Un petit tour de mon « atelier »!

Au départ, j’avais prévu de vous faire un article simple et court sur mon dernier petit meuble trouvé chez Emmaüs et repeint avec amour. Mais, vous commencez à me connaître, « simple et court » n’est pas Mathilde… Me laissant comme toujours emporter par mon bavardage, je me suis dit que, finalement, cet article pourrait être un bon prétexte pour vous donner un premier aperçu de mon nouveau coin couture! Les photos sont moches et pas assez détaillées, mais comme d’habitude, tout est dans le texte!

(J’ai dû décaler tous les meubles, y compris l’armoire, pour caser le petit chiffonnier : ça a été un super prétexte pour tout ranger, mais habituellement, ce n’est pas du tout aussi clean!)

Depuis quelques mois, je m’aménage un petit coin bureau-atelier dans notre chambre à coucher. Il s’agit d’un bien modeste projet, mais avoir un coin à moi pour coudre, écrire ou bricoler, sans avoir à tout remballer une fois la session couture terminée, me plaît énormément. Je n’ai pas beaucoup de temps pour m’y installer, mais parfois, lorsque je me sens submergée par le quotidien, le simple fait d’imaginer que, le soir, je pourrais m’asseoir à mon petit bureau, SEULE, dans mon petit univers, pour tricoter quelques rangs en écoutant une musique douce, suffit à m’apaiser. Même si, souvent, le soir venu, je n’ai plus la moindre énergie et je finis la journée non pas en cousant lors d’une session débordante de créativité, mais plutôt en piquant du nez sur mon bouquin, échouée dans mon lit.

Pour cet espace, j’ai opté pour un petit budget, et un investissement en temps minimum. Je tenais aussi à ce que ce petit coin me ressemble, et donc, malgré la praticité des meubles du commerce, je n’avais pas vraiment envie de me ruer chez Ikéa… Le résultat commence à prendre forme, et, même si je sais que j’aurais sans doute eu un espace bien plus fonctionnel si j’avais opté pour des meubles en kit, je suis heureuse d’être entourée de petits meubles uniques et qui ont tous une histoire à laquelle je suis sensible.

Le point de départ, évidemment, a été la table elle-même. Je voulais quelque chose de facilement escamotable, au cas où l’emplacement de mon bureau ne convienne finalement pas à notre organisation familiale. La table sur tréteaux me semblait donc être la meilleure option. Pour le plan de travail, j’ai fait couper une planche de bois aux dimensions que je souhaitais dans un petit magasin de découpe de bois de mon quartier. J’ai demandé au menuisier de me faire un petit arrondi à l’angle libre, pour éviter que les enfants ne s’y cognent, et aussi parce que je trouvais ça plus doux. J’ai peint le plateau au rouleau avec un reste de peinture blanche, et l’ai posé sur des tréteaux. Je cherchais des tréteaux bon marché, en bois clair, avec un pied simple à l’avant pour gagner de la place au niveau des jambes – je les ai trouvé chez Leroy Merlin, c’est ce modèle. Ils ne sont donc pas repliables, mais facilement démontables.

Sur la table, contre l’armoire, j’ai posé une petite caisse à vin, peinte en blanc elle aussi, pour qu’elle me serve de casier, et dans laquelle je range mes agendas, carnets divers et autres paperasses. Dessous se trouve  la jolie travailleuse qu’une de mes amies chères, Annabelle, elle aussi couturière, m’a offerte (et chaque fois que je l’ouvre, je pense à mon amie qui l’a chinée exprès pour moi, l’a trimballée seule dans le train puis dans le métro, pour l’amener jusqu’à moi, et je me dis que ce meuble est une des plus jolies preuves d’amitié qu’on m’ait jamais offerte!). J’ai mis des patins sous les pieds pour éviter d’endommager le parquet, car dès que je m’installe, je la tire en avant pour pouvoir la déplier. C’est un petit meuble vraiment pratique. Je compte bien la poncer et la peindre ou la vernir un jour, mais jusque là ce n’était pas ma priorité!

