Coudre avec le marmot #1 La nihoteuse de Dédé*

*la gigoteuse de Bébé

Parmi les chouchous de mon fiston, il y a Doudou, Nounou, Petit Mouton, Hipo, Madame Girafe, et… Dédé. Bon, j’avoue, ça fait beau temps qu’il sait dire « Bébé », mais je trouvais tellement drôle lorsqu’il réclamait « Dédé » que je ne peux m’empêcher de continuer à appeler son poupon ainsi.

Dédé, donc, accompagne souvent le marmot à la crèche. Il a sa propre mini-poussette, que le marmot pousse avec grande fierté dans les rues parisiennes, sous le regard attendri des mamies du quartier. Jusqu’à il y a peu, Dédé sortait tirbouchonné dans un lange, qui lui servait de couverture. J’avais plusieurs fois évoqué devant le marmot la possibilité de lui faire une vraie couverture, mais chaque fois, en mère indigne que je suis, je passais à autre chose et j’oubliais ma promesse.

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Tissu tout doux : Bulluberlue ■ Tissu extérieur : Mondial tissu (les petits carrés patchwork)

Dédé : Corolle ■ Gilet de Dédé : bricolage maison

La semaine dernière, alors que nous rentrions de la crèche un soir, mon petit a commencé à me reparler de l’histoire d’Ernest et Célestine, que nous racontons souvent au coucher en ce moment. Je suis quasiment certaine que vous connaissez toutes Ernest et Célestine, je ne vais donc pas (trop) m’étendre sur le sujet. L’histoire que nous lisons tant est « Ernest et Célestine ont perdu Siméon ». Eh oui, le pauvre doudou de Célestine, Siméon, donc, est égaré dans la forêt par temps de neige, lors d’une promenade, alors qu’il était tirbouchonné, lui aussi, dans une couverture trop grande pour lui. Célestine ne se rendant pas compte que Siméon avait glissé, le pauvre doudou se retrouve seul dans la neige… Lorsqu’Ernest le retrouve, Siméon est tellement abîmé qu’on ne peut rien récupérer d’autre que son bonnet. Heureusement, s’armant d’un fil, d’une aiguille et de chutes de tissu (« Et la machine à coudre de maman! », s’exclame généralement mon fils à ce moment de l’histoire), Ernest s’attelle à la tâche et fabrique pour Célestine un nouveau Siméon. Ouf!

Je vous raconte ça dans les grandes lignes, hein, en vrai il y a moultes petites subtilités, mais bon, même si vous aimez mes égarements, je vais tout de même tâcher de revenir à mon sujet!

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(Oui, je sais, mauvaise position pour les hanches!!!)

Donc, me fiston me racontait ça et moi, ayant été personnellement très marquée par cette histoire durant mon enfance, je n’ai pas pu m’empêcher de faire le lien entre la couverture de Siméon et celle de Dédé, somme toute pas très rassurante. J’ai donc proposé à mon chérubin de coudre une vrai gigoteuse à Dédé, comme ça, pouf pouf,  en rentrant de la crèche.

Deux secondes après avoir lancé cette proposition, je me suis dis qu’il n’était peut-être pas très judicieux de me lancer, un mardi à 18h30, dans mon premier atelier couture en binôme avec mon fils, comme ça, au pied levé, le repas pas fait et le papa absent (en imaginant que, dans le cas contraire, le papa eût été motivé pour faire le repas, bien entendu) (j’ai l’imagination très fertile). Mais c’était trop tard, le fiston en question, enchanté par ma proposition, en a oublié de marcher sur les rebords des devantures en pas chassés, a parcouru le reste du trajet à la vitesse de la lumière, a filé se laver les mains – on a zapé le bain, ouioui – et mettre son pyjama sans histoires (ça change) (oui, bon, d’accord, je l’ai un peu aidé, il est autonome mais bon, restons honnête, il n’a tout de même que deux ans deux mois), et était devant ma machine à coudre avant que j’ai eu le temps de dire ouf.

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Contrairement à ce que je pensais, tout s’est très bien passé. Il est tellement fasciné par ma machine, par les ciseaux, les aiguilles, les coupons de tissu, qu’il a été sage comme une image et super patient – comme je n’avais rien anticipé, j’ai un peu tâtonné. On a commencé à 18h 50, on a terminé à 19h10, et j’ai fait les finitions (refermer à la main l’ouverture de la doublure, faire la boutonnière et coudre le bouton) après le dîner, une fois qu’il était couché.

Honnêtement, je ne pensais pas pouvoir réaliser un petit projet couture avec lui si tôt. On avait déjà réalisé « ensemble » un petit coussin pour son fauteuil dans l’entrée (là où il s’installe pour qu’on lui lace ses chaussures), mais à part insérer le bourrage, il n’avait pas réellement fait grand’chose. Là, il a vraiment bien participé. Il a choisi le tissu extérieur, parmi un choix très alléchant dans mon stock (tissus à nounours, à hiboux, à voitures, à chenilles,…). C’est moi qui ai coupé, mais ensuite, grâce à la fonction marche/arrêt de ma machine, c’est lui qui a quasiment tout « cousu » (je dirigeais le tissu). Je l’ai installé sur mes genoux, j’ai réglé la MAC sur la vitesse la plus basse, je lui disais sur quel bouton appuyer, il levait et descendait le pied de biche, lançait la couture (que je stoppais avec la pédale), faisait le point d’arrêt lorsque je lui indiquais, bref, il a vraiment tâté de la MAC, et moi j’ai pu en profiter pour sniffer son odeur de petit cou totalement addictive.

