« Slushies Top », We Are Knitters

Alors que j’écris cet article, si je lève les yeux de mon clavier pour regarder par ma fenêtre, je peux voir les feuilles des arbres du square commencer à roussir. Le petit bout de Sacré-Coeur que j’aperçois, tout en haut de la Butte, caché derrière les feuillages dorés, est entouré de nuages grisonnants. Ce matin, j’ai ressorti mes bottines préférées, qui avaient passé l’été enfermées dans une boîte en haut d’un placard. Je ne rêve que de longues écharpes moelleuses, de bonnets douillets et de manteaux en tweed. Alors, avant de tourner définitivement la page de l’été et d’être totalement hors-saison, je me dépêche de vous montrer le seul tricot estival que j’ai réussi à mener à bien ces trois derniers mois.

 

La marque « We Are Knitters » m’a proposé au printemps dernier, pour la seconde fois, de tricoter un de leurs produits. Leur formule en kit n’est pas ce qui me correspond le mieux, j’en avais déjà parlé ici, mais je me suis de nouveau laissée tenter en voyant ce modèle, qui m’a tout de suite tapé dans l’oeil. Cet été, je crois que j’ai été influencée par la lecture de certains blogs de modeuses américaines, très portées sur l’association jean/couleurs neutres/matières brutes, et ce petit haut en beau coton, avec son point en losanges ajourés et sa forme toute simple, répondait vraiment à ce que j’avais envie de porter. C’est d’ailleurs exactement le même genre de coloris que ceux du précédent article… Bon, pour l’automne, j’ai envie de tout autre chose, de rouille, de marron, d’orangé, de kaki… a priori vous verrez donc autre chose la prochaine fois!

J’ai pris cette proposition comme une occasion de m’encourager à tricoter un peu pour moi, et de manière plus efficace. Ces derniers temps, je tricote davantage pour mes enfants que pour moi, et je me traîne comme une limace… L’idée de devoir un minimum rendre compte de mon « travail » m’a paru une bonne façon de me motiver et me remettre le pied à l’étrier!

Je vais être une bien piètre critique, car je n’ai pas suivi les explications, j’ai uniquement regardé le diagramme. Le tricot est très simple à partir du moment où on maîtrise les jetés, les diminutions et les augmentations. La forme est toute droite jusqu’aux emmanchures, ça monte très vite puisque c’est tricoté en aiguilles 5 (mais j’ai dû tricoter en 4,5 après échantillon) et le coton est de très belle qualité donc super agréable à tricoter. Le kit contient aussi de belles aiguilles en bois, qui ont fait une heureuse (n’est-ce pas maman?!) car je ne tricote qu’avec des aiguilles circulaires (même si je ne tricote jamais en rond, héhé, j’aime les contradictions!) (et les coutures à la main, surtout!).

(Commentaire de Monsieur en voyant cette photo : « Elle est pas mal, celle-là, on dirait un cow-boy qui attend devant son ranch! » – visiblement mes inspirations américaines m’ont influencée jusqu’aux poses prises pour les photos!)

Je trouve le rendu très joli, j’aime vraiment beaucoup la matière du fil, son aspect bien rond et régulier, mais en même temps assez naturel. J’aime aussi la forme, qui n’est pas trop lâche mais sans être trop moulante non plus, et l’encolure, qui est assez près du cou et contre-balance donc le côté sagement sexy de l’ajouré. Mon résultat est plus serré que celui présenté par le mannequin du site. Il y a donc un côté involontairement plus « sage » dans ma version, même si je pense qu’avec le temps, le tricot se distendra et deviendra plus lâche.

Je ne sais jamais trop comment porter les hauts transparents ou ajourés, mais de manière générale je trouve qu’avec du noir dessous ça passe assez bien, mieux qu’avec un truc couleur chair, qui peut troubler votre interlocuteur, trop occupé à se demander si vous êtes à poil sous votre haut pour écouter votre brillante conversation! (en tout cas, en toute honnêteté, c’est la question que moi, je me pose, quand je crois quelqu’un habillé de cette manière!) Là, je trouve le petit débardeur noir glissé dessous parfaitement adapté. Mais idéalement, j’aimerai me trouver une brassière bien couvrante, car en plein été, porter deux débardeurs superposés, eh bien, hum, ça donne chaaaaauuud!

Comme vous le voyez sur la photo prise devant mon ranch, un peu plus haut (yihaaaa!), les emmanchures sont assez basses, c’est le style du modèle, on voit donc un peu ce qu’on porte dessous (ou ce qu’on ne porte pas en-dessous…). Moi ça ne me gêne nullement, ça me donne plus d’aisance pour lancer mon lasso (yihaaaa!), mais pour les obsessionnelles du « rien qui dépasse » qui n’aiment pas les superpositions qui dégoulinent, il y a moyen d’arranger ça facilement en remontant un peu l’emmanchure.