Entre la travailleuse et le plan de travail, je glisse une boîte en bois chinée et rénovée par mes parents dans laquelle je range mon matériel de couture, et une autre en fer avec de jolis motifs, que j’avais achetée en brocante il y a plusieurs années, et dans laquelle sont rangées mes bobines. Mon siège est un petit tabouret de cireur trouvé chez Emmaüs : une sorte de petit coffre se cache sous l’assise, ce qui est très appréciable lorsqu’on a peu de place! Il n’a pas de dossier donc est un peu moins confortable qu’une chaise, mais de cette manière, je peux le glisser sous la table de façon à laisser totalement dégagé l’espace entre mon atelier et notre lit, ce qui libère le passage (et visuellement je trouve ça plus sobre qu’un dossier de chaise, aussi).

J’ai au départ eu beaucoup de mal à investir cet endroit, et je me suis rapidement rendu compte que c’était en grande partie car il me manquait un éclairage de bonne qualité. Notre chambre est sur la cour et elle n’est pas très lumineuse – ça lui donne un coté « cocon » que j’aime assez, mais pour coudre, c’était un vrai problème. Pour mon anniversaire, mes parents m’ont proposé de m’offrir une lampe à led, et depuis que je l’ai, ça a absolument tout changé. Pour celles que ça intéresse, il s’agit de ce modèle. J’ai pris celle à poser mais elle existe aussi à pince. Le double éclairage est un gros plus, ça élargit considérablement la surface à éclairer, pour un encombrement minimum.

Je pensais que cet aménagement me suffirait, mais, au bout de quelques semaines, je me suis rendu compte que je manquais encore de quelques rangements. Il me fallait, de façon évidente, un caisson à tiroirs. Au départ, je pensais en acheter un dans le commerce, que j’aurais logé sous le bureau, mais cette solution ne me convainquais qu’à moitié. D’une part parce que l’espace sous mon bureau est déjà restreint et que mes jambes trouvent juste la place pour s’y loger, et d’autre part parce que tout ce que je voyais était moche.

Durant les vacances de Noël, je suis passée à l’Emmaüs du département de mes parents, et je suis tombée nez à nez avec ce petit chiffonnier.

J’ai tout de suite aimé ses jolis boutons de tiroirs et ses fleurs, et ses dimensions me semblaient impeccables. Par chance, nous étions cette fois venus à Nancy en voiture, le petit meuble a donc pu être ramené à Paris. Je l’ai nettoyé, poncé, j’ai décollé l’affreux vénilia qui tapissait ses tiroirs, et je l’ai repeint et ai nettoyé ses poignées. La peinture est une « crème de couleur », c’est la première fois que je peignais avec ce type de peinture, et je ne suis pas sûre de renouveler : la peinture est très épaisse et sèche hyper rapidement. Quand on peint en appartement, qu’on a peu d’espace pour stocker un meuble en cours de séchage, et qu’on a que le temps des siestes du bambin pour peindre, ça a un côté pratique, mais concernant l’application, la texture épaisse n’est pas du tout agréable. Malgré tout, je suis assez contente du résultat, je trouve que la teinte de la peinture met bien en valeur les fleurs sculptées (même si elle met aussi en valeur les défauts du meuble : les jours entre les tiroirs, la fissure sur le plateau, quelques trous de clous…).

(peinture « crème de couleur » de Dulux Valentine, coloris « marron glacé »)

Une fois le chiffonnier sec, j’ai pu l’installer à côté de ma table, et y caser tout mon bazar!

Cette fois, j’ai l’impression d’avoir réussi à trouver une bonne organisation de mon atelier : même si c’est restreint, j’ai suffisamment de rangements, et je m’y plais beaucoup… Certes, cette enfilade de petits meubles désassortis n’a rien de l’image parfaite des intérieurs scandinaves épurés à la mode, mais ces couleurs douces, le bois, les fleurs du meuble à tiroir, et la petite histoire de chaque objet me donnent vraiment l’impression d’être dans ma bulle! J’aimerais réussir à faire de même avec tout le reste de l’appartement (mais il y a un sacré boulot!!)…