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Au final, Dédé a donc enfin sa nihoteuse, et peut désormais sortir sans craindre les courants d’air: elle est même équipée d’un système de capuche amovible en cas de grand vent, qui a beaucoup de succès auprès du petiot… En prime, ça fait un entraînement au boutonnage-déboutonnage pour les petits doigts!

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Je montre peu ce que je fais avec et pour lui ici, en premier lieu parce que je n’ai pas envie de balancer des photos de lui sur internet, mais aussi en partie parce que mon blog a fini par être le seul espace (virtuel, certes, mais tout de même!) préservé de l’invasion du krapouilli – on a aujourd’hui la preuve que ça ne pouvait pas durer éternellement! Et je pensais que ça ne vous intéresserait pas forcément. Après avoir lu les commentaires suite à mon articles sur les 6 ans du blog, j’ai cru comprendre au contraire que vous aviez envie d’en voir un peu plus sur ce sujet. Bon, je ne fais pas non plus des tonnes de choses, mais je réalise qu’on voit très peu de couture pour et avec les petits garçons, qu’il s’agisse des livres de couture, des magazines de couture, ou des blogs de couture. Alors qu’en fait il y a plein de petites choses sympas à faire, totalement mixtes, mais qu’on n’envisage pas pour les garçons! Par exemple, nous avons donc déjà réalisé ensemble son petit coussin et cette gigoteuse de poupon, et je lui ai cousu un porte-bébé afin qu’il puisse se promener avec son nounours contre lui. Ma maman lui a aussi cousu et brodé une adorable pochette pour pouvoir emporter ses petites voitures avec nous lorsque nous voyageons. Et j’ai encore des petits projets en tête : coudre avec lui la « literie » du lit de Nounours, lui faire une petite sacoche pour le guidon de sa draisienne, et refaire l’assise de sa petite poussette, car tous les gamins du quartier ont la même, ce qui est parfois source de conflit au square! (bah oui, tous les parents ont la même adresse de super magasin de jouet, et les poussettes qui ne sont ni rose ni à fleufleurs ne courent pas les rues!)

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Bon, ceci dit, malgré sa couverture, Dédé continue tout de même à se promener à moitié à poil : il possède un gilet (à ne pas regarder de trop près, ahem), mais n’a toujours pas eu la chance de se faire fabriquer un pantalon!! Promis, la prochaine session couture avec le marmot y sera consacrée!

Et vous, vous cousez avec vos petits? Quel genre de petits projets? Vu le succès de ce premier « atelier », je suis friande d’idées!

Couture : les petits outils qui facilitent la tâche!

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Parmi les nombreux commentaires que vous m’avez laissés suite à mon article sur les 6 ans du blog, où je vous demandais si vous aviez des envies particulières pour la suite, j’ai lu que certaines d’entre vous aimeraient parfois lire des astuces de couture, des petits points un peu plus techniques et pratiques que juste la présentation d’un vêtement fini.

Les articles « techniques », c’est quelque chose qui me tente beaucoup, mais mon tempérament perfectionniste et peu sûr de moi fait que je ne me sens guère légitime pour dispenser des conseils. J’ai l’impression de coudre toujours un peu les mêmes choses et de peu sortir de ma zone de confort.

Cependant, s’il y a une chose qui n’est pas trop engageante et dont je peux parler sans risquer de me tromper, c’est bien les outils que j’utilise au quotidien (enfin, façon de parler, je ne couds pas tous les jours) et qui me facilitent la tâche.

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Cette photo est un gros mensonge : en réalité mon « bureau » est un vrai b*rdel, et je n’utilise que du fil Gütermann flambant neuf!

En premier lieu, il y a évidemment ma machine à coudre! Bon, d’accord, ce n’est pas à proprement parler un « petit » outil, mais j’ai du mal à ne pas l’évoquer dans cet article, puisque c’est la principale exécutante de mes cousettes. Je vous en avais déjà longuement parlé ici, je l’adore toujours autant, et je découvre presque à chaque utilisation de nouvelles fonctionnalités. Je n’ai pas oublié ma promesse de vous en faire un retour quelques mois (ou années, hum…) après, mais ce sera pour un prochain article : je veux faire ça de façon précise et fouillée. Comme je l’ai achetée alors que j’étais enceinte, c’est-à-dire pas forcément au top de la motivation couturistique, et que je n’ai pas vraiment eu le temps de m’en servir durant mon congé parental, j’ai l’impression de seulement commencer à la découvrir. Je m’aventure enfin plus loin que les différents points, les boutonnières et le coup-fil automatique, et plus je l’utilise, plus je l’aime et suis satisfaite de mon choix. Lorsque je dis qu’elle me facilite la vie, c’est parce qu’elle est fiable, équipée (boutonnières automatiques, coupe-fil, bip lorsque la cannette est presque vide, point d’arrêt programmable en début et fin de couture, etc, etc.) et que je gagne un temps fou grâce à elle.

