Couture couture femme Créer

La tunique de la réconciliation

27 mai 2019

Cette tunique, je la vois vraiment comme la réconciliatrice entre ma machine à coudre et moi.

Non pas que nous ayons été fâchées, mais, depuis un long moment, je n’osais plus trop m’approcher d’elle que pour faire des choses très simples, rapides, ou utiles.

C’est comme si, à chaque fois que je m’imaginais coudre quelque chose d’un peu plus sophistiqué qu’un pull en deux-trois pièces, une sorte d’énorme découragement s’abattait sur moi. Je rêvais toute la semaine de ma pause couture du jeudi, et, une fois le jeudi arrivé, eh bien, je trouvais mille et une excuse pour ne pas m’y mettre. J’avais toujours des choses beaucoup plus urgentes à faire que de coudre. Et lorsqu’enfin je m’y mettais, il ne me restait plus que quarante-cinq minutes avant d’aller chercher les enfants, je n’arrivais pas à me concentrer, je lisais les explications du patron en diagonale, tout me semblait trop complexe, alors je laissais tomber et préférais aller m’avachir sur le canapé pour tricoter de façon méditative, enchaînant les rangs en oubliant les augmentations ou diminutions du modèle. C’est un peu comme si j’étais engluée dans un truc dont je n’arrivais pas à sortir.

Au début, je pensais tout simplement que, peut-être, je n’avais plus envie de coudre, que ça m’étais passé, que j’y prenais moins de plaisir et que je n’y voyais plus qu’une nécessité utilitaire. Je prenais aussi nos mauvaises nuits comme une excuse et une explication à mes difficultés à me concentrer (on commence seulement à voir le bout du tunnel concernant l’épineux sujet du sommeil…). Mais, en creusant un peu, je me suis rendu compte qu’il s’agissait de quelque chose de bien plus large, qui concernait la place que je me donnais, à moi-même et à mes besoins, dans mon quotidien.

C’est comme si je culpabilisais de prendre du temps pour moi, en fait.

La couture, depuis mon adolescence, est plus qu’un loisir : elle m’a permis de forger ma personnalité, de me donner davantage confiance en moi, de m’apaiser et de canaliser ma créativité tout en répondant à des valeurs fondatrices pour moi.

Renoncer si longtemps à coudre « vraiment » était devenu le symbole de mon impossibilité à m’autoriser à prendre, régulièrement, du temps pour moi. Je passais quotidiennement devant mon coin couture en ayant l’impression d’avoir perdu une partie de moi sur la route de la maternité. D’avoir renoncé à quelque chose de fondamental, qui me nourrissait de l’intérieur.

Et puis, ces derniers mois, j’ai traversé une sorte de grosse crise existentielle. Je ne savais plus ce que je voulais, ni ce que je voulais faire, ni ce que j’aimais. En gros, je ne savais plus trop qui j’étais, j’avais l’impression de m’être complètement perdue de vue, d’avoir mis sur pause tout ce qui me concernait, moi, et mes envies, pour faire passer mes enfants avant tout. Ce qui n’était une bonne idée ni pour moi, ni pour eux, ni pour Monsieur, car source de beaucoup trop de frustrations : j’étais souvent de mauvaise humeur, j’avais du mal à profiter du moment présent, et à savourer la chance d’être auprès de mes enfants.

La raison principale est sans aucun doute mon choix d’un long congé parental, impliquant ma présence à la maison quasiment 24h sur 24, avec toutes les tâches du quotidien à faire en permanence sous le nez. Tâches que je faisais jusque là toujours passer en premier, comme si différer une lessive d’une journée, ou donner à mes fils de la compote en bocal plutôt que de la compote maison, était totalement inenvisageable, parce que j’avais la MISSION de faire tourner la maisonnée et de donner « le meilleur » à mes enfants. Je culpabilisais aussi, énormément, en pensant à toutes les mamans qui n’ont pas le choix, et qui doivent travailler. Comme si me priver, moi, allait les consoler, elles.

J’étais tombée dans mon propre piège.

Après avoir pris les photos, j’ai réalisé que les bords de la fente du dos ne tenaient pas en place malgré un repassage méticuleux : j’ai donc fait quelques points pour maintenir les surplus, que vous voyez ici se balader, à l’intérieur!

N’allez pas croire que je regrette ce choix de congé parental, ouh là, non! J’ai l’impression depuis le début d’être à la bonne place, au bon moment, et ça ne m’est pas arrivé souvent. Simplement, il est arrivé un moment où j’ai réalisé que je ne faisais plus rien pour moi (ni coudre, ni écouer MA musique, ni lire de livres, ni ne rien faire et juste caresser mon chat, etc), et qu’il fallait que j’arrête de faire porter cette responsabilité aux autres, car c’était bien moi la seule responsable de cette frustatation.

Parce que, s’il y a bien un luxe dans le congé parental (ou plus largement, dans le statut de « femme au foyer » – ça y est, je l’ai lâché, le gros mot!), c’est LE TEMPS. Certes, on vit au rythme des enfants, mais, une fois les premiers mois passés, on est tout de même son propre patron, on fait les choses dans l’ordre qu’on veut, on s’organise comme on le souhaite, on priorise les tâches selon notre propre conception de la journée, de la semaine, du mois. Et si, à un moment, on veut prendre un peu de temps pour soi, parce qu’on en a envie et besoin, eh bien, on peut. Il faut juste se l’autoriser.

Eh bien, un jour, je me suis autorisée à passer trois heures en tête à tête avec ma machine. Et j’ai tellement adoré ça, que j’ai recommencé. Plusieurs fois. Sans aucune culpabilité. Et j’ai maintenant instauré que le jeudi est ma journée couture (ce que j’avais dit maintes fois sans le faire vraiment). Donc le jeudi, une fois que les enfants sont à l’école et à la halte-garderie, je rentre et je ne regarde ni les chaussures balancées n’importe où dans l’entrée, ni la pile de linge sale, ni les kaplas éparpillés partout dans le salon, ni les légumes à éplucher. Je vais dans notre chambre, et je couds. Toute la matinée. Et si j’ai envie, je recommence l’après-midi. Et le soir, on mange une purée surgelée avec des pâtes (bio, la purée, et complètes, les pâtes, tout de même, histoire de soulager ma conscience!) , et, incroyable! Personne n’en meurt et personne ne me le reproche!

Bon, parfois, aussi, le jeudi, je n’ai pas envie de coudre. J’ai envie de faire une petite virée chez Emmaüs, de passer du temps au téléphone avec ma mère ou une amie, de faire une marche rapide jusqu’au Sacré-Coeur en traversant tous les squares du quartier, de rempoter mes plantes ou d’aller rendre visite à mes collègues (qui restent mes collègues envers et contre tous les congés parentaux du monde). Et c’est très bien comme ça.

