Envie couture #1 : La jupe midi

Allez, un peu de légèreté pendant cet entre-deux tours qui fait peser une atmosphère assez lourde en ce moment… Aujourd’hui on parle rêveries couturistiques, vous me suivez?

A défaut d’avoir le temps de coudre, en ce moment je rêve des pièces que j’aimerais faire passer sous le pied de biche de Pfaffounette. Rêver demande nettement moins d’énergie que de coudre, et surtout, on peut le faire par petites sessions interrompues, et en faisant autre chose (en allaitant, en donnant le bain, en cuisinant, en rangeant, bref, en faisant toutes ces choses hautement épanouissantes qui ponctuent mon quotidien actuellement).

En ce moment, une des choses que j’aimerais me coudre est une pièce qui m’a longtemps fait horreur, mais sur laquelle j’ai changé d’avis récemment : la jupe longueur midi.

Adepte du court, je suis depuis quelques années (trois ans, exactement, tiens tiens…), devenue plus sage. Plus par nécessité que par goût : force est de constater qu’avec des marmots, les mini-jupes préservent difficilement la pudeur lorsqu’on s’asseoit sur le bord du bac à sable (en été notamment, en hiver, des collants bien opaques permettent de porter du ras-le-bonbon). J’ai donc commencé à me pencher sur le cas de la jupe midi, cette longueur sous le genou, qui pourrait me permettre au quotidien d’accompagner mes gamins au toboggan  sans dévoiler ma culotte.

Un autre avantage que je vois à cette longueur, en ce début de printemps, c’est qu’elle permet de commencer à exhiber les gambettes sans risquer un refroidissement immédiat, permettant cependant un début de bronzage… histoire de pas être totalement fluorescente lorsque, le mois de juillet et les grosses chaleurs venues, je n’aurais plus d’autre possibilité que de dégainer le short.

Pour donner du grain à moudre à ma rêverie, je me suis dit qu’en attendant de pouvoir passer sérieusement à l’action derrière ma machine, j’allais étudier un peu cette pièce épineuse. Parce que, oui, pour moi, la jupe midi est carrément casse-gueule, stylistiquement parlant. Je trouve qu’elle fait très rapidement mamie, ou jeune fille du couvent des oiseaux. L’un et l’autre ont un certain charme, certes, mais je vous avoue que je préfèrerais réussir à la porter avec une allure plus… moderne. Et avec ce que je porte habituellement, j’ai bien peur que cette longueur ne me mémérise. Avec des ballerines, par exemple. Ou avec un gilet. Bref, si ce modèle me semble très séduisant par son aspect pratique, je tâtonne un peu pour ce qui est de la façon de le porter. J’ai donc cherché sur Pinterest des exemples de jupes midi, portées de façon chic et moderne.

J’ai donc regardé les petits détails qui me plaisent et qui permettent à cette longueur de passer de « classique et vieillissant » à « mode et stylé ». Voilà en vrac les points que j’ai retenus, les choses que j’aime pour ce type de jupe :

  • la longueur juste sous le genou, pas plus bas
  • les versions froncées davantage que les versions plissées
  • le boutonnage central, qui donne un côté rétro très sympa
  • tout comme la présence de poches
  • les jupes ceinturées par une ceinture en cuir
  • les versions avec imprimés moyens (petits, ça fait mémère, gros c’est trop pointu et osé pour moi)
  • ou des unis assez neutres : bleu marine, vert kaki, moutarde, bleu clair, ou bordeaux.