Mais pour cet article aujourd’hui, je vais plutôt parler des petits outils peu onéreux, qui prennent peu de place, et que toute débutante en couture peut s’approprier très rapidement. Celles qui cousent depuis quelques temps les ont certainement tous en leur possession, cet article intéressera donc davantage les débutantes que les couturières aguerries!

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Évidemment, je possède un fer à repasser, un découd-vite, un mètre-ruban, une bobine de bâti et des épingles : mais je pars du principe que c’est la base de la base, donc pas besoin de l’évoquer davantage. Peut-être juste un détail à propos du fil à bâtir : sur la photo, il s’agit de la grosse bobine rose dans ma boîte à couture. C’est un fil spécial, qui ne sert qu’à faire des coutures provisoires, et qui se casse très facilement (pas besoin du découd-vite pour l’enlever, donc : on tire dessus, s’il résiste, il casse, et on tire de l’autre côté). Je crois que bâtir n’est plus très à la mode chez les couturières « modernes », mais comme je suis vieille école sur ce sujet-là, je le trouve un allié indispensable. Je m’en sers pour marquer certains repères (méthode des « bouclettes »), former les plis, monter les emmanchures, fixer une parementure qui doit être surpiquée ou juste repassée, afin d’être sûre qu’elle se place bien, et pour toutes les étapes délicates pour lesquelles je n’ose pas m’aventurer directement par-dessus les épingles. Il peut être aussi très utile pour monter un vêtement rapidement afin de procéder à un premier essayage (ce que je ne fais jamais, c’est mal!).

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A part ces basiques, il y a quelques autres accessoires, que j’ai mis du temps à acquérir, mais qui sont des petites aides dont je regrette de m’être passée à mes débuts, car elles permettent un travail précis, rapide et agréable :

1 – une jeannette: la jeannette, c’est la minimini table à repasser. Ma mère me l’a trouvée pour quelques euros dans une brocante, et je ne saurais plus m’en passer. Pour repasser les emmanchures, les poignets, les encolures, bref, toutes les pièces étroites qui sont pénibles à presser sur une table à repasser classique. Elle est pliable, et prend donc très peu de place dans une armoire, ou glisée contre un mur. Bien moins pénible à sortir du placard que la vraie table à repasser, c’est en grande partie grâce à elle que j’arrive à me motiver pour coudre en soirée ou lorsque j’ai seulement une vingtaine de minutes devant moi.

– une serviette de toilette  (photo précédente) : brodée à mon initiale par ma môman, c’est la seule qui convient! (la belle boîte à couture en bois à été chinée par mon pôpa, tout le monde participe donc un peu à l’article, pas de jaloux!) Plus sérieusement, c’est un autre accessoire fantastique pour aider au repassage : roulée en boule, je m’en sers pour repasser les pinces de poitrine, roulée en gros boudin, pour écarter les coutures des manches, pour repasser des petites zones qui ne passent pas non plus avec la jeannette, etc, etc.

2 – un crayon avec recharge de craie : bien plus pratique que la craie de tailleur classique, puisque bien plus précis, et on a pas besoin de la tailler lorsqu’elle s’est émoussée. Je sais qu’avec du savon, ça marche tout aussi bien, mais j’avoue, j’adore ce gadjet.

3 – une réglette à onglet: extra lorsque, comme moi, on pratique essentiellement les patrons sans marges incluses. Très longtemps, je faisais avec un mètre ruban, souple, long, qui se déformait, s’embobinait partout, bref, m’énervait. Là, il suffit de régler l’onglet à 1,5 ou 1 cl, selon les surplus qu’on veut ajouter (ou 3-4 pour les ourlets), et ensuite, on a plus qu’à reporter autour du patron. Il existe d’autre types de réglettes, sans onglets, mais avec des encoches préformées, tout aussi pratiques. Celle-ci est bien aussi pour pousser dans les angles avec sa petite pointe, et je crois que l’autre côté a un rapport avec les boutonnières, mais je ne m’en sers pas. L’une d’entre vous saura peut-être nous donner des détails?

4 – un feutre « fantôme » : plus précis que la craie, et plus visible aussi, c’est top pour marquer les petits détails comme les emplacements des boutonnières ou des boutons, les plis, ou reprendre un dessin à broder. Il s’efface de lui-même au bout de quelques heures.

5 – un appareil à biais : il en existe de plusieurs largeurs, je n’en ai qu’un mais je pense compléter ma collec au fur et à mesure. C’est génial pour faire son biais soi-même : on a juste à insérer la bande de tissu dedans comme il faut, tirer à l’autre extrémité et repasser pour fixer les plis formés. Fini de se crâmer les doigts en pliant minutieusement son biais maison!

6 – un coupe-fil : je me suis longtemps contentée d’utiliser des ciseaux de broderie pour couper les fils de début et de fin de couture. Récemment, je me suis décidée à acheter un vrai coupe-fil, et, franchement, ça change tout. La prise en main est beaucoup plus rapide puisqu’on n’a pas à glisser les doigts dans les trous des ciseaux, mais juste à pincer, et on peut couper bien plus précisément les petits fils qui dépassent.

7 – un appareil pour retourner les boyaux (de tissus, hein, on est pas chez le boucher!): la méthode avec le fil et l’aiguille reste indispensable pour les « queues de rat », mais pour le reste, ce truc est très pratique!