Il me reste encore plusieurs choses à faire pour être totalement satisfaite de cet espace : repeindre le tabouret et coudre un coussin aux bonnes dimensions pour l’assise, encadrer mes gravures et images préférées pour les mettre en valeur et les afficher sur le mur, repeindre une jolie étagère qui dort à la cave pour y poser quelques petites babioles et deux-trois plantes vertes, poncer et vernir (ou repeindre) la travailleuse, etc, etc. Mais c’est un peu le propre des endroits qu’on aime, ils sont tellement vivants qu’ils ne sont jamais définitivement terminés, non?…

Alors, la suite au prochain épisode! En attendant, si ça vous dit, n’hésitez pas à me décrire en retour votre « atelier« . Avez-vous des astuces particulières concernant son organisation? Etes-vous plutôt hyper-équipée ou avez-vous collectionné les bouts de ficelle pour créer votre espace? Quel élément vous semble le plus indispensable? Ça m’intéresse!

Le bonnet turban

Modèle : Phildar, catalogue automne-hiver 2012/2013

Fil : Cachemire de Bergère de France

Je suis une grande adepte des couvre-chefs. En été, j’adore porter des chapeaux, petits ou plus grands. En hiver, ce sont les bandeaux et bonnets qui ont ma préférence : je ne sors jamais sans enrouler mon long cou de girafe dans une très longue et très volumineuse écharpe, ce qui fait remonter les chapeaux (et je le regrette car j’ai deux chapeaux en feutre magnifiques que je ne peux jamais porter… vous avez aussi ce problème?) mais fait très bon ménage avec les bonnets.

Même si les bandeaux donnent un côté très féminin, il faut bien avouer qu’ils ne protègent pas complètement nos petites têtes du grand froid hivernal – personnellement, je les garde plutôt pour l’automne. Comme dirait ma mémé (qui a été appuyée depuis par de nombreux scientifiques), « toute la chaleur du corps s’échappe par la tête, mets ton bonnet, Mathilde! » Comme j’écoute toujours ma mémé (enfin, sauf quand j’étais ado, je pense que sa remarque date de cette époque-là) (d’ailleurs quand j’y repense, quand j’étais ado je mettais de grands foulards types turbans autour de ma tête, décidément, j’ai beau tenter d’évoluer, je retombe toujours sur mes classiques!), j’ai décidé de me tricoter un deuxième bonnet. Parce que, depuis plusieurs années, je ne jure que par le beau Jules, que je porte quotidiennement de novembre à début mars, mais que, depuis quelques temps, j’ai envie parfois de lui faire quelques infidélités. Pour un plus léger. Moins chaud. Plus féminin. Bref, pour un bonnet un peu différent, qui ne lui ferait pas concurrence mais lui permettrait de se reposer de temps en temps.

J’avais deux modèles en ligne de mire, deux modèles phildar, tous deux dans le même style : petits, bien collés sur la tête et pas du tout « slouchy », avec une forme resserrée sur le devant, dans le style des turbans années 30-40. J’ai choisi de ne pas acheter de laine et de regarder ce que j’avais en stock : je suis plutôt raisonnable et je ne fais pas beaucoup de réserves de laine, mais il y a deux ans, j’avais fait de jolies trouvailles à la braderie Bergère de France, et je n’ai pas encore utilisé toutes mes pépites (Cette braderie vaut vraiment le coup, si vous êtes Lorraine ou passez dans la région le premier week-end de juillet, allez y faire un tour! De plus, Bar-Le-Duc est une petite ville médiévale adorable, et le week-end de la braderie a lieu en même temps que le festival Renaissances : la ville est décorée et festive, c’est vraiment sympa!) (C’était la minute « j’aime ma région »…!) . Parmi elles, ces pelotes de cachemire. J’en avais une dizaine (à deux euros la pelote, j’ai pris tout le paquet!), mais je ne savais pas quoi en faire : trop peu pour un pull pour moi, et, comme j’avais envie de les garder pour un ouvrage qui durerait longtemps, j’ai exclu de tricoter quelque chose avec pour mes marmots qui grandissent à la vitesse de la lumière (et se font des taches et des trous au même rythme…!). Pour un accessoire, ça m’a paru idéal. Coup de chance, l’échantillon de ce fil correspondait parfaitement à celui d’un des modèles repérés.