Et donc, en deux jeudis (avec un mois d’intervalle entre chaque, tout de même…), j’ai cousu cette tunique, dont le patron m’avait tapé dans l’oeil à sa sortie. C’est pas la tunique du siècle, mais, quand même, c’est un peu plus relevé que ce que j’ai réussi à coudre ces derniers temps. Six pièces. Des fronces. Un petit empiècement un peu délicat. Juste de quoi me donner l’impression d’avoir retrouvé mes neurones, juste de quoi me faire un peu turbiner le cerveau, pour me remettre en jambe sérieusement.

J’ai tout de même manqué un peu de concentration, et j’ai légèrement foiré les plis de l’empiècement côté du devant, que j’aurais dû orienter vers le bas, et non vers le côté (j’avais pas beaucoup d’heures de sommeil au compteur, pour mon excuse…). Je trouve que le tomber global de la tunique en pâtit énormément, mais j’ai décidé de ne pas me torturer avec ça.

Concernant le tissu, comme je vous l’avais déjà expliqué, j’avais résolu, accompagnée de mon amie couturière, de ne pas acheter de tissus ni de vêtements durant plusieurs mois. Notre défi tire à sa fin, mais je pense que je vais le prolonger, car je n’ai pas ressenti de besoins ni de manques, et, en ce qui concerne les tissus, j’ai un joli stock à faire descendre avant de pouvoir y faire rentrer quoi que ce soit de nouveau. J’ai donc pioché dans mes possessions et suis tombée sur cette viscose au joli tissage en biais et au tomber très fluide, dont le métrage et la matière étaient tout à fait adaptés pour le modèle en question. J’aime beaucoup sa couleur, et elle est très douce au toucher, mais un peu chaude : la tunique va donc bientôt rejoindre mes vêtements d’automne-hiver et attendra sagement septembre avant de revenir dans mon armoire.

La seule question que je me pose concerne sa longueur : je n’ai plus l’habitude de porter des tuniques aussi longues, je me demande si je dois la raccourcir d’une petite dizaine de centimètres pour la moderniser un peu. En même temps, c’est bien confortable d’avoir le dos couvert, non?…

Bon, et maintenant que je commence enfin à trouver mon équilibre dans mon quotidien, eh bien, voilà ti pas que mon long congé parental arrive doucement mais sûrement à sa fin définitive, et que je dois de nouveau remettre sur le métier le long travail de réflexion déjà mené maintes fois au sujet de mon « choix de vie »… Mais je vais m’arrêter là, je suis sûre qu’une prochaine cousette sera une bonne excuse pour vous entretenir de mes états d’âmes à ce propos!

En commençant à écrire cet article, je n’avais pas du tout prévu de raconter quelque chose d’aussi personnel, mais c’est ce qui m’est venu, et c’est souvent ce qui se passe ici lorsque j’écris à propos de ce que je couds ou tricote – preuve que ces activités viennent puiser chez moi quelque chose de bien plus profond que le choix du réglage de ma machine ou l’appréciation de la taille de mes aiguilles. J’ai longtemps hésité à réellement publier cet article, ou à remplacer le contenu par quelque chose de plus factuel, de peur de trop me livrer, ou de vous ennuyer. Et puis finalement, je me dis que, peut-être, mes petites réflexions trouveront en vous un écho, parce que je pense ne pas être la seule à avoir du mal à ajuster le curseur de la balance pour trouver le bon équilibre…

Bonne semaine à vous toutes!


Fiche technique

  • patron : modèle 112, Burda 03/2019
  • métrage : 1,60 à 1,65m de « tissu fluide, pour chemisier »
  • fournitures utilisées : mélange laine/viscose (je pense) dont j’ai oublié l’origine car il était dans mon stock depuis très longtemps, et une petite agrafe pour fermer discrètement la fente du dos.
  • niveau de couture : intermédiaire
  • points techniques : fronces, empiècement à angle droit qui peu s’avérer un peu délicat pour une débutante, montage des manches en résorbant l’embu, pose d’une parementure à l’encolure.
  • modifications : A part les ourlets que j’ai fait à la main et non à la machine, absolument aucune, même pour la longueur (alors qu’habituellement je prévois toujours quelques centimètres de rab pour être sûre de ne pas montrer mon nombril).
  • points forts : c’en est un pour moi mais ce ne le sera peut-être pas pour d’autre : c’est un patron Burda. Tout s’imbrique parfaitement bien, et les explications sont logiques. A part ça, j’aime l’originalité du placement asymétrique des panneaux froncés. Autres points positifs : la tunique est longue et ample, donc très confortable. L’absence de décolleté la rend fort sympathique pour les jours frisquets. Avec un tissu fluide, les fronces dansent joliment sans donner trop de volume à la silhouette.
  • points faible : ce n’en est pas un pour moi mais ça peut l’être pour les débutantes : c’est un patron Burda. Ce qui implique qu’il faut s’équiper de patience, d’une boussole et d’une lampe frontale pour le décalquage.
  • autre version : ici

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65 Comments

  • Reply Elise 27 mai 2019 at 22 h 01 min

    Bonsoir, je la trouve très chouette cette tunique. Votre réflexion est si parlante et tellement bien amenée, que ça en devient une évidence. Je vais la garder dans mes remèdes contre la culpabilité. Pour les repas j ai dépassé le cap. En ce qui concerne les loisirs moins nomade) que le tricot) je suis dans le clans des expertes en culpabilité. Merci pour ce joli témoignage , où la tunique devient un magnifique témoin de votre réussite a ajuster le curseur.
    C est avec plaisir que je vous lis. Bonne continuation.

    • Reply mathilde 21 novembre 2019 at 13 h 52 min

      Merci beaucoup pour votre commentaire! Je crois qu’hélas, nous sommes très nombreuses à faire partie du clan!!

  • Reply Mathilde 28 mai 2019 at 6 h 55 min

    Mêmes préoccupations par ici aussi… Résolution de mon côté de plus penser à moi, ce qui implique des réajustements professionnels et familiaux sans culpabilité 🙂

    • Reply mathilde 21 novembre 2019 at 13 h 52 min

      C’est le mot magique : réajustement!! Avec les enfants, on est en perpétuel réajustement! 🙂

  • Reply Caroline 28 mai 2019 at 8 h 47 min

    Bravo d’avoir réussi à t’autoriser de prendre du temps pour toi !
    Je n’y arrive pas souvent, et rarement plus des fameuses 45 minutes avant de devoir aller à l’école.
    J’envie énormément mon mari qui, quand il a quelques jours de vacances, les passe à aller au ciné ou à rester affalé sur le canapé… tout en devenant aigrie qu’il ne m’aide pas plus dans toutes ces tâches « ménagères » et logistiques du foyer… Bref, un sujet épineux !
    Et en passant, cette tunique est très jolie. Je trouve la longueur parfaite !