Et puis, pour compléter cette étude fort sérieuse et absolument capitale, j’ai aussi tenté de trouver des idées d’associations judicieuses. J’aime donc lorsque la jupe midi est associée à :

  • un petit pull écru torsadé (poeut-être le prochain sujet d’un article identique!)
  • des chaussures à talon, pour élancer un peu la silhouette, mais ça, c’est exclu pour moi au quotidien (je porte mon bébé en porte-bébé 99% du temps, alors je préfère être bien stable, et, étant déjà assez grande, si je me rehausse encore avec des talons, mon aîné n’arrivera plus à atteindre ma main pendant nos sorties!)
  • ou a contrario, des sandales styles spartiates ou des sabots
  • une marinière ou un marcel rayé
  • un haut féminin, soit un peu ample mais décolleté, soit près du corps, ou carrément un haut vintage pour renforcer le côté rétro du modèle

Pour finir, j’ai fait un petit tour parmi les marques de patrons, et j’y ai trouvé pas mal de propositions intéressantes :

  • Annette de RDC
  • Ella de RDC
  • Brumby de Megan Nielson
  • BB de Delphine et Morissette
  • Seneca de Colette Pattern
  • et un certain nombre de versions chez l’ami Burda.

Pour ma part, c’est évidemment chez ce dernier que j’ai pioché un patron, car vu ma collection je n’avais pas l’intention d’en acheter un… ce qui est peut-être une erreur. J’ai effectivement coupé et commencé à monter une jupe, mais je ne suis pas sûre du tout que mon association tissu/patron soit judicieuse. Et lorsque je doute, j’ai tendance à laisser traîner les choses… J’espère cependant réussir à me motiver pour la finir, afin de pouvoir la porter lorsque les températures le permettront. Vous me donnerez alors votre verdict!

De votre côté, est-ce que vous portez cette longueur de jupe? Et avec quoi?  Ou au contraire, vous faites partie de la catégorie des réfractaires à la jupe midi, comme je l’étais auparavant?

Bon dimanche à toutes!

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Burda avril 2017

A l’heure où « la blogo couture » ne jure que par les patrons indépendants, et où chaque jour voit fleurir une nouvelle marque proposant de sublimes visuels plus alléchants les uns que les autres, et des instructions toujours plus illustrées,  je reste, moi, fidèle à ce bon vieux Burda, avec qui j’ai fait mes premiers pas en couture et qui ne me déçoit jamais. Alors, certes, parfois, les choix de tissus sont… audacieux, et les explications… ténébreuses, mais avec un peu d’entraînement, on réussi à imaginer les choses à sa propre sauce et à parler couramment le germano-couture. Je suis donc peut-être has-been, pas du tout dans le coup et à côté de la plaque, mais ça m’est bien égal, BURDAAAAAA, je t’AAAAAAIIIIIME!

Allons, un peu de sérieux. Voilà ce que j’ai repéré dans le dernier numéro :

1 – Le coup de coeur du mois : pas sûre du tout de me la coudre, cette petite robe salopette, parce que j’ai bien peur d’avoir passé l’âge (32 ans… deux enfants… on peut encore porter des mini-robes salopettes dans une telle situation, d’après vous?), mais je la trouve très mignonnette.

2 – le revenant du mois : ça fait à peu près deux ans que chaque numéro de Burda nous propose un bomber (vous verrez un peu plus loin comment j’ai élargi de façon spectaculaire mon vocabulaire mode. je ne parle plus maintenant de « blouson », mais de « bomber ». Eh ouais.). Malgré tout, celui-ci, je l’aime bien, en grande partie à cause de son double boutonnage, que je trouve très mignon et un peu plus chic qu’un zip. Et puis, la version rayée du magazine est vraiment réussie, je trouve.

3 – Le doute du mois : oui, vous savez, le truc qui a l’air sympa sur le mannequin, mais quand on le regarde de plus près, on sait plus trop… Bah ce mois-ci, pour moi, c’est ce petit haut. Je l’imagine bien pratique au quotidien, parce que pas trop décolleté, assez confortable, et potentiellement très féminin dans une jolie matière fluide. Mais je n’ignore pas son potentiel patatisant. Donc, je doute.

4 – Le petit basique du mois : il a l’air de rien, vu comme ça. Un bête petit marcel. Mais en fait, le devant vient se superposer au dos sur le côté, et avec un joli biais pour rehausser tout ça, c’est vraiment une jolie idée (je ne suis pas sûre que vous ayez compris mon explication… En regardant les images du lien en début d’article, vous allez tomber dessus et mieux visualiser!). Deux pièces à recopier, très peu de tissu à couper, et mille possibilités en changeant l’imprimé et le biais. Celui-ci, je le garde en tête très sérieusement!

