Mardi dernier, durant ma deuxième semaine de vacances, j’avais prévu de sortir, d’aller me promener à vélo, peut-être de faire une expo, mais, en voyant la neige tomber dehors, j’ai été refroidie (ahah!) et je me suis rabattue sur une option non moins plaisante pour une casanière comme moi : rester à la maison et passer la journée à coudre!
Lorsque je suis allée chez mes parents, j’avais amené mon super récapitulatif des dessins techniques de tous mes Burda, avec des annotations du métrage des modèles qui me plaisent, histoire de préparer ma petite virée chez Mondial Tissu (sans avoir à trimballer trois kilos de Bubu dans le train!). J’y trouve toujours de belles choses, mais les prix sont tellement élevés que je préfère n’acheter vraiment que ce dont j’ai besoin. J’y suis allée une première fois pour repérer les tissus qui me plaisaient, puis j’ai pris deux jours pour réfléchir et consulter mon super récap, afin de déterminer les modèles que je voulais faire en priorité, et donc les tissus que je voulais vraiment acheter.
Lorsque je suis retournée chez MT, je me suis donc décidée pour 3 tissus, quasiment tous colorés et pimpants. Bon, j’ai très longuement hésité devant un superbe tissu en dentelle crochetée, car j’avais repéré ce modèle (pour mettre au-dessus de ma robe lors d’un mariage que nous avons en mai), mais devant le prix très légèrement au-dessus de mes moyens (44€ le m, glourps!), j’ai renoncé. Par contre, juste avant d’appeler la vendeuse pour qu’elle me coupe mes tissus, mon regard est tombé sur une superbe « toile lourde » d’un joli gris-kaki, un peu satinée, légèrement extensible, et, tout de suite, j’ai eu en mémoire un modèle de jupe qui me faisait envie depuis longtemps mais que je n’avais pas eu l’occasion de tester, faute de tissu adéquat. Dans l’idéal, j’aurais aimé qu’elle soit bleu marine, comme le modèle, pour un effet un peu plus printanier, mais tant pis, je me suis laissée tenter tout de même par le gris, et c’est donc cette jupe-là que j’ai commencée mardi.

Le modèle est issu du Burda d’août 2010. Il n’est pas difficile (noté 1 point et demi par Bubu), il n’y a que les poches qui soient un peu travaillées, avec des parements et des rabats, mais le magazine fait un pas à pas illustré : impeccable pour une petite couture de vacances sans trop de risque! Les tissus sont donc deux des coupons trouvés chez MT, collec actuelle, le gris foncé étant le tissu à utiliser pour la jupe, et celui avec les grappes de pois (dont je n’ai pris qu’un tout petit métrage, juste parce qu’il me plaisait, pour faire des petits trucs) celui de la doublure des poches (j’aime bien faire des poches ou des parementures à motifs quand le tissu principal est uni!).
J’avais copié et découpé le patron le dimanche précédent, du coup, j’ai pu commencer direct la coupe du tissu. Vous pourrez au passage admirer le pot-de-colle griffu et moustachu qui fait office de poids pour éviter au tissu de glisser de la table… (Je vous épargne les détails sur la façon dont j’ai réussi à prendre cette photo par mes propres moyens… C’était… acrobatique!)

Une fois le tissu coupé, j’ai bien pris la peine de marquer toutes les lignes de position diverses avec la méthode des bouclettes (ou bâti tailleur) : je ne le fais pas toujours, généralement je bidouille avec des aiguilles ou je mets de petits coups de craie (paaas bien, je sais…), mais là, j’avais le temps, et, même si ça m’a pris 20 bonnes minutes, je pense qu’au final, ça m’a évité de me planter et ça m’a bien aidé à comprendre la façon dont les plis étaient fichus (donc finalement ça m’a fait gagner du temps!).

Bon, mes photos ne sont pas belles, hein, je le sais bien, mais je me souviens que vous aviez bien aimé les articles de ce genre que j’avais fait pour le concours « Les 2 font la paire » (ici et là), et c’est un peu dans cet esprit « pédagogique » que j’ai fait cet article…
Une fois toute cette préparation effectuée, je me suis octroyé une petite pause dej bien méritée! (Pour les gourmandes curieuses (Mami?) : cake de la veille (champignons de Paris/olives/sésame) + salade (radis noir/graines de courge/sauce yahourt) + flan au choc (merci les sachets Alsa!) + pomme) Et comme les vraies blogueuses trop cools montrent le contenu de leur assiette au moins une fois par mois, je le fais aussi, na!*

Ah, oui, ingrédient indispensable quand je mange toute seule : un bon bouquin (même si celui-là peut couper l’appétit…)!
A 13h30, je reprends donc mon ouvrage, toute reboostée par mon bon repas, en me disant que, tout de même, j’ai de la chance de pouvoir rester chez moi au chaud alors que la neige tombe si fort, bouh ces pauvres gens que je vois passer sous ma fenêtre, qu’ils ont l’air d’avoir froid! qu’ils sont trempés! qu’ils sont malchanceux! Heureusement que je n’ai pas à sortir, hein, Félicie? (oui, quand je suis seule, je parle très souvent à mon chat) (et pas seulement quand je suis seule, d’ailleurs. C’est grave?)
Sauf que, hum, au moment où je me propose de faire ma cannette et d’enfiler ma machine, je me rends compte que… je n’ai aucun fil assorti à mon tissu.
Je vais donc devoir sortir en acheter, si je veux continuer ma couture…
Bon, ben voilà, cinq minutes plus tard, je fais partie de ces pauvres gens malheureux obligés d’aller dehors par ce temps si méchant, et, par la fenêtre d’un immeuble de mon boulevard, sans doute une bonne âme, en m’apercevant, pense-t’elle exactement la même chose que ce que je pensais juste auparavant!