    • Reply mathilde 21 novembre 2019 at 13 h 51 min

      Ah ça, les hommes n’ont pas les mêmes conflits intérieurs que les femmes! Ca peut paraître très sexiste de dire ça, mais les témoignages concordent, messieurs!! 😉

  • Reply Clm 28 mai 2019 at 9 h 00 min

    Oh ouiqu’il est important de s’autoriser du temps pour soi et je crois d’autant plus en gérant la maison et les enfants au quotidien! Sinon effet cocotte minute ! Le truc le plus difficile à gérer je crois c’est la culpabilité. Mais quand tu le fais une fois ou deux et que tu vois le positif que cela apporte, tu te dis que la compote en bocal, bah c’est vraiment une chouette invention ;p
    Allez continue dans cette lancée, et pour la future organisation avec le travail en supp, je suis sûre que tu trouveras le moyen de garder ce temps là aussi pour toi ! Peut-être plus morcelé ? Mais ça se fait ! Faut juste se dire que l’on se reposera quand on sera mort quoi ! :p

    • Reply mathilde 21 novembre 2019 at 13 h 50 min

      C’est évident, se débarrasser de sa culpabilité et s’autoriser à prendre du temps pour soi a un retentissement sur toute la famille! Encore faut-il réussir à se l’autoriser, et aussi que le conjoint soit suffisamment disponible, et disposé, à ce qu’on puisse s’autoriser ça…!!
      Je t’admire d’être aussi entreprenante et positive!!

  • Reply Ludivine 28 mai 2019 at 9 h 13 min

    Comment te remercier ? Tes mots visent tellement juste que j’en ai les yeux embués, vraiment. Maman d’une grande de 7 ans et d’un petit de 9 mois, j’ai lâché mon activité de traductrice pour prendre un long congé parental. La première année du congé touche déjà à sa fin et je n’ai jamais eu / pris aussi peu de temps pour moi (pourtant, ma cadence de travail est particulièrement folle). Mon énergie est sous le zéro (nuits pourries, siestes éclair) j’ai le sentiment de vieillir à vue d’œil et de perdre toutes mes facultés cognitives. Niveau moral, je crois frôler la dépression certains jours, et puis le lendemain ça va mieux. Le manque de sommeil est la pire torture je crois. Le tricot me sauve littéralement, car comme toi, j’enchaîne les kilomètres de fil pour à la fois m’apaiser nerveusement et goûter à la satisfaction de réussir à « faire quelque chose ». Ma machine à coudre s’empoussière, alors motivée par une amie, j’essaie de m’y remettre mais je pense ne pas avoir encore suffisamment de conviction. Je trébuche sur des pinces de buste depuis 10 jours, en me disant que de toutes façons cette robe ne m’ira pas, que je ferai mieux d’ourler les rideaux du salon (parce que c’est plus « utile »). Tu vois un peu la disposition mentale…
    En tout cas je te trouve très élégante dans cette tunique, et le tombé asymétrique est plutôt sympa. Quant à la longueur, je ne recouperai pas à ta place. Essaie de la porter avec un gilet court, ouvert, pour étager les hauteurs ?
    Je dois écourter, mon bébé est en train de téter le paillasson… Merci encore de partager ces pensées si complexes avec courage et franchise. Très belle journée à toi !

    • Reply mathilde 21 novembre 2019 at 13 h 48 min

      Je me reconnais totalement, mais vraiment, totalement, dans ton témoignage. je sors de cette période depuis plusieurs mois, et qu’est-ce que ça fait du bien! Et oui, promis, ça arrive!!
      Je suis absolument d’accord avec ta remarque concernant le manque de sommeil. C’est juste atroce. Les premiers mois de mon aîné et les premières années de mon second m’ont traumatisé. J’ai vraiment pris conscience que oui, le manque de sommeil peut être utilisé comme une torture, tellement tout notre équilibre mental et physique en dépend.
      Et le tricot comme exutoire, oui, mille fois oui, peu de matériel, peu de concentration, un état méditatif reposant tout en ayant une petite impression de créativité : des cours devraient être offerts aux jeunes mamans au même titre que les visites de la sage-femme!!

  • Reply Annabelle 28 mai 2019 at 9 h 19 min

    Merci pour ce partage d’émotions… il me parle tellement ! La culpabilité un fardeau qui s’invite dans la salle d’accouchement je crois !!! En lisant ces quelques lignes j’ai l’impression de regarder dans le miroir…. Cela fait 18 mois que je suis là, tous les jours, toutes les nuits pour mes deux enfants, 18 mois à dormir 5 heures max par nuit mais hachuré par les nombreux réveille de bébé qui à un sommeil tellement difficile, 18 mois où j’ai l’impression que je me noye dans les tâches quotidiennes mais avec le sentiment d’être jamais à jour, 18 mois où les kilos se sont invités eux aussi parce que trop fatiguée, plus de sport, 18 où je ne sais plus ce qui je veux être professionnellement après… le après qui se rapproche dangereusement… Je me suis perdue moi aussi et pourtant, moi non plus, je ne regrette pas une seconde mon choix et j’aurais presque, même, l’envie de recommencer… encore une fois ! Les paradoxes de la maternité ! 😉 Merci à vous… Je vous vous souhaite une bonne journée

    • Reply mathilde 21 novembre 2019 at 13 h 44 min

      je suis tellement désolée de répondre si tard à votre commentaire!! Je suis heureuse que cette lecture vous ai fait un peu de bien…
      Oui, c’est dur, tellement dur… mais ça passe, tout s’arrange, les choses prennennt leur place doucement, et, un beau matin,on se réveille en étant un peu moins perdue, en ayant une priorité en tête, et en se sentant un peu moins noyée par la foule de priorités qui semblent toutes aussi importantes les unes que les autres…
      J’espère que votre situation s’est adoucie depuis ce commentaire, et que vous avez réussi à trouver votre équilibre et surtout, surtout, LE SOMMEIL!!! (le manque de sommeil est tellement dévastateur… nous en souffrons encore, et en avons tellement souffert ces dernières années, que c’est un sérieux frein à notre réflexion pour un troisième enfant. L’angoisse des nuits sans sommeil… et de tout ce que ça engendre…)
      Et oui, la culpabilité et l’ambivalence permanente sont, j’ai l’impression, inévitables avec la maternité (à moins que ce ne le soit à notre statut de femme…)