J’ai utilisé un peu plus de deux pelotes pour tricoter la taille S et le diagramme, et je n’ai pas utilisé le reste du kit (la jolie étiquette, l’aiguille à coudre en plastique et les aiguilles en bois). J’imagine que le prix de revient de trois pelotes de beau coton est inférieur à celui d’un kit avec un joli packaging et tout le tralala, c’est pourquoi, dans mon cas, ce genre de formule ne me correspond pas vraiment… Pour être honnête, je n’achèterai jamais ce genre de produit, mais je comprends que la marque plaise, avec des modèles à la fois mode et accessibles techniquement, associés à des laines de très belle qualité.

Bon dimanche à vous! La prochaine fois que vous me lirez, ce sera l’automne, youpi!

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Jupe midi : ma version!

Patron : Burda, février 2017 – Tissu : tissus.net

Aaaaah! La voilà, la fameuse, la tant attendue, j’ai nommé… la jupe midi! Vous vous souvenez de cet article, dans lequel je vous expliquais mon nouvel amour pour cette longueur, que j’abhorrais jadis pour cause de mémérisation? Eh bien voilà finalement ma réalisation!

Bon. Je vous ai un peu arnaquées, elle n’est pas si midi que ça, ma jupe, elle est finalement plutôt dix heures… Mais c’est un début! Souvenez-vous, on part de , tout de même!! Alors une jupe sous le genou, c’est un peu un exploit pour moi!

J’ai mis un temps fou à la réaliser, pour trois raisons.

La première, c’est que j’ai beaucoup de mal à trouver du temps et de l’énergie pour coudre, mais ça, je sais bien que c’est inévitable lorsqu’on a de jeunes enfants. Je prends donc mon mal en patience.

La deuxième raison, c’est que je ne sais pas où me mettre pour coudre. Depuis que nous avons emménagé ici, il y a donc un an, je n’ai toujours pas réussi à trouver l’endroit le plus approprié. Dans notre précédent logis, je cousais dans le salon, j’avais un grand et beau bureau, plein de lumière, de la place, et le grand avantage c’est que je pouvais laisser mon premier bébé s’ébrouer en toute liberté dans le salon pendant que je cousais. Dans notre nouvel appartement, même si le salon est très (très) grand, l’agencement de l’espace ne me permet pas de mettre un bureau. Et puis aussi, j’avais du mal à assumer le bazar permanent trônant sur ma table de couture lorsque nous avions de la visite. Alors, quand nous avons déménagé, j’ai revendu le beau bureau, et je me suis installé une petite table dans notre chambre, qui est un peu plus vaste que la précédente. Hélas, je ne peux pas vraiment y coudre, car la chambre est assez sombre, et pas assez grande pour que j’y fasse une aire de jeu pour que mon bébé s’occupe durant mes sessions couture. Et ledit bébé y fait ses siestes dans le lit parapluie les jours où son frère ne va pas à la crèche (c’est à dire 4 jours sur 7), ce qui finit de m’empêcher de m’y installer. Alors bien sûr, en septembre, lorsque mon grand ira à l’école tous les après-midis, je pourrais avoir de nouveau le plein usage de ma chambre à coucher durant le temps des siestes du petit, j’investirais dans un super éclairage, et j’aurais d’ici là déniché le parfait secrétaire des années 50* qui me permettra de camoufler mon bazar en un rabat le soir afin d’avoir une chambre feng-shui pour la nuit. Mais d’ici là, j’erre comme une âme en peine dans mon grand appartement, ma machine à coudre sous un bras, ma planche à repasser sous l’autre, et je finis par m’asseoir sur mon canapé et tricoter, frustrée comme jamais de ne pas pouvoir coudre.

Enfin, la troisième raison, c’est que, alors que j’avais, je ne sais par quel miracle, trouvé le temps, l’énergie et l’endroit pour commencer cette jupe, je me suis mis à douter énormément de mon choix de patron et de mon choix de tissu. Et, je ne sais pas si vous êtes dans le même cas, mais moi, quand je commence à douter, plutôt que de me dépêcher de terminer pour pouvoir confronter mes doutes à la réalité, je préfère traînasser, repousser, mettre en suspens, bref, je fais tout pour éviter de m’y remettre. C’est vraiment ce qui s’est passé ici. La jupe est restée des semaines sur un cintre, avec seulement le devant et le dos cousus, la ceinture pendouillant lamentablement à cheval sur le cintre et les poches bâties.