J’ai tricoté cette petite pièce avec énormément de plaisir : j’adore les points fantaisie et les torsades, la laine est très agréable à travailler, et le fait que ce soit une petite pièce m’a permis de la finir en quelques soirées, ce qui ne m’était pas arrivé depuis très, très longtemps.

Le bonnet se tricote en trois partie : le haut qui recouvre le sommet du crâne, et deux bandes qui se rejoignent derrière et devant (et sont donc froncées au niveau de la jonction devant). J’ai un peu réduit la longueur des bandes car j’ai une petite tête, et j’aurais pu encore enlever 3 bons centimètres. Et j’ai rabattu les bandes à trois aiguilles sur l’arrière au lieu de les coudre en grafting, ce qui donne une continuité parfaite entre les deux bandes de torsades.

Le rendu final me plaît énormément, j’aime vraiment beaucoup ce modèle, que je trouve très délicat et assez original. J’ai cependant deux petites réserves : le tour de tête, qui est parfait maintenant mais risque de s’élargir un peu par la suite (il n’y a pas de côtes pour assurer l’élasticité, contrairement aux bonnets classiques), et surtout, j’aurais peut-être dû me résoudre à acheter des pelotes exprès pour cet ouvrage, car je trouve la couleur un peu tristoune et trop semblable à celle du bonnet que je possède déjà.

Je crois que je vais donc récidiver et en tricoter un deuxième! (et même sans doute un troisième, car ma mère a flashé dessus et m’en a commandé un.)

Allez, une petite dernière pour finir, sans avoir retouché le cadrage…

Voilàvoilà! Contrairement à ce que je m’efforce de vous faire croire à chaque article, en vous montrant un mur blanc, un parquet en toute simplicité et une allure de donzelle maniérée, chez moi, en fait, c’est plutôt comme ça!! Et je vous prie de croire que prendre des airs éthérés de blogueuse Sainte Nitouche, après avoir couru me percher sur ce meuble en enjambant tout le bazar des enfants, dans le court laps de temps imparti par le retardateur, n’a pas été une mince affaire!! (Oui, Déborah, j’avoue, j’ai redressé le poussin exprès pour qu’il te fasse un petit clin d’oeil!)

Bon dimanche et belle semaine à toutes!

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. 2018 .

2017 a été une année entre parenthèses. J’ai l’impression de l’avoir passée entre équilibre et déséquilibre. Je cherchais un rythme, je l’ai trouvé et perdu maintes et maintes fois, au rythme de la croissance de mes enfants, des voyages de Monsieur et de mes propres états émotionnels. Dans les petits moments d’équilibre, j’ai réussi à caser pas mal de moments créatifs, tricots ou couture, mais je n’ai pas toujours pris le temps, par manque d’énergie et de motivation, de prendre en photos mes bricoles et de venir écrire ici.

En 2018, mes enfants vont continuer de grandir et d’être pots-de-colle, Monsieur voyagera tout autant, et le yoyo de mes états d’âme continuera de monter et descendre : et c’est tant mieux, car c’est tout cela qui fait ma vie, elle est en montagne russes, et c’est bien plus vivant qu’une vie bien à plat! Mais en 2018, je voudrais vraiment retrouver l’envie de venir poser ici quelques mots régulièrement, prendre le temps de mettre enfin à exécution toutes les idées d’articles que j’ai sous le coude depuis plusieurs mois, retrouver l’enthousiasme de photographier mes cousettes et tricots, et aussi, vous retrouver, vous qui me lisez depuis plusieurs années souvent, et que j’aime tellement lire en retour dans les commentaires de mes articles.

A vous toutes qui me lisez, je souhaite une très jolie année 2018, une année virevoltante, une année lumineuse, joyeuse et trépidante, mais aussi une année apaisante, douce, créative et riche de belles découvertes.

Merci à ma copine Fanny pour la photo! Les Nancéiennes reconnaîtront sans doute le sapin de l’an dernier, j’ai complètement raté ma photo ce Noël! (Sans doute la faute au vin chaud épicé de la place Vaudémont et au vertige de la grande roue place Carrière…!)