  • Reply Cé Créations 28 mai 2019 at 9 h 56 min

    Merci Mathilde. Je comprend très bien tout ce que tu as écris. Je comprend aussi toute ta démarche, ce dans quoi tu t’étais enfermée (les conventions sociales, le regard des autres ne sont jamais faciles pour lâcher prise). Tu as bien raison de te regarder un peu le nombril et tu es d’autant plus disponible ensuite et apaisée.
    Cette tunique est très chouette (et puis elle bleue alors ça ne peut que me plaire ! 😉
    Bon courage pour les nuit avec petit H et pour tes futures réflexions qui concernent l’après…
    On se le fait notre mercredi un de ces jours ?
    Bises

    • Reply mathilde 21 novembre 2019 at 13 h 39 min

      On pourra discuter de nouveau de ce thème un de ces jours!! :-*

  • Reply Lathelize 28 mai 2019 at 10 h 15 min

    Merci pour ta longue réflexion qui est une réflexion universelle des femmes, je pense. On a été un peu conditionnées à se penser fille de, femme de… Et même si nous sommes des femmes libres et fortes, il n’est pas si aisé de se libérer de ce conditionnement.
    Sur mon téléphone depuis les confins de la Roumanie, je ne vois pas trop la tunique mais je suis sûre qu’elle est ravissante ! Bisous, profite bien de tes mois restants de congé parental

    • Reply mathilde 21 novembre 2019 at 13 h 38 min

      Tu as totalement raison, je pense que cette problématique n’est finalement ni liée à l’âge, ni liée à la maternité, mais essentiellement liée à notre statut de femme. Il y a encore du chemin à faire…

  • Reply Mathilde 28 mai 2019 at 10 h 26 min

    Merci de partager cette réflexion qui fait écho chee beaucoup de parents au foyer ou non… Connais tu le podcast de oui change ma vie? Un bel outil pour continuer à réfléchir aux (mauvaises) lois qui nous gouvernent

    • Reply mathilde 21 novembre 2019 at 13 h 37 min

      Tu es la deuxième à l’évoquer, je vais l’écouter!! Merci!

  • Reply Agcoure 28 mai 2019 at 11 h 17 min

    Comme beaucoup je te remercie de ta sincérité. Ca fait tellement de bien de lire ce que l’on n’ose dire.
    Je suis maman d’un seul enfant, et je travail. donc ma situation est différente de la tienne et pourtant je me retrouve à 200% dans ton descriptif.
    Allier tâches ménagères, vie de famille et temps pour soi s’avère compliqué.
    Par contre, quelle satisfaction quand on y arrive, perso je me sens wonder woman! Et quelle remise en question quand, au contraire, on echoue…
    Bref merci…
    Et sinon ta tunique est magnifique

    • Reply mathilde 21 novembre 2019 at 13 h 37 min

      C’est clair qu’une fois maman, on est poussées à devenir tellement efficaces et multi-tâches qu’on développe des capacités digne d’un film de SF!! 😀
      Vive les wonder women!!

  • Reply marina 28 mai 2019 at 11 h 23 min

    Tellement vrai… Très bien dit.. et Bien Jolie blouse!! Bravo

    • Reply mathilde 21 novembre 2019 at 13 h 35 min

      Merci beaucoup…

  • Reply Florence ND 28 mai 2019 at 12 h 45 min

    C’est fou le hasard, car j’ai repris mon activite couture par cette tunique Burda (en broderie anglaise pour ma part).
    Ce qui est étonnant aussi, c’est que je n’ai pas du tout le même profil que toi. J’ai 56 ans, un boulot à plein temps et plus d’enfants à la maison. Pourtant, j’ai le même rapport aux priorités. Tout me paraît tellement plus important que ce qui me concerne. Le ménage, le linge, les courses… tout cela passe avant ce qui me fait plaisir. Il y a les « obligations » et il ne reste plus de temps pour le reste. C’est pourquoi te lire m’a fait beaucoup de bien et je me dis que finalement il ne arrivera rien si je sors mon matériel, si je passe du temps à coudre et s’il y a un peu de fil sur le sol… Merci Mathilde de ton témoignage. Je m’en vais décalquer un autre patron et tant pis s’il reste un peu de poussière sur les meubles

    • Reply mathilde 21 novembre 2019 at 13 h 35 min

      Je ne sais pas si je dois me réjouir de ton témoignage!! 😀 😀
      Plus sérieusement, je pense qu’hélas ce n’est lié ni à l’âge, ni vraiment aux enfants, mais juste à notre condition de femmes… On a encore pas mal de choses à conquérir ou, au contraire, à jeter aux orties! (comme cette foutue culpabilité)
      Et donc, cette tunique est vraiment celle de la reprise, c’est marrant!!

  • Reply Marion Scribounette 28 mai 2019 at 13 h 02 min

    Bonjour Mathilde,
    C’est fou comme tes réflexions font écho aux miennes. J’ai eu cette « crise » il y a un peu plus d’un an. J’étais à la maison, contente de m’occuper de mes enfants mais complètement coincée, culpabilisée et insatisfaite de mon quotidien car effectivement je faisais passer avant moi, les lessives, les chaussettes et les petits plats maisons… J’en voulais à mon mari de ne pas nous mettre au centre de sa vie.
    Ça n’est pas facile d’arrêter de se mettre la pression, parce que oui on est à la maison, mais non ça n’est pas pour ça que la maison doit toujours être impeccable, on a le droit de vivre ! Du coup je mettais remise à travailler et malheureusement, il m’a fallu de nouveau quasiment 1 an avant de retrouver un équilibre et de trouver l’énergie pour faire ce que j’aime (coudre, tricoter, lire).
    J’ai cousu 2 robes forget me not la semaine dernière (pour moi et ma fille 😉 ).
    Bon courage à toi et profite bien de la fin de ton congé parental !
    Marion

    • Reply mathilde 21 novembre 2019 at 13 h 33 min

      Trouver le bon équilibre dans une situation donné, avec les enfants, demande tellement de temps… Et le moindr echangement fait tout rebasculer, c’est vraiment dingue… Mais bon, je pense que plus ils grandissent, plus les adaptations sont faciles à trouver. Simplement, quand ils sont jeunes, on a le nez dedans et l’impression que ça va durer des siècles sur ce rythme! Difficile de relativiser! (enfin, certaines y arrivent très bien, mais dans mon cas, clairement, c’est compliqué!!)