5 – Le nostalgique du mois : j’avais déjà évoqué ici mon époque lycéenne, longues jupes bohèmes héritées de ma maman, fleurs dans les cheveux et Joan Baez dans les oreilles (ou Janis Joplin, quand j’étais d’humeur plus rock et moins folk). Eh bien ce jupon-là, j’aurais rêvé de l’avoir dans ma garde-robe. Et contrairement à la micro-salopette n°1, malgré mes 32 ans, mes deux enfants et la grosse décennie qui me sépare de mes années lycées, je me vois très bien le porter cet été!

6 – Le sexygirl du mois : ça, c’est le patron pour plaire à Môsieur. Moulant. Décolleté. Avec la ptite ouverture coquinemaistoutdemêmepastrop dans le dos. Et à moi aussi, ça plaît bien, en fait. En jersey uni, ça peut faire assez classe, et en jersey rayé, ça peut faire très casual (allez, j’avoue tout, depuis que je suis « mère au foyer » il m’arrive, très, très, très occasionnellement, de regarder « les reines du shopping », en replay avec un tricot durant les siestes*. Vraiment, très occasionnellement, hein, j’insiste. Et je le fais uniquement pour que vous, lectrices, puissiez mieux comprendre de quoi je parle lorsque je désigne un patron. Casual. Oversize. Preppy. Bomber. J’ai l’esprit de sacrifice, que voules-vous…).

7 – Le défi du mois : la petite robe toute simple, mais avec une jolie fantaisie à l’encolure. Défi pas forcément technique, mais plutôt temporel. Retourner des mètres de boyaux de tissu tout fins, ça me tente moyennement, mais le résultat obtenu est, je trouve carrément ravissant.

A côté de ça, j’ai repéré une très jolie marinière et un short tout simple pour mon grand fiston. Pour une fois que les patrons enfants ne sont pas exclusivement destinés aux filles, ça vaut la peine de le noter!!

Et voilà mes petits fantasmes couturistiques du mois… Le numéro précédent m’avait déjà beaucoup enthousiasmée, j’attends donc le prochain avec impatience! Je ne l’ai pas acheté durant plusieurs mois l’an dernier, mais ces derniers numéros me font penser qu’on est reparti pour une belle période burdaesque! On se retrouve le mois prochain pour en parler?

 

 

*Et oui, avant d’avoir des enfants, je lisais Colette et Simone de Beauvoir. Maintenant je regarde « Les reines du Shopping ». Je sais. C’est désastreux. Rassurez-moi, je ne suis pas la seule à avoir perdu la moitié de mes neurones à chaque accouchement?? (et comme j’ai deux minots, je vous laisse faire le calcul du nombre de neurones restants…)

Bergère de France 2016-2017

 

Comme promis, me voilà de retour, avec un article écrit depuis plusieurs mois et que je parviens enfin à finaliser et publier!

Suite à mon article concernant mon modeste headband, j’ai été contactée, pour la deuxième fois, par Bergère de France, qui m’a fait parvenir un beau colis pour me faire re-découvrir la marque et ses nouveautés.

Je vous avais déjà expliqué mon attachement à cette marque (qui est majoritairement produite en Lorraine, je vous le rappelle!). Cependant, avant d’avoir l’occasion de la voir de plus près, je n’avais pas vraiment exploré son offre, assez peu tentée par l’image classico-vieillotte qu’elle m’évoquait (BDF, pour moi, c’était les catalogues d’échantillons posés sur le meuble de ma grand’mère à côté de la TV : une précieuse madeleine de Proust, donc, mais pas l’image la plus sexy d’une marque de laine!).
Suite aux deux partenariats que j’ai eu la chance d’avoir avec BDF, j’ai un peu revu mon jugement. Même si je regrette toujours une offre de modèles pas assez moderne (notamment leur présentation sur les catalogues), j’ai découvert avec plaisir des laines de qualité, dont certaines sont déjà devenues mes favorites (Lima, par exemple, dont je vous ai déjà parlé plusieurs fois). La proximité d’un magasin dans mon quartier joue aussi beaucoup, j’avoue! Comme j’ai besoin de toucher les laines et d’admirer leurs coloris réels avant de me décider, j’ai du mal à commander par internet. Les marques avec un vrai magasin à proximité ont davantage de chances de m’attirer…