« Slushies Top », We Are Knitters

Alors que j’écris cet article, si je lève les yeux de mon clavier pour regarder par ma fenêtre, je peux voir les feuilles des arbres du square commencer à roussir. Le petit bout de Sacré-Coeur que j’aperçois, tout en haut de la Butte, caché derrière les feuillages dorés, est entouré de nuages grisonnants. Ce matin, j’ai ressorti mes bottines préférées, qui avaient passé l’été enfermées dans une boîte en haut d’un placard. Je ne rêve que de longues écharpes moelleuses, de bonnets douillets et de manteaux en tweed. Alors, avant de tourner définitivement la page de l’été et d’être totalement hors-saison, je me dépêche de vous montrer le seul tricot estival que j’ai réussi à mener à bien ces trois derniers mois.

 

La marque « We Are Knitters » m’a proposé au printemps dernier, pour la seconde fois, de tricoter un de leurs produits. Leur formule en kit n’est pas ce qui me correspond le mieux, j’en avais déjà parlé ici, mais je me suis de nouveau laissée tenter en voyant ce modèle, qui m’a tout de suite tapé dans l’oeil. Cet été, je crois que j’ai été influencée par la lecture de certains blogs de modeuses américaines, très portées sur l’association jean/couleurs neutres/matières brutes, et ce petit haut en beau coton, avec son point en losanges ajourés et sa forme toute simple, répondait vraiment à ce que j’avais envie de porter. C’est d’ailleurs exactement le même genre de coloris que ceux du précédent article… Bon, pour l’automne, j’ai envie de tout autre chose, de rouille, de marron, d’orangé, de kaki… a priori vous verrez donc autre chose la prochaine fois!

J’ai pris cette proposition comme une occasion de m’encourager à tricoter un peu pour moi, et de manière plus efficace. Ces derniers temps, je tricote davantage pour mes enfants que pour moi, et je me traîne comme une limace… L’idée de devoir un minimum rendre compte de mon « travail » m’a paru une bonne façon de me motiver et me remettre le pied à l’étrier!

Je vais être une bien piètre critique, car je n’ai pas suivi les explications, j’ai uniquement regardé le diagramme. Le tricot est très simple à partir du moment où on maîtrise les jetés, les diminutions et les augmentations. La forme est toute droite jusqu’aux emmanchures, ça monte très vite puisque c’est tricoté en aiguilles 5 (mais j’ai dû tricoter en 4,5 après échantillon) et le coton est de très belle qualité donc super agréable à tricoter. Le kit contient aussi de belles aiguilles en bois, qui ont fait une heureuse (n’est-ce pas maman?!) car je ne tricote qu’avec des aiguilles circulaires (même si je ne tricote jamais en rond, héhé, j’aime les contradictions!) (et les coutures à la main, surtout!).

(Commentaire de Monsieur en voyant cette photo : « Elle est pas mal, celle-là, on dirait un cow-boy qui attend devant son ranch! » – visiblement mes inspirations américaines m’ont influencée jusqu’aux poses prises pour les photos!)

Je trouve le rendu très joli, j’aime vraiment beaucoup la matière du fil, son aspect bien rond et régulier, mais en même temps assez naturel. J’aime aussi la forme, qui n’est pas trop lâche mais sans être trop moulante non plus, et l’encolure, qui est assez près du cou et contre-balance donc le côté sagement sexy de l’ajouré. Mon résultat est plus serré que celui présenté par le mannequin du site. Il y a donc un côté involontairement plus « sage » dans ma version, même si je pense qu’avec le temps, le tricot se distendra et deviendra plus lâche.

Je ne sais jamais trop comment porter les hauts transparents ou ajourés, mais de manière générale je trouve qu’avec du noir dessous ça passe assez bien, mieux qu’avec un truc couleur chair, qui peut troubler votre interlocuteur, trop occupé à se demander si vous êtes à poil sous votre haut pour écouter votre brillante conversation! (en tout cas, en toute honnêteté, c’est la question que moi, je me pose, quand je crois quelqu’un habillé de cette manière!) Là, je trouve le petit débardeur noir glissé dessous parfaitement adapté. Mais idéalement, j’aimerai me trouver une brassière bien couvrante, car en plein été, porter deux débardeurs superposés, eh bien, hum, ça donne chaaaaauuud!