  • Reply Marion Scribounette 28 mai 2019 at 13 h 05 min

    PS : j’aime bien cette longueur qui te va bien et habille court.
    Marion

  • Reply Amélie 28 mai 2019 at 13 h 12 min

    Bonjour Mathilde, Merci pour ces mots si justes qui m’ont touchée et fait rire (et oui personne n’est mort suite à un bon plat surgelé, c’est évident mais ça fait du bien de le dire!). Je suis en congé parental à temps partiel, et « mon » jour couture est le mardi, mais en fait c’est un peu un jour comme un autre avec le ménage, la préparation des petits pots, le pliage des petits vêtements …! En vieillissant j’apprends à lâcher prise et être plus bienveillante avec moi même, avoir des enfants nous apprend beaucoup sur nous-mêmes et nos capacités. Allez je file coudre, le linge attendra ! Ps : la longueur semble parfaite !

    • Reply mathilde 21 novembre 2019 at 13 h 31 min

      C’est clair qu’avoir des enfants est sans doute l’épreuve la plus édifiante de la vie! Evidemment, c’est une épreuve extraordinaire et formidable, mais elle nous pousse à de telles extrémités physiques et morales, qu’une fois passé les premières années, on se rend compte que cela nous a rendu bien plus fortes, plus bienveillantes avec nous-mêmes, et plus confiante aussi! En cela, je trouve que le congé parental devrait être bien plus valorisé. On en sort avec des super-pouvoirs, bien plus efficaces qu’avant!! 😀

  • Reply Carine 28 mai 2019 at 13 h 20 min

    Merci pour cet article personnel! Je me suis retrouvée dans beaucoup de tes réflexions.

    Maman au chômage qui a beaucoup de temps pour s’occuper de son petit de 2 ans, je culpabilise aussi beaucoup de m’autoriser du temps pour moi quand il est à la crèche. Avec l’envie de faire un 2ème, je réfléchi beaucoup à comment maintenir l’équilibre que je souhaiterai entre mes enfants, mon mari… et moi!

    Sinon je laisserai la tunique comme ça, en la raccourcissant il y aurait moins d’équilibre avec les fronces.
    Carine

    • Reply mathilde 21 novembre 2019 at 13 h 28 min

      Evidemment, à l’arrivée du deuxième, tout est de nouveau chamboulé! Mais les choses reprennent leur place petit à petit, ou en trouvent une autre, qui convient peut-être mieux! 😉

  • Reply Cm 28 mai 2019 at 17 h 21 min

    Merci pour cet article! Il fait tout à fait écho à ce que je vis également (ortho moi aussi mais en libéral, j ai arrêté le travail depuis la naissance de mon aînée il y a 4ans.. et attends désormais notre 4e poussin !) Mère au foyer donc, je connais cette impression de s être perdue en route, mais je garde en tête que ça a une fin.. c est en partie votre blog qui m a lancé dans l aventure de la couture, je ne suivais pas beaucoup de blogs où la couture était un peu moderne! J’ai relégué un peu ma machine et mes projets couture parceque ça pouvait me mettre de mauvaise humeur – si je t’avais (quand l investissement de temps est gâché c est rageant) -si j étais coupée dans mon activité.. ajouté à un épuisement général je préfère pour l’instant mettre sur off, j ai déjà assez de motifs d énervement qui m empêchent d être pleinement présente quand je suis avec les enfants (je suis facilement ailleurs à imaginer) .. mais encore merci, peut être cela fera t il revenir le modjo de la couture?

    • Reply mathilde 21 novembre 2019 at 13 h 27 min

      Je pense qu’il y a effectivement des moments où il vaut mieux carrément faire une pause, plutôt que de se forcer et d’être déçue. J’avais pendant plus d’un an totalement rangé mes affaires de couture dans une armoire, enlevé le petit bureau sur lequel je m’installais, tant voir ma machine me frustrait. Ne plus l’avoir sous les yeux m’avait permis d’oublier un peu cette partie de moi que je délaissais. Chaque chose en son temps…
      Ortho et maman au foyer, on a des points communs!

  • Reply Ma garde robe home made 28 mai 2019 at 19 h 04 min

    Comme je te comprends Mathilde!! J’ai eu une période où j’ai perdu beaucoup beaucoup confiance en moi. C’est comme si la,maternité avait absorbée toutes les autres facettes de moi. Il faut dire que j’avais en plus un travail pas épanouissant qui renforçait cette sensation de ne servir à rien, de ne pas savoir où j’allais, de ne pas savoir qui j’étais, etc. Et puis j’ai quitté mon boulot, repris le travail à temps plein, j’ai pris du temps pour moi, j’ai arrêté de culpabiliser quand je servais encore une fois des pates à mes enfants, etc. J’essaie de trouver un équilibre entre mon besoin d’être la pour ma famille et ce besoin de prendre du temps pour moi rien que pour moi. Bref, devenir maman, même 6 ans après ca engendre beaucoup de remise en question… Et sinon cette blouse est très jolie, je crois que tout te va bien en fait!

    • Reply mathilde 21 novembre 2019 at 13 h 24 min

      C’est exactement ça. La maternité peut nous absorber totalement, nous faire disparaître en tant qu’individu. Difficile de se retrouver soi-même. ca prend du temps… et un jour, les enfants grandissent, alors, j’imagine, on se retrouve, mais on est cette fois en pleine nostalgie de cette période où nous leur étions indispensable! Quelle ambivalence, la maternité!!

  • Reply Valérie 28 mai 2019 at 19 h 33 min

    Coucou, je ne saurai que trop te conseiller également le podcast Change ma vie, notamment l’épisode sur la culpabilité

    • Reply mathilde 21 novembre 2019 at 13 h 22 min

      Je note, je note! Merci!!

  • Reply Yuliya Ollivier 28 mai 2019 at 21 h 42 min

    Bonjour Mathilde ! Je suis heureuse de nouveau lire un grand article , ce partage de ton savoir de couturière et aussi ce délicat et touchant témoignage. Cela fait plus d’un an que je ne fais plus ni couture ni tricot et je n’arrive pas à comprendre ce qui cloche. Bien sûr que je suis frustrée de cette incapacité de renouer. Ton article m’a permis de comprendre en partie la provenance de mes  »blocages ». Et je t’en remercie . J’ai aussi acheté ce numéro de Bureau et peut-être que je vais tenter l’expérience avec un des modèles. Merci encore !