C’est à ce moment-là que j’ai commencé à errer sur pinterest pour visualiser comment porter ce genre de jupe, et que j’ai pondu le fameux article. Et franchement, ça m’a bien aidée à m’y remettre. Lire tous vos commentaires avec vos idées d’associations, recevoir vos encouragements, ça m’a reboostée et j’ai enfin pu finir la jupe! Bon, après, il a fallu prendre les photos, et ça c’est encore une autre histoire…

Je vous raconte?… Allez, oui, je vous raconte!

Donc. Mercredi après-midi, je prends ma flemmardise à deux mains, je la mets de côté et je me motive pour prendre ces fichues photos. Le grand est à la crèche, le petit commence à montrer des signes de fatigue, impec. J’emmène donc le poussinet dans son dodo. Câlin, berceuse, doudou, boîte à musique, on ferme les volets mais seulement à moitié, à tout à l’heure mon poussinet, surtout repose-toi bien, fais un bon gros dodo, hein! Je retourne dans le salon, je repasse ma jupe, je repasse mon petit caraco, je m’habille joliment pour faire les photos.

Ouiiiiiin… Ouiiiiiin…..

Je retourne dans la chambre du petiot, gros câlin, longue berceuse, doudou, boîte à musique, on s’esquive sur la pointe des pieds, il a l’air calme et apaisé, croisons les doigts. Je vais dans la salle de bain. Je me pomponne un peu (bah oui, en vrai, lorsque vous me croisez dans la rue un jour de semaine, je me suis pas lavée depuis la veille, j’ai juste eu le temps de me brosser les dents et de mettre un soupçon de fard à joues et d’anti-cernes pour ne faire peur ni à Monsieur, ni à mes enfants, ni aux passants, j’ai les premières fringues qui me sont passées sous la main sur le dos, un bébé greffé en mode koala, des vieilles sandales aux pieds,  et je crie « Regarde devant toiiiiii! » de ma voix la plus poissonnière à mon aîné qui file comme l’éclair sur sa draisienne sans faire attention aux mamies à chienchien, aux djeunz à portables, pas plus qu’aux voitures ou aux motos. Autant dire que pour arriver à la créature canonissime et raffinée que vous avez sous les yeux (laissez-moi mes illusions, merci), ya un minimum de boulot). Je disais donc : je me pomponne un peu, blush, fard à paupières, mascara, rouge à lèvres. Je vais dans le salon. Je mets mes sandales à talons. J’allume l’appareil photo.

Ouiiiiiiin… Ouiiiiin… Ouinouinouiiiiiin… OUIIIIIIIIIIIN! OUINOUINOUIIIIIIIN!

OK… J’enlève mes sandales à talons, je vais dans la chambre, câlin, bisous, ah zut, j’ai du rouge à lèvres je lui en ai foutu partout, berceuse, boîte à musique, doudou, nounours, anneau de dentition, sophielagirafe, t-shirt qui sent maman, déambulations dans le couloir en  mode « maman les ptits bateaux », rien à faire, il se cramponne, il est vraiment très malheureux, mais vraiment, très, très malheureux, il commence à frotter son nez dans mon décolleté, ok, j’ai compris, dégaine le nichon maman, ton histoire de tétée du soir et de biberons le jour, c’est bien beau mais moi là tout de suite, j’ai besoin d’un gros câlin de tout petit nourrisson de rien du tout (en même temps, à 7 mois et demi, c’est encore réellement un tout petit nourrisson, non?..).

Me voilà donc en train d’enlever mon beau caraco pour ne pas le froisser puisque je viens de le repasser tout frais (p*** j’ai mis du rouge à lèvres je vais en foutre partout!), de lisser ma jupe sous les fesses de mon bébé pot-de-colle pour éviter qu’elle ne soit trop froissée pour mes fameuses photos, et de prier pour que les voisins ne soient pas chez eux puisque, évidemment, le matin même j’avais décidé d’ôter les rideaux pour les laver, et que là, comment dire, je suis un peu à moitié à poil, et que l’expression « vis-à-vis » est carrément un euphémisme concernant l’arrière de mon appart’.