Comme vous le voyez sur la photo prise devant mon ranch, un peu plus haut (yihaaaa!), les emmanchures sont assez basses, c’est le style du modèle, on voit donc un peu ce qu’on porte dessous (ou ce qu’on ne porte pas en-dessous…). Moi ça ne me gêne nullement, ça me donne plus d’aisance pour lancer mon lasso (yihaaaa!), mais pour les obsessionnelles du « rien qui dépasse » qui n’aiment pas les superpositions qui dégoulinent, il y a moyen d’arranger ça facilement en remontant un peu l’emmanchure.

J’ai utilisé un peu plus de deux pelotes pour tricoter la taille S et le diagramme, et je n’ai pas utilisé le reste du kit (la jolie étiquette, l’aiguille à coudre en plastique et les aiguilles en bois). J’imagine que le prix de revient de trois pelotes de beau coton est inférieur à celui d’un kit avec un joli packaging et tout le tralala, c’est pourquoi, dans mon cas, ce genre de formule ne me correspond pas vraiment… Pour être honnête, je n’achèterai jamais ce genre de produit, mais je comprends que la marque plaise, avec des modèles à la fois mode et accessibles techniquement, associés à des laines de très belle qualité.

Bon dimanche à vous! La prochaine fois que vous me lirez, ce sera l’automne, youpi!

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Jupe midi : ma version!

Patron : Burda, février 2017 – Tissu : tissus.net

Aaaaah! La voilà, la fameuse, la tant attendue, j’ai nommé… la jupe midi! Vous vous souvenez de cet article, dans lequel je vous expliquais mon nouvel amour pour cette longueur, que j’abhorrais jadis pour cause de mémérisation? Eh bien voilà finalement ma réalisation!

Bon. Je vous ai un peu arnaquées, elle n’est pas si midi que ça, ma jupe, elle est finalement plutôt dix heures… Mais c’est un début! Souvenez-vous, on part de , tout de même!! Alors une jupe sous le genou, c’est un peu un exploit pour moi!

J’ai mis un temps fou à la réaliser, pour trois raisons.

La première, c’est que j’ai beaucoup de mal à trouver du temps et de l’énergie pour coudre, mais ça, je sais bien que c’est inévitable lorsqu’on a de jeunes enfants. Je prends donc mon mal en patience.

La deuxième raison, c’est que je ne sais pas où me mettre pour coudre. Depuis que nous avons emménagé ici, il y a donc un an, je n’ai toujours pas réussi à trouver l’endroit le plus approprié. Dans notre précédent logis, je cousais dans le salon, j’avais un grand et beau bureau, plein de lumière, de la place, et le grand avantage c’est que je pouvais laisser mon premier bébé s’ébrouer en toute liberté dans le salon pendant que je cousais. Dans notre nouvel appartement, même si le salon est très (très) grand, l’agencement de l’espace ne me permet pas de mettre un bureau. Et puis aussi, j’avais du mal à assumer le bazar permanent trônant sur ma table de couture lorsque nous avions de la visite. Alors, quand nous avons déménagé, j’ai revendu le beau bureau, et je me suis installé une petite table dans notre chambre, qui est un peu plus vaste que la précédente. Hélas, je ne peux pas vraiment y coudre, car la chambre est assez sombre, et pas assez grande pour que j’y fasse une aire de jeu pour que mon bébé s’occupe durant mes sessions couture. Et ledit bébé y fait ses siestes dans le lit parapluie les jours où son frère ne va pas à la crèche (c’est à dire 4 jours sur 7), ce qui finit de m’empêcher de m’y installer. Alors bien sûr, en septembre, lorsque mon grand ira à l’école tous les après-midis, je pourrais avoir de nouveau le plein usage de ma chambre à coucher durant le temps des siestes du petit, j’investirais dans un super éclairage, et j’aurais d’ici là déniché le parfait secrétaire des années 50* qui me permettra de camoufler mon bazar en un rabat le soir afin d’avoir une chambre feng-shui pour la nuit. Mais d’ici là, j’erre comme une âme en peine dans mon grand appartement, ma machine à coudre sous un bras, ma planche à repasser sous l’autre, et je finis par m’asseoir sur mon canapé et tricoter, frustrée comme jamais de ne pas pouvoir coudre.