    • Reply mathilde 21 novembre 2019 at 13 h 21 min

      Alors, as-tu réussi à t’y remettre?
      je pense sincèrement qu’il y a aussi des phases de la vie, où on a besoin de certaines choses, et d’autres où notre équilibre se trouve dans de nouvelles activités. Ne te mets pas de pression, finalement c’est pas si grave si tu laisse tomber la couture (momentanément ou pas!), l’important c’est que tu trouves quelque chose dans lequel tu t’épanouisses (et clairement, pour moi, c’est très souvent m’installer dans le canapé confortablement avec une tisane et un bon livre. ca ne produit rien, je n’ai rien à montrer à personne, mais qu’est-ce que je suis bien!!). J’ai l’impression qu’avec les blogs couture, les comptes instagram sur ce thème, etc, on se sent obligées de suivre ce rythme effréné. J’ai moi-même mis du temps à me dégager de cette pression.

  • Reply Blaise 29 mai 2019 at 9 h 20 min

    Tu as bien fait de partager toutes ces réflexions qui visiblement en touchent beaucoup !
    Ici, la situation était inversée, puisque jusqu’à il y a peu c’était moi qui travaillait tandis que le papa était en congé parental. Difficile de ne pas culpabiliser de prendre du temps pour soi quand on est déjà celle qui n’est pas beaucoup à la maison et qui a le luxe d’avoir une heure tranquille (!) à midi chaque jour… d’autant que comme chez toi, nos nuits sont encore très hachées (je n’ose même plus dire qu’on commence à voir le bout du tunnel car à chaque fois que je l’ai pensé, c’était reparti de plus belle!) Heureusement que j’ai un compagnon qui me force à tout arrêter pour faire ce que je veux et me ménage du temps pour moi chaque week-end ! Et puis, je compense en cousant ou tricotant presqu’exclusivement pour les minots… !
    Pour en revenir au sujet couture, je n’aurais jamais remarqué cette blouse dans le magazine (et ce n’est pas le genre de vêtement que je mettrais) mais je trouve qu’elle te va très bien ! Comme les autres je ne toucherais pas à la longueur (je trouve que ça équilibre bien avec les fronces) mais si tu sens mieux avec une longueur plus courte, à toi de voir ! (quant à cette histoire de plis dans le mauvais sens, sur les photos je ne vois tellement rien de choquant que je ne suis même pas sûre de comprendre ce que tu veux dire…)

    • Reply mathilde 21 novembre 2019 at 13 h 17 min

      En lisant ton commentaire, je me rends compte que je peux effectivement être un brin culpabilisatrice face à Monsieur, dont les semaines sont bien chargées, et à qui je demande de sacrifier du temps pour les enfants le week-end… J’avoue, j’envie ses déjeuners tranquilles, ses voyages, ses nuits d’hôtel, et évidemment j’imagine que le travail est source de détente et d’épanouissement de soi, alors qu’il est souvent source de stress et de fatigue. Difficile de trouver l’équilibre dans le couple, et de ne pas projeter sur la situation de l’autre ce qu’on ne trouve pas dans la sienne!

  • Reply Marick 29 mai 2019 at 14 h 52 min

    Ah ce chemin d’équilibre quasi impossible. Je crois qu’il est commun à beaucoup de mères , en le congé parental ou non. la palce que l’on se donne, la priorisation, le lacher prise ou l’envie de tout faire bien sont tellement personnelles et fluctuantes qu’il est difficile de se dire « là c’est bon, c’est le bon arbitrage ». Je garde personnellement en tête qu’on ne peut pas s’occuper des autres correctement si on ne s’occupe pas aussi de soi… De tes mots tu sembles avoir fait un joli bout de chemin et trouver la sérénité, c’est chouette à lire.
    Je trouve la longueur très bien moi et je ne vois pas non plus les inconvénients posés par les plis du mauvais coté…
    A bientôt pour une prochaine cousette ?

    • Reply mathilde 16 octobre 2019 at 10 h 20 min

      C’est éminemment personnel, oui. En en discutant avec des amies, de la famille, je me rends compte qu’on a toutes en têtes une idée différente de ce que l’on pense devoir faire, et de ce que l’on pense que les autres attendent de nous. Donc finalement, le mieux, oui, c’est de faire comme on le sens nous-même, de façon à être bien dans ses baskets! Je progresse, je progresse!

  • Reply Clémentine 30 mai 2019 at 0 h 22 min

    Quand on met si bien les mot sur ce qu’on vit, on a déjà fait le plus difficile… Je te souhaite beaucoup de plaisir dans la partie la plus facile : la mise en pratique ! 🙂

    Et bon courage pour les nuits.

    • Reply mathilde 16 octobre 2019 at 10 h 18 min

      D’où l’importance pour moi d’écrire…
      Je m’applique consciencieusement à le mise ne pratique depuis plusieurs mois, et je trouve que je fais de beaux progrès!! 😉
      Pour les nuits, par contre, je n’ai toujours pas trouvé le remède miracle!

  • Reply Liseli 30 mai 2019 at 12 h 58 min

    Je n’ai pas d’enfant mais je vois tout à fait le problème. Lathelize a pour moi posé le doigt là où ça pêche: on a été conditionnées à vivre « pour les autres » plutôt que « pour nous », contrairement à nos frères. Depuis mon arrivée à Paris pour suivre mon homme alors que je m’étais promise de ne jamais entrer dans cet engrenage, il prend moins de vacances que moi par choix (nous travaillons tous les deux à 100%) et c’est dur de ne pas « compenser » en faisant plus de tâches ménagères et de me laisser profiter de mes vacances « pour moi ». Merci pour ces mots, ça me donne du grain à moudre.
    J’espère pour toi que ton homme te soutient dans tes choix, bon courage pour la Grande Interrogation. Il n’y a pas de mauvaise réponse, simplement des choix différents… mais c’est plus facile à dire qu’à faire 😉

    • Reply mathilde 16 octobre 2019 at 10 h 16 min

      C’est évident pour moi que c’est vraiment une question d’éducation, de culture, et de genre.
      Monsieur me soutient totalement,il ne comprend d’ailleurs pas pourquoi je m’impose tant d’être toujours « efficace ». Mais petit à petit, j’arrive à lâcher du lest… je fais de grands progrès en ce moment, cet article et la période qui l’a précédé ont été un élément déclencheur. J’espère que de ton côté, la réflexion amorcée a continué à cheminer!

  • Reply VALERIE 30 mai 2019 at 13 h 44 min

    Je viens de finir ce modèle, et comme toi, je suis un peu gênée par le sens des fronces sur le devant. Le volume est un peu trop présent au niveau de la poitrine. J’ai essayé également de la raccourcir (je suis moins grande que toi) mais j’ai abandonné, ce n’était pas joli avec un basque plus courte au niveau des parties froncées.
    J’ai toujours pris assez facilement du temps pour moi (j’adore lire, impensable de passer une journée sans ouvrir un livre), mais jamais sans culpabiliser… Avec l’âge ça s’arrange un peu ! et surtout avec le recul, je me dis que j’ai eu raison.