Bon, après, j’ai eu trente minutes de paix royale, puisque, tel un drogué, il s’est laissé poser dans son lit, tout mou et un sourire béat aux lèvres, et j’en ai profité pour enchaîner les poses en espérant que la batterie de mon appareil photo ne me lâche pas…

Et sinon, le patron, c’est un Burda, et le tissu, c’est un cadeau de tissus.net, que j’ai depuis un an, ouioui, un an, même que j’ai un peu honte de ne pas l’avoir utilisé avant… Au départ j’avais prévu d’en faire une robe pour ma grossesse, puis j’ai accouché donc j’ai pensé en faire une tunique, puis le printemps est arrivé et je me suis dit que finalement, une jupe midi, ce serait sympa. Et avec tout ça une année avait passé, oups. On va dire que c’est parce que je suis adepte de la slow couture, hein, et que les deux mini-monstres qui vivent sont mon toit ne sont absolument pas reponsable de cette diète couturistique forcée!

Le tissu, donc. C’est un tencel, et il est parfait, bien fluide, bien frais, vraiment agréable à porter pour l’été. Pour ce qui est du patron, je vous en avais cité plusieurs dans mon article précédent, mais étant donné que j’ai une collection de Burda de presque 7 ans, j’essaie de piocher dedans plutôt que d’acheter encore de nouveaux patrons… J’ai vraiment douté du style de la jupe, de la taille aussi (naïvement j’ai direct coupé ma taille habituelle, et je peux vous dire que le premier essayage m’a bien motivée à reconquérir mes abdos!), et finalement je crois que je suis vraiment contente de ma jupe. J’apprivoise cette nouvelle longueur sans trop de difficulté, elle s’avère très pratique et finalement pas trop vieillissante. Et même, il me semble qu’elle est tout aussi jolie à plat qu’à talons – j’ai pris des photos avec les deux types de chaussures pour que vous me donniez votre avis.

La couture s’est faite sans encombre, le modèle est très simple, sauf que j’ai dû cafouiller en reportant le patron (ce qui est très étonnant, hein, je n’ai aucun élément perturbateur à la maison, pourtant?!), car les passants ne sont pas assez longs. J’ai dû les coudre à la main sur l’envers de la ceinture, ce qui fait une finition un peu moyenne, mais pour une fois j’ai décidé de me contenter de ça! Ah, et aussi, je ne sais pas ce que j’ai fichu, mais la poche de droite gondolle bizarrement, vous voyez? Je soupçonne l’avoir mal coupée, du moins pas tout à fait dans le droit-fil…

Bon, après cet article-fleuve, je vous laisse la parole afin de me donner votre avis sur cette fameuse jupe : portable? Mémérisante? D’autres idées d’associations?…

L’avis de Monsieur : Je lui demande si elle ne fait pas trop mémé. Réponse : « Ah, non, je ne trouve pas… La matière rattrape la longueur ». Ah. Ca veut dire qu’il valide, je crois?!!

Un pull inspiration vareuse pour le marmot

Modèle : Phildar, n°17 catalogue 106 (p/e 2014) – Fil : Ecoton, Bergère de France

Ce petit pull pour mon aîné, je l’ai commencé il y a un moment. Vu le peu de temps dont je dispose en ce moment, et mon état de fatigue (entre les 2 à 4 réveils nocturnes de mon bébé, celui vers 5h du grand, et le réveil définitif de tout ce petit monde rarement après 6h30, je vous laisse imaginer la taille de mes cernes, le baromètre de mon humeur et le dynamisme de mes neurones), j’ai mis bien plus de temps que nécessaire pour le réaliser.

Je l’avais repéré dès la sortie du catalogue, son style rétro rappelant les vareuses m’avait tapé dans l’oeil, et l’association des points et des boutons en bois me plaisait beaucoup. Il était à l’origine réalisé dans un fil que j’aimais beaucoup, mais que Phildar ne fait hélas plus (le fil Laine Coton, que j’avais utilisé ici et ). J’ai cherché un équivalent de la même marque, sans succès. Je me suis donc rabattue sur un fil Bergère de France, la qualité Ecoton. Ce fil est composé en majorité d’acrylique, et de fibre recyclées. Je ne suis pas contre l’acrylique, surtout pour les pulls de mes enfants, qui doivent être costauds et passer sans problème en machine, et je sais que l’acrylique de BDF est de très bonne qualité. Lorsque j’ai vu le coloris Céladon, je n’ai pas hésité longtemps, d’autant plus que l’échantillon correspondait parfaitement. Mes photos ne rendent pas justice à la couleur du fil, qui est plus clair et plus éclatant en réalité (la photo du site est assez proche du réél).

Je n’ai pas bloqué le pull, et j’aurais dû! On voit quelques irrégularités…

J’ai pris beaucoup de plaisir à tricoter ce pull, dont le point évite la monotonie et a un très joli rendu. Le fil Ecoton est très agréable à tricoter, il n’est pas particulièrement doux mais est très frais, il me rappelle beaucoup l’ancienne qualité Cabotine de Phildar (utilisée ici), qui a changé de composition depuis, et qui était extrêmement agréable à porter durant le printemps-été.