Enfin, la troisième raison, c’est que, alors que j’avais, je ne sais par quel miracle, trouvé le temps, l’énergie et l’endroit pour commencer cette jupe, je me suis mis à douter énormément de mon choix de patron et de mon choix de tissu. Et, je ne sais pas si vous êtes dans le même cas, mais moi, quand je commence à douter, plutôt que de me dépêcher de terminer pour pouvoir confronter mes doutes à la réalité, je préfère traînasser, repousser, mettre en suspens, bref, je fais tout pour éviter de m’y remettre. C’est vraiment ce qui s’est passé ici. La jupe est restée des semaines sur un cintre, avec seulement le devant et le dos cousus, la ceinture pendouillant lamentablement à cheval sur le cintre et les poches bâties.

C’est à ce moment-là que j’ai commencé à errer sur pinterest pour visualiser comment porter ce genre de jupe, et que j’ai pondu le fameux article. Et franchement, ça m’a bien aidée à m’y remettre. Lire tous vos commentaires avec vos idées d’associations, recevoir vos encouragements, ça m’a reboostée et j’ai enfin pu finir la jupe! Bon, après, il a fallu prendre les photos, et ça c’est encore une autre histoire…

Je vous raconte?… Allez, oui, je vous raconte!

Donc. Mercredi après-midi, je prends ma flemmardise à deux mains, je la mets de côté et je me motive pour prendre ces fichues photos. Le grand est à la crèche, le petit commence à montrer des signes de fatigue, impec. J’emmène donc le poussinet dans son dodo. Câlin, berceuse, doudou, boîte à musique, on ferme les volets mais seulement à moitié, à tout à l’heure mon poussinet, surtout repose-toi bien, fais un bon gros dodo, hein! Je retourne dans le salon, je repasse ma jupe, je repasse mon petit caraco, je m’habille joliment pour faire les photos.

Ouiiiiiin… Ouiiiiiin…..

Je retourne dans la chambre du petiot, gros câlin, longue berceuse, doudou, boîte à musique, on s’esquive sur la pointe des pieds, il a l’air calme et apaisé, croisons les doigts. Je vais dans la salle de bain. Je me pomponne un peu (bah oui, en vrai, lorsque vous me croisez dans la rue un jour de semaine, je me suis pas lavée depuis la veille, j’ai juste eu le temps de me brosser les dents et de mettre un soupçon de fard à joues et d’anti-cernes pour ne faire peur ni à Monsieur, ni à mes enfants, ni aux passants, j’ai les premières fringues qui me sont passées sous la main sur le dos, un bébé greffé en mode koala, des vieilles sandales aux pieds,  et je crie « Regarde devant toiiiiii! » de ma voix la plus poissonnière à mon aîné qui file comme l’éclair sur sa draisienne sans faire attention aux mamies à chienchien, aux djeunz à portables, pas plus qu’aux voitures ou aux motos. Autant dire que pour arriver à la créature canonissime et raffinée que vous avez sous les yeux (laissez-moi mes illusions, merci), ya un minimum de boulot). Je disais donc : je me pomponne un peu, blush, fard à paupières, mascara, rouge à lèvres. Je vais dans le salon. Je mets mes sandales à talons. J’allume l’appareil photo.

Ouiiiiiiin… Ouiiiiin… Ouinouinouiiiiiin… OUIIIIIIIIIIIN! OUINOUINOUIIIIIIIN!