    • Reply mathilde 16 octobre 2019 at 10 h 14 min

      J’ai finalement décidé de la laisserà cette longueur, effectivement je pense que l’équilibre serait mojns joli si elle était plus courte… Quant aux fronces, peut-être qu’avec le temps, le tissu s’assouplissant, ça nous paraîtra moins « joufflu »?
      J’admire celles qui ont cette capacité de prendre du temps pour elle sans s’imaginer que le monde va s’arrêter de tourner si elles s’asseyent vingt minutes pour lire. Depuis ton commentaire, figure-toi que je me suis fixée d’arrêter de renoncer à la lecture, et tous les soirs, quelle que soit l’heure à laquelle je me couche, je lis au moins pendant quinze minutes. Ca change toute ma journée, et surtout, ça m’oblige à me coucher plus tôt car j’ai hâte de retrouver mon bouquin!!

  • Reply Clémence 5 juin 2019 at 15 h 31 min

    Oh la la que ça me parle… sauf que tu as un bon train d’avance sur moi! Je ne sais plus du tout ce que c’est de ne rien faire, m’assoir sur le canapé avec un tricot ou un livre en journée ça me semblerait complètement blasphémer… 3 enfants, entre 4 et 1 an, un cabinet (d’orthophonie!) à faire tourner et 2 autres lieux de travail… les plants de tomates pas repiqués…
    Bref, on a changé de vie, on est parti vivre à la campagne, on avait un projet d’école à la maison finalement on est dans une école alternative, mon cabinet est à la maison… bref une vie qu’on voulait psychologique, cool, avec un crédo « travailler moins pour vivre plus », en gros. Et finalement j’ai l’impression d’être une maman-working Woman hyperactive…
    Dernièrement j’arrive enfin à dire « c’est mon temps », pour faire du sport, mais là encore ça n’est pas du temps « gratuit » mais avec un but… Bon désolée, on dirait qu »il fallait que ça sorte!

    • Reply mathilde 16 octobre 2019 at 10 h 11 min

      Pfiou, je compatis, je compatis… Et j’admire. Trois enfants, le libéral, le jardin, la maison… Essaie de ne pas te mettre trop de contraintes sur le dos. Genre : le sport, tu en fais parce que ça te fais plaisir, ou parce qu’il faut en faire? parce que franchement, vu le rythme que tu dois avoir au quotidien, tu dois déjà pas mal te dépenser!! Et les trois lieux de boulot différents, c’est sûrement très enrichissant mais aussi très énergivore (je l’ai vécu durant quelques années, sans enfants, alors j’imagine avec trois…!)
      Ton changement de vie me fait pas mal rêver, même si oui, j’imagine qu’il est plein de contraintes qu’on a tendance à idéaliser lorsq’on vit en ville. La récolte de tomates fut bonne? 😉
      « Travailler moins pour vivre plus », c’est carrément la devise que j’ai adoptée ces dernières années! Même s’il y a aussi des frustrations et des sacrifices inhérents à ce choix…

  • Reply stéphanie 7 juin 2019 at 14 h 43 min

    Oh que oui ce post fais écho en moi…bien que je ne sois pas en congé parental (sauf le mercredi…). Merci! oui tu te livres mais en pudeur donc ne t’excuses pas. C’est motivant de lire tes posts alors merci de partager ça avec nous! Pour la belle blouse, je ne la raccourcirai pas elle tombe très bien!
    Bravo!
    Bon week end

    • Reply mathilde 16 octobre 2019 at 10 h 04 min

      Merci beaucoup pour ton commentaire! J’ai toujours du mal à savoir à quel point mes états d’esprit sont intéressants à partager pour les autres!!

  • Reply Filomenn 8 juin 2019 at 23 h 03 min

    ahem… le juste équilibre à trouver… je cherche aussi, entre le choix de faire des remplacements pour garder une liberté professionnelle mais l’envie d’avoir une boulot stable en même temps. Avoir plus de temps pour moi sans négliger la maison, avancer dans les travaux et coudre ! autant dire que c’est compliqué. Alors oui on a une montagne de linge à plier mais la cuisine est rangée, je n’ai pas du tout avancé sur ma robe pour le mariage du mois prochain mais on a enfin terminé notre chambre ! désormais je me satisfait de ce que j’ai fait dans ma journée et ne m’accable plus de ce que je n’ai pas fait.

    Venons en à la tunique, sujet principal n’est ce pas ? j’aime beaucoup ! déjà elle est bleue et sa délicate asymétrie me séduit. En ce qui concerne la longueur je la trouve parfaite comme cela, plus courte j’aurai peur de l’effet gonflant que pourrait donner les nombreux plis…

    • Reply mathilde 16 octobre 2019 at 10 h 03 min

      Je suis d’accord avec ta philosophie : j’essaie aussi, désormais, de me coucher en me satisfaisant de ce que j’ai accompli dans la journée, plutôt que d’anticiper tout ce que j’aurais à faire demain (et donc que je n’ai pas fait aujourd’hui…). On est toujours dans cette histoire de lâcher-prise, et de réussir à ne pas se mettre trop de contraintes sur le dos.
      J’aime bien ton idée de remplacements, comme on le disais par messages sur IG. Je pense que, malgré le côté aléatoire et instable, c’est une formule qui permet de souffler de temps en temps, et de ne pas se sentir engagée dans un tunnel sans fin. je pense que c’est une piste que je creuserai le moment venu!

  • Reply mirza 11 juin 2019 at 16 h 56 min

    oulala, moi je l’aime beaucoup cet article! Déjà, parce que la tunique est jolie, et ensuite, parce que moi même je me sens un peu perdue. L’impression d’enchaîner une espèce de routine dans une maison jamais rangée et avec une pseudo mauvaise humeur constante. Bref, rien de bien agréable! Et quand j’ai un peu de temps pour coudre, je tourne en rond, ne sachant pas où commencer. Il y a quelques semaines j’ai imposé une vraie journée couture le week-end, où je n’ai fait que ça sans culpabilité, et ça m’a fait un bien fou! J’ai une tunique + une robe (il manque un ourlet, mais on y est presque) de plus et j’en suis ravie. Mon armoire aussi, car il faut bien dire qu’elle commençait à tirer la tronche avec ses t-shirts tachés et ses pantalons troués… Bon et cette histoire de nuit pourries, parlons en… moi je commence à trouver le temps long…! (et je veux dormiiiiiir)

    • Reply mathilde 16 octobre 2019 at 10 h 01 min

      Je me reconnais tout à fait dans l’état d’esprit que tu décris… Et clairement, réussir à s’imposer (et à imposer aux autres chers membres de la famille) qu’on a besoin d’un temps pour nous, là, maintenant, c’est parfois une question de survie!! As-tu réussi à refaire régulièrement ta journée couture? Et les nuits, ça va mieux?…

  • Reply Aude 19 juin 2019 at 9 h 17 min

    Il m’aura fallu un burn out, ce truc bien cogné qui prend par surprise, pour comprendre et intégrer l’importance de s’octroyer des moments à soi pour soi. Et tant pis l’état de la maison, de la pile de linge, tant pis la longue liste des injonctions (qu’on s’impose toute seule si on y regarde bien). Être là pour soi permet d’être là pour les autres. Après tout, une carafe vide ne peut remplir aucun verre, même avec la meilleure volonté du monde.