J’ai donc été toute excitée cette fois encore de recevoir ce généreux colis. Voilà un petit retour (pardon pour les photos très moches, mais si j’attends d’avoir le temps d’en reprendre, je finirai par ne jamais publier cet article):

– le catalogue Créations 2016-2017 : c’est le catalogue qui présente les modèles en gros plan, et surtout, c’est dans ce gros volume que l’on peut toucher les échantillons de fils et admirer les coloris en vrai. Les modèles proposés, à première vue, ne m’ont pas franchement enthousiasmée. Mais, en m’y penchant plus sérieusement, j’ai finalement compris que BDF est un peu comme Burda : il faut faire totalement abstraction de la présentation et des photos, réussir à extraire, en quelque sorte, le « dessin technique » du modèle, pour y découvrir le vrai potentiel des modèles… J’ai donc repéré plusieurs jolies choses qui mériteraient tout à fait de figurer dans ma penderie – avec quelques modifications parfois, certes! C’est vraiment dommage que le stylisme ne soir pas davantage modernisé, car les modèles proposent très souvent de magnifiques points et des constructions très intéressantes. Enfin, les échantillons de fils présentés dans le catalogue sont vraiment LE gros plus de la marque : j’avoue, je ne me lasse pas de les regarder, de les toucher, et avec ce catalogue entre les mains, me viennent plein d’idées de pulls et gilets que je pourrais inventer moi-même, moi qui suis d’habitude plutôt frileuse lorsqu’il s’agit de sortir des sentiers battus. De plus, pour celles qui comme moi ont besoin de voir et toucher pour se décider, mais n’ont pas de magasin proche de chez elles, c’est un gros avantage.

– Le cahier d’explications : c’est une des particularités de BDF. D’une part, on a donc le catalogue précédent, contenant des photos en grande taille des modèles et les échantillons, et d’autre part, on a un catalogue avec les explications. Ce dernier est super bien fait, très attrayant, avec une présentation cette fois hyper moderne et ludique. Pour avoir déjà tricoté du BDF, je sais que les explications sont claires et précises. La présentation en couleur rend la lecture hyper agréable (une couleur par tailles), et j’apprécie énormément le fait que des photos différentes du catalogue y soient présentées: on peut donc voir un même modèle sous plusieurs angles, et en avoir une meilleure idée. Les différents clichés des modèles sont d’ailleurs aussi présentés sur le site internet. Et franchement, c’est bien mieux que de n’avoir qu’une seule image, parfois trompeuse, d’un pull ou d’un gilet, même si la photo est magnifique!

– Le magazine « le Wooling » : j’étais très curieuse de feuilleter ces magazines, que j’avais déjà croisé en kiosque sans avoir l’occasion de les regarder en détail. Ils remplacent les anciens numéros thématiques (« Enfant », « Irlandais », etc). La présentation est moderne, les articles variés, les modèles assez sympa et souvent plus « jeunes » que ceux du catalogue « créations ». Cependant, même si c’est agréable de feuilleter un magazine consacré au tricot, avec des rubriques sympa et originales, je préférais tout de même l’ancien système, avec les magazines thématiques, qui permettaient d’en avoir pour son argent… Là, les modèles sont perdus au milieu d’articles certes sympas mais pas non plus exceptionnels, et comme les modèles femme, homme et enfant sont mélangés, je suis beaucoup moins tentée. Mais j’imagine que cette nouvelle présentation en satisfait certaines, peut-être en faites-vous partie? De mon côté, je reste assez dubitative quant à ces magazines.