Après presque 15 ans de couture, je ne suis pourtant pas encore totalement équipée : j’aimerais encore investir dans un tapis de découpe (ma soeur m’a offert le couteau rotatif mais je n’ai pas encore osé m’en servir de peur de bousiller mon support…), un aimant pour ramasser les épingles, un petit bracelet-coussin pour les piquer au fur et à mesure de la couture, etc.

Et vous, quels accessoires ont votre préférence? Avez-vous des astuces, utilisez-vous des objets du quotidien, détournés, pour la couture?

Petit cadeau-surprise :

En écrivant cet article, je me suis dit qu’il serait sans doute surtout lu par des débutantes, qui ne sont peut-être pas encore équipées du tout. Du coup, j’ai proposé à tissus.net, avec qui j’ai déjà plusieurs fois collaboré, de vous offrir un lot contenant plusieurs de ces outils, identiques ou équivalents aux miens. Il s’agit donc d’un coupe-fil, d’un « feutre-fantôme », d’une réglette à encoches, d’un appareil à biais et d’une boîte à canettes : je n’ai pas cité cette dernière dans mes « outils », car il s’agit plutôt d’une solution de rangement, mais les compartiments des machines à coudre prévus pour ranger ces petites bobines sont très souvent trop petits, alors je me suis dit que ça pourrait être un petit complément sympa à ce lot…

Pour gagner ce petit cadeau, rien de plus simple :

Il vous suffit de me noter en commentaire la couleur et le type de tissu qui est sous votre pied de biche en ce moment, et ce que vous allez en faire! (Et si vous n’avez rien sous le pied de biche, faites-moi part de votre prochain projet!)

Le concours prendra fin le lundi 25 avril à 23h.

Pour celles qui sont déjà tout équipées et donc pas particulièrement intéressées par ce concours, vous pouvez profiter d’une réduction de 10€ dès 35€ d’achat, avec le code PARIS0416 (valable jusqu’au 30/04, une seule fois pas commande et par personne). En toute honnêteté, ça vaut le coup de jeter un œil car il y a vraiment un joli choix pour le printemps-été, que ce soit en déco ou en habillement.

Et je précise de nouveau que ce billet n’est absolument pas sponsorisé, c’est vraiment pour lui apporter un petit plus que je suis allée proposer ce partenariat à Claire (je déteste les articles des blogs en bas desquels je découvre qu’en fait tout à été écrit pour me faire cliquer sur un lien, d’où ma précision : je ne gagne rien avec ce concours, juste le plaisir de gâter l’une d’entre vous!).

Sur ce, bon dimanche à toutes!

(Pardonnez les photos moches qui illustrent cet article tant bien que mal… Les « natures mortes » ne sont pas du tout mon truc, il faudrait que je prenne des cours!!)

Le concours est terminé! Merci à toutes pour vos participations! Je vous donne les résultats dans la semaine.

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La robe Bleue

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Patron : 112-113 burda 02/2014  ■ Tissu : tissus-de-rêve

On dirait bien qu’en ce moment j’ai un truc avec les motifs, les coupes vastes, les encolures rectilignes et les manches 3/4!

Cette petite robe est le fruit d’une collaboration avec le site tissus-de-rêve. Alisson m’a en effet proposé de choisir un tissu, pour me coudre quelque chose qui me ferait plaisir (et vous faire connaître son site, par la même occasion!). Lorsque j’ai vu celui-ci, mon petit cœur de Lorraine a fait boum: bah oui, que voulez-vous, moi, les fruits rouges, je ne peux guère y résister… Framboises, groseilles, cassis, mûres : chaque été depuis ma plus tendre enfance, je vais « au fond du jardin », chez mes parents, pour les cueillir à même l’arbuste : c’est comme ça qu’ils sont les meilleurs (en confiture aussi, mais seulement celle de ma môman!). Je ne les mange pas du tout avec le même plaisir s’ils sont déjà cueillis ou, pire, achetés (c’est comme les noix, ça : mes mauvaises habitudes de campagnarde font que pour moi, les fruits rouges et les noix, ça se ramasse, ça se cueille, mais ça ne s’achète pas! Imaginez mon désarroi depuis que j’habite à Paris… Je croise peu de noyers et encore moins de framboisiers!).

Je m’égare. Je m’impressionne moi-même sur cette capacité à parler confiture de framboise alors que je vous écris un article sur ma nouvelle robe. Mais comme vous m’avez récemment dit que vous appréciez mes égarements, alors je m’autorise!

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Bref. Comme je commande très rarement sur internet (en fait jamais, sauf quand on m’offre de le faire, opportuniste que je suis!) parce que j’ai besoin de TOUCHER pour imaginer ce que je ferai de tel ou tel tissu, j’ai attendu de recevoir la merveille pour décider du patron qui aurait ma faveur.

Une fois le coupon en ma possession, j’ai tout de suite eu envie d’en faire une robe. Et puis, je me suis dit que ce serait peut-être un peu trop… Chargé? Coloré? Voyant? Un peu des trois à la fois, en fait.

J’ai donc décidé d’en faire une veste Mona.