    Bravo pour cette tunique qui vous va à ravir et cette prise de conscience qui me parle énormément, qui m’aide aussi à faire taire quelques sursauts de culpabilité récalcitrante, et me permet de réaliser le chemin parcouru. Merci ❤️

    • Reply mathilde 16 octobre 2019 at 9 h 59 min

      Mais c’est avec plaisir! 🙂 Je pense que c’est un combat de tous les jours, pour les femmes, de réussir à faire taire, de temps en temps, ces injonctions qui sont devenues inscrites dans nos comportements et nos esprit, pour nous autoriser à lâcher prise sur certains domaines, et nous chouchouter un peu! Et quand on en discute avec nos conjoints et enfants, souvent, en effet, on réalise que ces injonctions ne sont que dans notre tête, que les autres sont beaucoup moins exigeants envers nous que nous le sommes envers nous-mêmes… Allez, on progresse, on progresse!!

  • Reply Pruline 26 juin 2019 at 11 h 53 min

    Mêmes préoccupations pour moi. Jamais de temps pour moi, et puis j’ai pris mon mercredi et elle a Ecole le matin…. j’assume ses trois heures juste pour la couture ou même depuis peu la lecture …. mais ça n’a pas été simple et tout n’est pas acquis….

    • Reply mathilde 16 octobre 2019 at 9 h 56 min

      Tu as bien raison. Si tu es épanouie et reposée, tu seras d’autant plus disponible pour ta fille l’après-midi. Mais c’est clairement difficile, quand on est à la maison, de faire passer son besoin avant les tâches « obligatoires ».

  • Reply Claire 16 septembre 2019 at 8 h 09 min

    Coucou Mathilde,

    étant habituellement une lectrice silencieuse de blogs couture et tricots (principalement), j’aime tellement le contenu de tes articles que je ne peux m’empêcher de commenter et te faire un coucou, tellement ce que j’y lis résonne pour moi!
    J’aime beaucoup la blouse! Mais j’aime surtout beaucoup la réflexion que tu apportes en plus, qui va toujours au delà du simple coup de cœur vêtement, comme on en voit tellement partout…
    Cette course effrénée à collectionner tous les nouveaux patrons indépendants me donne le tournis… il y a encore quelques années, quand la couture n’était pas so hype, c’était encore assez simple de suivre les sorties, mais aujourd’hui l’offre est tellement large! Ce n’est pas un mal en soi bien au contraire, la couture fait tellement de bien, on devrait tous s’y mettre héhé, mais la collectionnite qui va avec est quand même paradoxale avec le concept de couture éthique qui vient contrer la consommation abusive du prêt à porter… oulala je m’égare. Tout cela pour dire que je me fais exactement la même idée de la couture que toi, et ça fait beaucoup de bien de lire ce genre d’articles, qui n’est pas si courant.

    Et toutes ces réflexions sur le temps pour soi, eh bien qu’on travaille ou pas… c’est toujours pareil. Personnellement, j’ai un bébé de deux ans (oui oui un bébé, pas un garçon <3), et je travaille à temps plein, un job que j'adore et qui en plus me fait voyager très souvent (la fameuse femme d'affaires 🙂 ) les semaines passent comme un tunnel sur l'autoroute. Et en plus, je trouve encore le moyen d'être exigeante avec moi-même et de manger tout fait maison haha (pas de scrupule ici, j'adore cuisiner). A la fin de la journée, le temps libre se compte en minuscules minutes, il est très rare et a beaucoup de valeur. Dans la famille, on a appris à compter la richesse en temps. Mais mon débat intérieur est exactement le même que le tien finalement. Et cette semaine je me suis surprise à mon réveil à penser à quel tissu j'allais choisir pour mon prochain ouvrage couture, et là je me suis dit "ma fille, il est temps, la machine te manque trop là, tu rêves de tissu, c'est un peu bizarre" ! Je prends mon mal en patience, je sais que la petite enfance passera et me donnera un peu de lâche bientôt (et bien sur, ce sera le moment de recommencer les biberons du suivant haha), mais cette conclusion de se donner du temps à soi est tellement caractéristique des jeunes mères d'aujourd'hui… je me demande comment faisaient nos mamans.
    Allez, profite des derniers moments de congé parental, ce temps est une telle richesse, et reviens nous vite avec encore de nouveaux ouvrages réfléchis, soignés et pleins de philosophie!
    Moi j'adorerais avoir des amis couturières comme toi (d'ailleurs, la famille de ma maman est Lorraine! )
    Claire (bavarde aujourd'hui!)

    • Reply mathilde 16 octobre 2019 at 9 h 54 min

      Bonjour Claire,
      Je crois que les personnes qui lisent encore mon blog sont toutes sur la même longueur d’ondes concernant la couture… Une couture plaisir, certes, mais tout de même raisonnée et éloignée de la surconsommation.
      Alors finalement, as-tu réussi à coudre un peu pour toi depuis ce commentaire?… A moins que tu ne sois en train de donner les biberons aux second?! Je te tire mon chapeau pour la cuisine maison en plus du job à temps plein et du temps passé avec ton enfant : pour moi, la cuisine est vraiment ce qui est le plus chronophage (comme toi, je fais au maximum moi-même).
      Je suis absolument d’accord avec ton appréciation du temps : pour moi, c’est vraiment la première richesse.

  • Reply Un Matin en Ville 19 novembre 2019 at 22 h 35 min

    Je découvre ton blog et j’adore ton univers! Je n’ai pas encore d’organisation à gérer avec des enfants mais je me retrouve dans ton questionnement sur les priorités et la culpabilité, merci pour ce partage, ça fait plaisir parfois de se sentir moins seule ^^A très vite!!

    • Reply mathilde 21 novembre 2019 at 13 h 53 min

      Merci beaucoup de ton gentil commentaire concernant le blog!
      Je crois que cette question de culpabilité est totalement féminine, quel que soit l’âge et le nombre d’enfants, hélas! On a encore du chemin à faire!!

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