– Une dizaine de pelotes de Filomèche coloris pépite : j’en ai tricoté deux pour faire un petit béguin tout simple à mon grand, qui voulait un bonnet à pompon cet hiver (le snood et le pompon sont réalisés avec la qualité Toison). C’est un fil mèche, comme son nom l’indique, assez gros, qui se tricote avec du 6,5 et contient quasiment pour moitié de la laine. J’ai adoré tricoter le petit béguin avec ce fil, qui monte vite, est doux et chaud, et met bien en valeur les points très simples. Par contre,mon fiston ayant porté son béguin tout l’hiver, j’ai vu se former des peluches au fur et à mesure. Je suis donc un peu déçue par la qualité de la laine.

 

En fait, j’ai l’impression que la marque a un positionnement assez ambivalent. D’un côté, elle voudrait attirer de nouvelles clientes, et surfer sur le côté mode du tricot actuellement, mais tout en gardant sa clientèle « historique ». Les changements sont donc frileux, et pas forcément concluants, et l’image globale de la marque reste un peu poussiéreuse… Pourtant, c’est une belle marque, avec de très belles laines, et la production lorraine, euh, pardon, française, est un atout non négligeable (même si j’imagine que tout n’est pas produit en France de A à Z…).

Malgré mes quelques réserves, c’est une marque que je tricote de plus en plus souvent, et je vous en reparlerai bientôt, car je suis en train de faire un petit pull pour mon « grand » garçon (en Ecoton, pour le printemps!). A suivre, donc!

La lumière au bout du tunnel!

Ouh là… Il commence à prendre la poussière, ce blog! A sentir le renfermé! Allez, en ce début de printemps, on ouvre grand les fenêtres, on aère, on renouvelle, on s’y remet gaiment!

J’ai de bonnes excuses pour avoir été absente si longtemps : quelques mois un peu compliqués à gérer avec mon tout-petit, le quotidien intense d’une maman au foyer avec deux enfants en bas âge (toute mon admiration à celles qui en ont davantage… A celles qui ont repris le boulot direct après le congé mat’… A celles dont les petits sont malades… Je sais ma chance, et je sais à quel point ce qui me paraît parfois compliqué est finalement très simple), le manque cruel de temps pour moi, et puis, aussi, très prosaïquement, le renouvellement de tout le système de notre ordinateur familial, qui m’a fait perdre tous mes repères! J’ai essayé plusieurs fois de publier des articles, mais l’application que j’utilisais jadis pour les photos a été remplacée par quelque chose de soi-disant plus performant et intuitif (dixit Monsieur, qui surestime mes capacités en matière d’informatique), et j’ai perdu chaque fois tout le temps passé sur l’ordinateur à essayer de m’y retrouver. Et juste au moment où enfin j’allais pouvoir écrire, le poussin se mettait à chouiner ou le marmot à réclamer qu’on l’aide pour construire un aéroport en duplo (avec tour de contrôle, s’il vous plaît!).

Mais depuis quelques temps, j’ai envie de sortir de ce « 100% maman », et de m’en donner les moyens. La fusion avec mon tout-petit, c’était fantastique, mais je le vois doucement grandir et je sais que, pour nous deux, il est nécessaire que je trouve mon épanouissement en partie ailleurs que dans le maternage – enfin, pour être franche, c’est surtout de mon côté à moi que souffle ce petit vent d’indépendance! Mon petit de 5 mois, lui, fait un peu de résistance! (« Les biberons? Est-ce bien indispensable, maman, franchement? Dormir toute la nuit? Ailleurs que dans tes bras? je n’en vois pas du tout l’intérêt! ») Et puis, comme à chaque printemps, je suis pleine d’allant, j’ai mille envie de couture, mille idées d’articles (pas forcément orientés couture, d’ailleurs), et comme mon poussin commence, malgré tout, à avoir un rythme un peu régulier en journée, j’ai bon espoir de trouver de temps en temps des moments pour mener à bien mes modestes projets personnels. J’espère ne pas me tromper…