Comme vous le constatez sur ces photos, je suis quelqu’un qui sait se tenir à ses décisions. Pas mon genre de changer trois fois d’avis, pas du tout. Hum.

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Boucles d’oreilles (très vieilles): Gas ■ Pochette (usée): Mango ■ Collants: Monop ■ Ballerines: Clarks

Plus sérieusement, comme vous le constatez sur ces photos, je suis revenue finalement à ma première idée. Tout simplement parce que, une fois le tissu lavé et débarrassé de son apprêt, il s’est avéré plus souple que de prime abord, et donc un peu moins adapté à une veste de printemps. Et puis, j’avoue, l’envie de robe me démangeait tout de même sérieusement, fallait donc pas trop me pousser pour que j’y revienne!

Une fois ma décision robesque définitivement prise, je suis partie en quête d’un patron, avec ces critères précis, par ordre de priorité : facile/rapide/adapté à un tissu tout de même plutôt raide/ pas trop près du corps/de mi-saison.

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C’est finalement ce patron-ci qui a eu le dernier mot, patron que je n’avais absolument pas repéré à l’époque où est sorti le magazine, mais dont la ligne droite et l’encolure carrée m’ont plu, et qui me semblait répondre à tous mes critères. Alors, mesdames, cela s’est-il vérifié?

  • facile : moui. En fait elle est effectivement très simple, mais je suis restée perplexe devant les pinces d’épaules qui permettent de former l’arrondi d’épaule. En soi, ce n’est pas du tout compliqué, mais bon, je sais pas, parfois, je bloque sur des trucs bêtes, et là, ça a été le cas.
  • rapide : absolument. J’aime bien prendre mon temps pour faire les choses bien, et ma vie actuelle fait que je n’ai pas le loisir de coudre sur des longues durées, mais en une sieste marmottesque un dimanche aprem (3h… Aaah quel bonheuuuuur!) et deux soirées, c’était plié.
  • adapté à un tissu un peu raide : vouivoui. c’est une coupe légèrement trapèze, donc le coton s’y prête bien, et l’encolure carrée ne fait pas de pli grâce à la tenue du tissu.
  • pas trop près du corps : oui, bah, là, je crois que le critère est un peu trop respecté… Enfin, ça me gêne pas d’avoir un peu de marge, dans certaines situations ça peut servir, héhé! (Déjeuners trop copieux, envie de dupliquer le marmot, etc.)
  • de mi-saison : yes sir! Manches 3/4 (bon, ça c’est de mon fait), longueur au-dessus du genoux, gorge juste protégée des petites brises printanières, je dis banco! Et puis ce tissu fruité, ça donne la gaîté nécessaire après des mois d’hiver sages, sombres et unis…

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A la demande de Filomenn, un gros plan de l’imprimé si discret! (qui est bien moins vif en réalité)

Cette version de la robe était normalement doublée. Mon tissu étant assez opaque, et n’ayant pas envie de rigidifier encore le tombé en l’alourdissant avec une doublure, j’ai opté pour des parementures à l’encolure : coup de chance, cette chère Madame Burda avait pensé à proposer une version aux manches courtes non doublée, j’ai donc trouvé les parementures déjà toutes tracées sur la planche à patron! Bon, j’ai dû cafouiller quelque part, soit au recopiage, soit au montage (les fameuses pinces d’épaule?), mais ma parementure s’est avérée plus grande de quelques cm que mon encolure. J’ai donc un peu triché, mais à part ouvrir un tout petit peu plus l’encolure de la robe, ce qui n’est pas gênant, ça n’a eu aucune incidence.

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Je n’ai donc absolument rien changé au patron (à part raccourcir les manches), en fait! Zéro initiative, zéro prise de risque!

Alors, au final, qu’est-ce que j’en pense, de cette petite robe? Eh bien… Comme ma blouse Clémence, que je porte finalement très facilement et avec beaucoup de plaisir, au départ, j’étais un peu partagée. Je la trouvais adorable sur cintre, mais sur moi, elle me paraissait un peu trop colorée et ample. Et puis, à force de l’essayer avec différentes choses, j’ai fini par vraiment l’aimer. Elle a un côté jeune fille sage des années soixante qui n’est pas pour me déplaire, tout en ayant une parenté indiscutable avec les tabliers que ma mamie portait les jours de semaine (parce que le dimanche pour l’église, c’était autre chose!). Ce dernier point rejoint finalement le premier que j’évoquais en début d’article, à savoir les fruits rouges. Comme quoi, les vêtements sont pour moi une vraie évocation de choses profondes qui me construisent (parfaitement, mon moi profond est essentiellement constitué de framboises, ça pose un problème?!), et inconsciemment mes choix de tissus et de patrons sont toujours influencés par ces attaches sentimentales… Finalement, la couture est un peu comme ma psychanalyse, et le blog mon analyste, diiiiingue!! (Ce dernier paragraphe est une belle illustration au commentaire qu’Audrey me faisait suite au dernier article, concernant ma faculté à vous faire entrer dans mon dialogue intérieur… Voyez, mon dialogue intérieur est parfois excessivement tiré par les cheveux!!)

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Poupoupidou!