Je peux vous dire que j’ai béni la mini-mercerie qui se trouve à deux rues de chez nous!
Une fois rentrée, j’allais pouvoir commencer la vraie couture!
Euh, enfin, presque. J’avais oublié d’entoiler les rabats de poches… Encore un truc que je néglige régulièrement de faire, mais bon, là, je venais de me taper la lecture de l’article spécial entoilage du burda « Savoir Faire » sorti le mois dernier (qui n’est pas mal du tout, je trouve, notamment pour les débutantes, mais aussi pour celles qui en savent déjà un peu), du coup, j’ai fait les choses dans les règles! A posteriori, je ne regrette pas d’avoir pris cette peine, le rendu des poches est vraiment nettement meilleur qu’il ne l’aurait été sans entoilage.

Bon, cette fois-ci, c’était bon! Germaine commençait à piaffer d’impatience, elle était enfilée, allumée, prête à faire rugir son moteur de quinquagénaire!
Ah, oui, mais non. Parce que la jupe commence par la confection des plis. Et, bon, c’était bien d’avoir pris la peine de tout noter avec le bâti, mais j’avoue que j’ai tout de même passé quelques minutes à comprendre comment je devais plier le devant… Bubu n’était pas extrêmement explicite, sur ce coup-là… Enfin, j’ai fini par saisir, j’ai tout bien piqué et bâti comme il fallait, et, ouf, ça ressemblait bien à l’image! (le froissage du tissu témoigne des nombreuses manipulations que je lui ai fait subir avant de piger comment je devais l’organiser…)

Une fois les plis confectionnés, j’ai commencé la réalisation des poches. Ce sont donc des poches prises dans les coutures (classique), mais qui ont un petit parement au niveau de l’entrée de poche, et des rabats (pourquoi faire simple, quand on peut faire compliqué, hein?!). Pénible, mais tellement joli… Plutôt que de lire les explications nébuleuses du cahier d’expli, je me suis rabattue sur le cours illustré en milieu de magazine, concernant justement la confection des poches de cette jupe. Je l’ai suivi à la lettre, et je n’ai eu aucun souci. Ya pas à dire, les images, ça change tout!

Au milieu de tout ça, je me suis tout de même fait une petite pause grignotage, parce que, bon, avec ça, ma bonne dame, il était 16h30, et 16h30, bah, c’est l’heure du goûter, et le goûter, c’est bien connu, pour moi, c’est sacré! Donc, hop, un pti thé, une re-pomme (j’en ai ramené des vraies de Lorraine, je refuse d’acheter celles en plastique des supermarchés ou celles à 12€ le kilo des magasins biobobo, donc j’avais une certaine frustration pommesque à assouvir ces derniers mois…) et des fruits secs pour se donner un peu d’énergie! Ah, et, bon, il n’est pas sur la photo car je l’ai pris ensuite, mais, évidemment, un goûter ne peut se terminer sans un carré de chocolat noir (bah oui, pour le magnésium, quoi!!).* Tout ça en écoutant Frédéric Lodéon, parce qu’un goûter en solo n’est pas complet sans Frédo, évidemment. Et, comme vous pouvez le constater, il a un effet très dynamisant sur mon chat, ce qui est fort appréciable. (oui, le chat a le meilleur fauteuil de l’appartement, c’est comme ça, chez nous, Félicie est la Reine, nous sommes ses humbles sujets)

Mon estomac ayant de nouveau été rassasié, je me suis remise à mon ouvrage pour la dernière partie de la journée. Couture des fonds de poche, avec la-jolie-doublure-que-personnes-d’autre-que-moi-ne-verra-mais-c’est-pas-grave :

Puis coutures latérales et finitions des fonds de poche : la jupe commence à ressembler à quelque chose! Bon, je ne vous ai pas mis toutes les photos des étapes de repassage, mais il y en a entre chacune des phases de couture, quasiment.

Une fois tout ça terminé, il était 17h30, le soir commençait à tomber, et, à partir du moment où je dois allumer la lumière, je sais qu’il est temps d’arrêter la couture, car c’est généralement là que je commence à faire des bêtises!
Les étapes me restant à faire à la fin de la journée étaient donc les suivantes :
- montage de la ceinture (ceinture élastiquée, fastoche)
- ourlet invisble à la main (murf)
- mission boutons-pressions (Grande première pour moi!)
J’ai terminé ma jupe en plusieurs fois les deux jours suivants. Je vous la montre très vite, terminée et portée!
En attendant, c’est l’heure de retourner au boulot, les vacances sont finies… C’est bien dommage, des journées comme celle-là, je pourrais en vivre toute la semaine sans en être lassée!
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* J’ai l’air diététiquement dangereusement parfaite, là, non? Héhé, rassurez-vous, ma journée s’est finie par un MacD*!! Hééé oui, Monsieur et moi n’ayant pas tout à fait les mêmes convictions et préoccupations alimentaires, chacun fait des compromis!… Lui, mes gratins de légumes avec du tofu et des graines de perlimpimpin, moi, des sundaes caramel de temps en temps… Ouaaaais, je sais, j’ai du mérite, c’est trop duuuur, comme compromis…!