Alors, les articles seront peut-être encore assez irréguliers, les photos plutôt moches et les fautes de frappe nombreuses (bicoze le manque de sommeil et la difficulté à avoir 10 minutes d’affilée pour moi) mais voilà, j’ai envie de revenir ici, et de renouer avec celles qui passent encore de temps en temps par là! Et l’envie, c’est le plus puissant des moteurs! J’espère que vous allez bien, vous qui me lisez, peut-être avec un bébé dans les bras ou un enfant de trois ans qui boude sa sieste dans les pattes, et que le printemps, à vous aussi, donne des envies d’épanouissement personnel et d’indépendance manuelle!

A très vite!

 

(La photo date de cet automne, juste après la naissance du poussin. C’est quasiment la seule que j’ai pour l’instant de moi avec mes deux enfants! Même si on ne voit guère le poussinet, que mon grand ne voulait pas rester sur la photo, et qu’elle n’est pas du tout de saison, je l’aime énormément. C’était une de mes premières sorties avec tous les deux, c’est ma maman qui nous accompagnait, et je me souviendrai toujours du sentiment que j’éprouvais : j’étais fatiguée, encore submergée par les émotions intenses de l’accouchement et du séjour à la mat’, pleine d’interrogations quant à cette nouvelle vie à quatre, et en même temps, j’avais l’impression d’être enfin vraiment à ma place.)

Repose-toi sur moi, Serge Joncour

reposetoisurmoi

« En traçant le long des grands axes, il se cale sur cette sensation dont il se gonflait avant les matchs. Quand on marche avec des crampons dans les couloirs d’un vestiaire, on fait un bruit de métal, on se sent blindé, intouchable, pleinement concentré sur soi. Mais rien n’y fait, il y a toujours un regard qui le rattrape, une sensation de détresse exotique chez une femme en boubou, un vendeur de cours des halles qui lui lance une offre, une humanité tellement perdue dans ces villes sans contour qu’un simple sourire le désole ou le bouleverse. Paris est une des plus petites capitales du monde, encerclée et ronde, quasi parfaite, mais dès lors qu’on l’agglomère avec toutes les banlieues qui la contiennent, elle devient infinie, un océan de communes à perte de vue… C’est alors qu’après une heure de marche il monte dans un des bus qui le doublaient depuis le début, là-dedans ça joue bruyamment, ça s’invective, il y a une violence dans la façon qu’ont ces mômes de se chahuter, une agressivité même pas préméditée, une envie de déflagrer que lui-même ressentait à leur âge, seulement il avait des endroits pour absorber les chocs, des sentiers de VTT, des routes désertes, des vallées à perte de vue, l’environnement ne souffrait pas de leurs crises d’adolescent. Tandis qu’ici on n’en finit pas de se gêner, les chocs on n’en finit pas de les répercuter. Debout dans ce bus il a du mal avec cette bande de scolaires qui foutent le bordel, c’est que l’espace les comprime, personne ne dit rien, y aurait que l’humour pour les désamorcer, la discussion, mais aujourd’hui il n’en a pas envie, même pas de les engueuler, pour qu’ils le prennent comme une provocation et que le ton monte, pourtant il le sait, il suffirait d’en choper un, de l’isoler du groupe, par exemple ce petit con devant lui qui fait de la barre fixe, qui se suspend et qui fout des coups de pied aux autres, sans que personne ne réagisse, ils lui tapent tous sur le système…
– T’arrête!
Ils le regardent comme s’il était fou, comme un vieux con qui joue les cow-boys, il sent que ça oscille, ils soutiennent son regard, ça en reste là.
A partir de maintenant il se raccroche à un objectif, retourner vers le fleuve, parce qu’il est complètement paumé dans cette métropole à laquelle il ne comprend rien, la Seine c’est son seul repère, l’unique faisceau de nature libre, et elle-même n’en finit pas de quitter Paris. »