Je vous la présente ici de façon assez élégante (enfin, il me semble!), histoire justement de casser un peu son côté tablier de mamie, donc, mais au quotidien et par des températures plus clémentes, je pense qu’elle sera parfaite jambes nues, chaussée de ballerines en cuir naturel, les cheveux au vent et mon éternelle besace sur l’épaule (je vous ai fait grâce de cette version car la blancheur de mes jambes vous aurais sans aucun doute rendues aveugles, mais je vous laisse imaginer le romantisme qu’une telle association peut évoquer) (avec les jambes hâlées, donc, ce qui est loin d’être évident, humhum).

Ceci dit, j’aimerai bien connaître votre avis et savoir si son style so vintage vous plaît, ou si au contraire vous vous dites que j’ai décidément complètement craqué!

(Merci encore à Alisson pour cette gentille proposition!)

Et pour voir une autre très jolie version de ce patron, faites un petit tour chez La petite maison couture – très jolie découverte bloguesque pour moi, soit dit en passant!

L’avis de Monsieur :

« Ah… C’est… BLEU. Non, mais ce que je veux dire, c’est que, tu sais, il y a des bleus… subtils… délicats… Enfin, tu vois, quoi! Là, c’est… bleu. M’enfin sinon c’est très joli, hein! »

D’où le titre.

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6 ans!

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Oui! Incroyable! Aujourd’hui, ça fait 6 ans que je blogue! Et 6 ans que vous me lisez  et enrichissez ma petite bulle virtuelle par vos commentaires, réactions et associations d’idées, pour mon plus grand plaisir! Quelle chance j’ai! Ça me paraît tellement incroyable d’être toujours là, encore lue, et d’avoir envie de poursuivre cette drôle d’aventure!

Il faut dire qu’en six ans, je suis passée par plusieurs phases de « blogging » : j’ai débuté en faisant les choses tranquillement, en écrivant à propos de tout et de rien, comme ça me venait. Puis, j’ai commencé à prendre ça plus au sérieux, et je me suis imposé une régularité et une « productivité » assez intensive, spécialisant le blog en couture-tricot de façon quasi exclusive. C’est mon côté psycho-rigide qui avait pris le dessus : tout parfaitement, ou rien. J’aurais pu faire de ce blog un petit  à-côté lucratif en profitant à fond de la visibilité qu’il avait à l’époque, mais débordée par ce rythme, n’ayant aucune envie d’abandonner mon métier pour celui de « blogueuse couture-tricot », et ne me reconnaissant plus dans cette course à la popularité et à la visibilité, j’ai fait en quelque sorte un burn-out de la blogueuse. La professionnalisation des blogs, les belles photos quasi professionnelles, la couture compulsive, les pluies de partenariats, la surenchère des cousettes sur le dernier patron sorti : si on veut suivre la cadence, tout ça demande un temps fou que je n’ai pas les moyens de consacrer à mon blog. Et puis, j’en avais déjà parlé, ça m’a un peu écœurée : j’y retrouve la surconsommation et le « trop » qui envahit déjà notre société, et auxquels je n’ai pas envie de participer. J’ai donc choisi de ralentir un peu.

Par la suite, l’arrivée de mon fils a été une nouvelle étape de ma vie (et non des moindres!), dont le retentissement s’est fait sentir ici aussi : durant un an j’ai été très peu présente. Je sais que j’ai « perdu » beaucoup de lectrices durant cette période, justement attirées par le renouveau perpétuel et en attente d’un blog professionnel. Mon absence totale sur les réseaux sociaux tels que facebook, instagram, tweeter, contribue aussi à me mettre un peu de côté, et à ne plus faire de moi une it-blogueuse. J’avoue sans aucun complexe que je m’en arrange très bien : je sais que celles qui sont restées (vous qui me lisez, donc!) sont celles qui partagent ma vision des choses et de la vie! Et je crois que c’est aussi ce qui me donne davantage de liberté…

Pendant mon congé parental, je me suis énormément questionnée sur mes envies, l’importance des différentes choses de ma vie, les priorités à donner. J’ai pris du recul sur beaucoup de choses, entamé une démarche visant à me désencombrer, au sens propre comme au figuré – la route est encore longue ! Puis, la reprise du travail et mon fiston grandissant m’ont laissé trouver un rythme qui me convient bien, même s’il est soutenu. Tout ça m’a permis de redonner à ce blog sa juste place, celle qu’il avait au début : un loisir, une évasion, un carnet de bord, et surtout, un espace d’écriture pour moi qui aime tant ça. La boucle est bouclée, et j’espère continuer dans cet esprit-là, même si, nous le savons toutes, la vie est loin d’être un long fleuve tranquille… et heureusement!

Depuis janvier, j’essaie de publier chaque dimanche, parce que j’en ai envie, sans pression, sans m’y obliger et sans en faire un drame si, une semaine, je n’en ai pas envie ou si je n’ai rien de neuf à vous raconter. Mais c’est un petit rendez-vous que j’attends avec impatience, je prends plaisir à rédiger et arranger mes articles, et vos commentaires sont comme de petites conversations amicales tout au long de ma semaine, qui me donnent une bouffée d’oxygène. J’ai l’impression d’avoir ma bulle rien qu’à moi, dans laquelle je ne suis ni maman, ni amoureuse, ni professionnelle, une bulle dans laquelle les tâches ménagères et les contrariétés de la vie n’existent pas, et dans laquelle je ne glisse que les choses que j’ai envie de voir. La vie en rose, quoi.