OK… J’enlève mes sandales à talons, je vais dans la chambre, câlin, bisous, ah zut, j’ai du rouge à lèvres je lui en ai foutu partout, berceuse, boîte à musique, doudou, nounours, anneau de dentition, sophielagirafe, t-shirt qui sent maman, déambulations dans le couloir en  mode « maman les ptits bateaux », rien à faire, il se cramponne, il est vraiment très malheureux, mais vraiment, très, très malheureux, il commence à frotter son nez dans mon décolleté, ok, j’ai compris, dégaine le nichon maman, ton histoire de tétée du soir et de biberons le jour, c’est bien beau mais moi là tout de suite, j’ai besoin d’un gros câlin de tout petit nourrisson de rien du tout (en même temps, à 7 mois et demi, c’est encore réellement un tout petit nourrisson, non?..).

Me voilà donc en train d’enlever mon beau caraco pour ne pas le froisser puisque je viens de le repasser tout frais (p*** j’ai mis du rouge à lèvres je vais en foutre partout!), de lisser ma jupe sous les fesses de mon bébé pot-de-colle pour éviter qu’elle ne soit trop froissée pour mes fameuses photos, et de prier pour que les voisins ne soient pas chez eux puisque, évidemment, le matin même j’avais décidé d’ôter les rideaux pour les laver, et que là, comment dire, je suis un peu à moitié à poil, et que l’expression « vis-à-vis » est carrément un euphémisme concernant l’arrière de mon appart’.

Bon, après, j’ai eu trente minutes de paix royale, puisque, tel un drogué, il s’est laissé poser dans son lit, tout mou et un sourire béat aux lèvres, et j’en ai profité pour enchaîner les poses en espérant que la batterie de mon appareil photo ne me lâche pas…

Et sinon, le patron, c’est un Burda, et le tissu, c’est un cadeau de tissus.net, que j’ai depuis un an, ouioui, un an, même que j’ai un peu honte de ne pas l’avoir utilisé avant… Au départ j’avais prévu d’en faire une robe pour ma grossesse, puis j’ai accouché donc j’ai pensé en faire une tunique, puis le printemps est arrivé et je me suis dit que finalement, une jupe midi, ce serait sympa. Et avec tout ça une année avait passé, oups. On va dire que c’est parce que je suis adepte de la slow couture, hein, et que les deux mini-monstres qui vivent sont mon toit ne sont absolument pas reponsable de cette diète couturistique forcée!

Le tissu, donc. C’est un tencel, et il est parfait, bien fluide, bien frais, vraiment agréable à porter pour l’été. Pour ce qui est du patron, je vous en avais cité plusieurs dans mon article précédent, mais étant donné que j’ai une collection de Burda de presque 7 ans, j’essaie de piocher dedans plutôt que d’acheter encore de nouveaux patrons… J’ai vraiment douté du style de la jupe, de la taille aussi (naïvement j’ai direct coupé ma taille habituelle, et je peux vous dire que le premier essayage m’a bien motivée à reconquérir mes abdos!), et finalement je crois que je suis vraiment contente de ma jupe. J’apprivoise cette nouvelle longueur sans trop de difficulté, elle s’avère très pratique et finalement pas trop vieillissante. Et même, il me semble qu’elle est tout aussi jolie à plat qu’à talons – j’ai pris des photos avec les deux types de chaussures pour que vous me donniez votre avis.

La couture s’est faite sans encombre, le modèle est très simple, sauf que j’ai dû cafouiller en reportant le patron (ce qui est très étonnant, hein, je n’ai aucun élément perturbateur à la maison, pourtant?!), car les passants ne sont pas assez longs. J’ai dû les coudre à la main sur l’envers de la ceinture, ce qui fait une finition un peu moyenne, mais pour une fois j’ai décidé de me contenter de ça! Ah, et aussi, je ne sais pas ce que j’ai fichu, mais la poche de droite gondolle bizarrement, vous voyez? Je soupçonne l’avoir mal coupée, du moins pas tout à fait dans le droit-fil…

Bon, après cet article-fleuve, je vous laisse la parole afin de me donner votre avis sur cette fameuse jupe : portable? Mémérisante? D’autres idées d’associations?…

L’avis de Monsieur : Je lui demande si elle ne fait pas trop mémé. Réponse : « Ah, non, je ne trouve pas… La matière rattrape la longueur ». Ah. Ca veut dire qu’il valide, je crois?!!