nous pouvions,
        L’âme pleine de foi, le coeur plein de rayons,
        Ivres de douce extase et de mélancolie,
        Rompre les mille noeuds dont la ville nous lie ;
        Si nous pouvions quitter ce Paris triste et fou,
        Nous fuirions ; nous irions quelque part, n’importe où,
        Chercher loin des vains bruits, loin des haines jalouses,
        Un coin où nous aurions des arbres, des pelouses ;
        Une maison petite avec des fleurs, un peu
        De solitude, un peu de silence, un ciel bleu,
        La chanson d’un oiseau qui sur le toit se pose,
        De l’ombre ; — et quel besoin avons-nous d’autre chose ?  »

        Ou un autre poème trouvé aussi dans un de mes commentaires MAIS de Théophile Gautier:

         » Quand je n’ai rien à faire, et qu’à peine un nuage
        Dans les champs bleus du ciel, flocon de laine, nage,
        J’aime à m’écouter vivre, et, libre de soucis,
        Loin des chemins poudreux, à demeurer assis
        Sur un moelleux tapis de fougère et de mousse,
        Au bord des bois touffus où la chaleur s’émousse.
        Là, pour tuer le temps, j’observe la fourmi
        Qui, pensant au retour de l’hiver ennemi,
        Pour son grenier dérobe un grain d’orge à la gerbe,
        Le puceron qui grimpe et se pende au brin d’herbe,
        La chenille traînant ses anneaux veloutés,
        La limace baveuse aux sillons argentés,
        Et le frais papillon qui de fleurs en fleurs vole.
        Ensuite je regarde, amusement frivole,
        La lumière brisant dans chacun de mes cils,
        Palissade opposée à ses rayons subtils,
        Les sept couleurs du prisme, ou le duvet qui flotte
        En l’air, comme sur l’onde un vaisseau sans pilote ;
        Et lorsque je suis las je me laisse endormir,
        Au murmure de l’eau qu’un caillou fait gémir,
        Ou j’écoute chanter près de moi la fauvette,
        Et là-haut dans l’azur gazouiller l’alouette. « 

        • mathilde says:

          Oh, merci Déborah d’avoir pris les temps de les recopier de nouveau! Tu imagines à quel point le premier poème répond à mon état d’esprit depuis que j’habite Paris… Je vais aussi l’apprendre pour me le réciter lorsque le besoin s’en fera sentir… Et celui de Théophine Gauthier sera sans doute un de ces jours sur le blog, pour le printemps, sans doute?
          Mais je crois que celui que tu m’avais envoyé et dont je ne me souviens pas bien était recopié à la main, c’est possible? Tu te souviens m’avoir envoyé un poème, ou pas du tout? Il faut que je prenne le temps de sortir tes lettres!

          • Déborah says:

            Je crois que dans une de mes lettres, je t’avais imprimée un poème mais je ne me souviens pas s’il était de Victor Hugo!? Je ne me souviens pas t’en avoir écrit à la main.

            Peut-être qu’un autre poème se cache dans mes commentaires mais ça va prendre du temps de tous les relire;-)).

  5. Atchoum says:

    Petit pincement sur la fin du poème, quand même, non ? Pour moi, réminiscences de jeunesse et d’un peu après… Le gel du sentiment fait toujours mal. Mais en avançant dans les expériences, on sait – même si ça semble impossible, même si ça paraît loin, même si l’on se demande comment on va tenir jusque là – que le printemps reviendra.

    • mathilde says:

      J’avoue ne pas avoir du tout lu le poème sous cet angle. J’y ai presque vu une pointe d’humour, avec ce dialogue, ce « Essayons »! Et effectivement, j’avais surtout en tête que l’un et l’autre ont conscience qu’il s’agit d’un cycle, qu’ils tentent de faire des efforts chacun de leur côté, pour le moment vains, mais nous, lecteurs, nous savons bien qu’ils finissent de nouveau par s’aimer au mois de mars…
      Je reconnais volontiers que mon analyse n’est ni très fine, ni très académique! J’ai surtout aimé le rythme, le dialogue qui rend vivante cette poésie qui n’est pourtant pas contemporaine, et le sentiment que j’ai eu en la lisant était tellement proche de celui que je ressentais en cette fin d’un mois de janvier où il a plu et fait gris tous les jours! Alors suite à votre commentaire, j’ai lu le poème avec un autre éclairage, merci! 🙂

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