Depuis janvier aussi, je varie de nouveau mes sujets, je suis moins attentive à une certaine uniformité, je suis simplement ce qui me fait envie, j’évoque les choses qui me traversent et me plaisent – en pariant sur le fait que cela vous intéressera peut-être aussi… A l’avenir, j’aimerai réussir à être encore davantage spontanée, en écrivant par exemple des articles sur des sujets plus personnels qui me tiennent à cœur. Cela impliquerait de me dégager du carcan que je m’impose dans de trop nombreux domaines, moins chercher à tout contrôler… Mais je suis souvent freinée par une pudeur et une envie de me préserver de la surexposition qu’engendre le web. Vous savez, c’est assez déconcertant d’être lue par des gens qu’on ne connaît pas du tout mais qui eux, finalement, vous connaissent très bien! Ou, encore plus, de se savoir lue par des gens qu’on connaît et qu’on a perdu de vue. Bloguer, c’est se mettre dans une relation totalement asymétrique avec ses lecteurs: pour le coup, on ne contrôle pas grand’chose! Il faut donc trouver le juste équilibre entre ce qu’on veut partager et ce qu’on préfère garder pour soi, tout en sachant que, sur un blog, beaucoup de choses nous échappent de façon inconsciente – surtout lorsque, comme moi, on aime écrire des tartines!!

Pour finir, j’aimerais que vous me disiez, vous qui me lisez régulièrement, quelles seraient vos envies pour la suite : y a-t’il des sujets que vous aimeriez me voir aborder? Des articles qui vous intéresseraient particulièrement? Des questions auxquelles vous aimeriez que je réponde? Bref, profitez-en, lâchez vous dans les commentaires, je suis sûre que ça me donnera plein d’énergie pour cette nouvelle année de blog!

Ah, et, pour cette septième année qui commence, je me suis enfin prise par la main et j’ai installé une NEWSLETTER!! Ouiii! Bon, d’accord, mon cher Monsieur m’a un peu aidée, mais j’ai fait le principal toute seule et je n’en suis pas peu fière! Alors, si vous voulez être au courant des articles tout frais tout chauds dès leur publication, c’est dans la barre à droite que ça se passe!

A très vite!

Petit édit du 8 avril 2016 : MERCI à vous toutes qui me laissez des petits mots suite à cet article, les lectrices fidèles comme les plus récentes et les plus réservées! Vous parlez de ce blog comme d’un blog de qualité, je vous retourne le compliment : j’ai des lectrices de TOP qualité, pas seulement parce que vous m’envoyez plein d’ondes positives, mais aussi et surtout parce que vos commentaires sont constructifs, critiques, encourageants et inspirants. Ce blog me prend du temps, mais je me vois mille fois récompensée en vous lisant, et suis reboostée pour bien plus d’une année!!

Blouse Clémence

Clémence1Patron : Burda 03/2014#119 ■ Tissu : Tissus Reine

J’aurais pu titrer cet article : « l’appel de la blouse à basque ». A force d’en voir défiler sur les blogs, j’ai moi aussi été frappée par l’absolue nécessité de m’en coudre une! Il faut dire que ce genre de forme est exactement ce que j’affectionne en ce moment. pratique, confortable, mais tout de même féminin : donc idéalement adapté à mon mode de vie plutôt actif!

Bien sûr, j’aurais pu faire une Marthe, ou une Indispensable (d’ailleurs je pense que je vais vraiment finir par me coudre cette dernière, le patron est tellement joli!), mais ça aurait été sans compter sur mon amour inconditionnel de Burda. Ou plutôt, sur ma tentative de justifier la tonne de magazines Burda que je possède. Parce que, avec les cinq années de publications que je compte dans mon placard, je me disais qu’il serait tout de même fort de café que je ne trouve pas, parmi ces numéros, une base de patron exploitable pour ce genre de blouse!

J’ai donc refait le tour de ma collection, et suis retombée sur ce patron, qui m’avait déjà fait de l’oeil à la sortie du magazine. Son côté folklorique et froufroutant m´avait freinée à l’époque. Il faut dire que la blouse courte et ample, avec une basque volumineuse, et encore des froufrous aux poignets, ça peut intimider! Là, en le regardant avec une idée plus précise en tête, je me suis dit qu’il serait une base parfaite pour ma blouse volantée… Je ne suis pas certaine d’avoir eu raison!

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J’ai donc gardé ce qui me plaisait, c’est-à-dire l’encolure carrée, l’ampleur et les manches à même, et rectifié ce qui me plaisait moins : j’ai viré les volants des manches, que j’ai rallongées, et que j’ai terminée par un petit bracelet de manche. J’ai enlevé une vingtaine de centimètres, dans le sens de la largeur, à la basque qui froufroutait vraiment trop, et j’ai rallongé le corps, dans l’esprit d’un modèle Somewhere qu’on m’a offert à Noël et que j’adore (je me suis basée dessus pour les dimensions corps/basque/manches). J’ai hésité à marquer le contour de l’encolure par une surpiqûre contrastante, mais j’ai eu un peu peur du côté « ohé ohé matelot » que ça aurait pu donner à la blouse, ce qui n’aurait pas été très raccord avec le liberty, et me suis retenue!

J’avais dans un premier temps fait des manches longues, mais le premier essayage m’a convaincue de les raccourcir : le tissu étant bien présent visuellement, il m’a semblé judicieux d’en enlever le plus possible. Hum.

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Concernant le tissu, justement : grâce à mon déménagement, j’ai pu voir très clairement les tissus que je possède dans mon stock. Il est plutôt raisonnable, mais j’ai envie de le faire diminuer encore, pour ensuite tenter d’acheter au coup par coup, pour un projet précis, sans plus amasser. Vu que j’avais craqué précédemment pour le tissu de la robe Rosa, j’ai résolu de ne rien acheter cette fois-ci.

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Jean : Zara ■ Ballerines : Clarks ■ Sac à main : Maison Laffargue

Je suis donc montée au grenier et ai farfouillé dans tous mes cartons (depuis, j’ai trouvé l’armoire parfaite qui m’a permis de descendre mes tissus et de m’installer un coin couture digne de ce nom : je vais peaufiner la déco et j’espère pouvoir vous en montrer un bout bientôt!) jusqu’à trouver ce grand coupon de Liberty, acheté il y a très longtemps et regretté presque aussitôt. A l’époque, je voulais en faire une robe. Mais je ne me suis jamais lancée, un peu sceptique devant le côté bonbon nunuche que pourrait me donner ce tissu si je le portais de la tête aux pieds… Là, par contre, je crois que j’ai eu raison!

Il s’est passé la même chose que pour le patron, que je trouvais « too much » à l’époque de sa sortie, et que j’ai finalement réussi à m’approprier : une fois le tissu regardé avec une idée de tunique en tête, son côté ROSE m’a paru largement plus facilement apprivoisable. En l’imaginant sur un pantalon sobre, avec les cheveux relevés, j’ai eu envie de tenter. A vous de me dire si le pari est réussi… ou non.

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(Sans aucun rapport avec ce qui nous préoccupe, j’attire tout de même votre attention sur le fait que j’ai réussi à me faire une pseudo-couronne de tresses malgré ma ridicule longueur aux épaules. Bon, d’accord, c’est franchement pas fantastique et c’est pas du tout intéressant, mais ça faisait tellement longtemps que j’en suis toute ravie! J’espère que vous appréciez l’effort!) (oui, je sais, je suis sensée vous faire croire que je me réveille tous les matins avec une coiffure hyper sophistiquée et un maquillage de dingue déjà en place sur mes cheveux brillants de santé et mon visage frais et reposé, comme toutes les blogueuses du monde, bien entendu, mais en vrai, hum… non.)

J’ai recopié le patron durant la sieste du marmot, un dimanche après-midi, commencé la coupe du tissu dans la foulée, et terminé avec lui – vous commencez à connaître ma routine couture! Il adore m’observer, veut absolument m’imiter, qu’il s’agisse du ménage, de la cuisine, et des loisirs! Alors je lui confie des chutes, et, avec ses petits ciseaux (qui ne coupent rien du tout, heureusement, sinon Nounours aurait déjà été scalpé et le plaid du canapé artistiquement lacéré…), il s’occupe sagement pendant que je termine. Après le goûter, il a joué avec son papa jusqu’à l’heure du bain : je n’ai pas demandé mon reste et me suis éclipsée dans notre chambre pour commencer la couture… Le marmot étant dans une période où son Papa est son héros absolu, dès lors que Monsieur est dans les parages, je n’existe plus, et je savoure pleinement ces moments de relative tranquillité!

J’avais donc bien avancé lorsque j’ai entamé ma semaine, et j’ai terminé par petites étapes, les soirs où j’avais suffisamment d’énergie. Dans l’ensemble, j’ai cousu cette tunique avec beaucoup de plaisir et de fluidité. J’apprends à coudre par intermittences, moi qui avais jadis besoin de trois heures minimum devant moi pour réussir à entamer quelque chose : nécessité fait loi, comme on dit! J’ai compris au bout de presque deux ans que si je voulais renouer avec la couture, il allait falloir que je revoie à la baisse mes besoin temporels pour cette activité!

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Et finalement, j’y trouve mon compte sans trop de problème : j’arrive désormais à coudre le soir, seulement je m’arrête dès que j’ai terminé une étape, ou dès que je pressens que je vais avoir des difficultés, préférant mettre davantage de temps à tout terminer plutôt que d’avoir à défaire le lendemain. Je laisse mûrir pendant la journée du lendemain, et lorsque je m’y remets, j’ai les idées claires et je visualise comment procéder.

Pour en revenir à cette petite blouse, je pourrais conclure en disant que, si la couture en a été très agréable et fluide, le résultat n’est pas tout à fait à la hauteur du plaisir que j’ai pris à la réaliser. L’ampleur me laisse assez dubitative, même si c’est ce genre de forme que je souhaitais, et j’ai du mal à assumer le tissu, malgré son côté bonne mine très appréciable. Peut-être est-ce seulement que cette forme ne correspond pas à ma physionomie trop osseuse? Et que le tissu aurait été davantage mis en valeur par petites touches sur un uni? Qu’en pensez-vous?

(Vous pouvez en voir une autre version chez la fabuleuse Christine, juste ici!)