Le modèle est très simple mais donne un rendu assez recherché. Tout est dans le point (qui n’est qu’une alternance de mailles endroits et envers, rien de sorcier) et dans les quelques rangs de godrons qui forment l’encolure. J’ai trouvé les boutons parfaits chez Mondial Tissus. La seule réserve que j’émets est que l’encolure est assez large, du coup, il faut faire attention à ce qu’on met en-dessous : avec une petite chemise, c’est assez moche, avec un col tunisien, ça peut passer, mais le mieux est un t-shirt tout simple dont la couleur s’accorde bien avec celle du pull.

La taille 3 ans n’existant pas chez Phildar, j’ai tricoté une taille 4 ans. Il est un peu grand pour le moment, mais lui ira longtemps!

Bon dimanche caniculaire à toutes!

Panière phil big

Laine : Phildar – Bouquet : Lathelize

Il y a un moment, j’ai eu la chance de recevoir une belle pelote de philbig, et les énoooormes aiguilles assorties. J’ai tourné autour un petit moment, ne sachant pas trop quoi en faire : j’aurais bien tricoté un gros plaid bien douillet, mais le prix de la pelote m’a freinée, et puis, imaginer un beau plaid crème magnifiquement étalé sur mon canapé régulièrement squatté par des grignoteurs de sablés et des slurpeurs de yahourts au chocolat m’a donné des sueurs froides. J’ai donc finalement opté pour la simplicité, et j’ai tricoté le modèle de panière toute simple qui avait été glissé avec la pelote dans le colis.

La base de la panière est crochetée aux doigts, et, si au départ j’ai eu du mal à ajuster la tension du fil, j’ai finalement réussi à avoir quelque chose de relativement régulier. J’ai ensuite monté 4-5 rangs aux aiguilles circulaires. J’en ai fait moins que ne l’indiquait le modèle, car je n’avais pas assez de fil.

C’était ma première tentative de tricot en rond : je sais que beaucoup de tricoteuses sont rebutées par les coutures de montages à faire à la main et recherchent donc des tricots à faire en rond, mais ce n’est pas mon cas. J’aime vraiment soigner les finitions des montages de mes pulls et gilets par les coutures à la main, j’y trouve autant de plaisir que de tricoter, donc je n’avais jamais eu l’occasion d’expérimenter cette technique – je sais, ça paraît dingue avec tout ce que je tricote, mais en fait je suis davantage intéressée par les matières et les points que par les techniques… J’ai été conquise, effectivement, c’est super agréable de rabattre les mailles et de n’avoir rien à faire que rentrer les fils!

Évidemment, inaugurer le tricot en rond avec un fil aussi particulier, ce n’était pas forcément l’idée du siècle. Encore une fois, le rendu est assez irrégulier, car j’ai mal géré la tension du fil… mais finalement, ça ne me gêne pas plus que ça, le petit côté rustique et fait-main assumé qu’arbore ma panière me plaît bien!

Voilà, j’ai donc une nouvelle panière déco toute mignonne pour mettre mes pelotes ou les nounours préférés des garçons, en espérant que Félicie ne se l’approprie pas!

Bon dimanche à toutes!

L’amour et les forêts, Eric Reinhardt

« Les profs, leur objectif, c’est de nous rendre conforme à la norme, mais moi je veux garder ma personnalité et mes défauts, qu’on n’y touche pas, qu’on n’essaie pas de me banaliser, ou de me faire entrer dans un moule – tout ce qui fait mon charme, c’est ça que le collège veut corriger, disait Lola quand elle était en verve. Chaque fois que Bénédicte Ombredanne entendait ce discours-là, elle bondissait. Ce sont des clichés, Lola, lui disait-elle, mais le problème c’est qu’à douze ans on ne sait pas que ce sont des clichés, on peut les prendre pour une substance vivante qui n’appartient qu’à soi, parce qu’on sent dans son être quelque chose de brûlant et d’intense, d’urgent, d’intime, qui peut sembler la manifestation de sa personnalité authentique. Mais ce n’est pas brûlant parce que c’est authentique, c’est brûlant parce que c’est nouveau, c’est urgent parce que c’est soi en train de naître et ça s’appelle l’extrême jeunesse : c’est un moment magnifique, je t’envie d’être en train de le vivre, lui disait Bénédicte Ombredanne, mais les splendeurs de cette extrême jeunesse ne sont pas une fin en soi, tu dois les vivre comme la promesse d’autres états qui viendront par la suite, mille fois plus savoureux, à condition que tu saches qui tu es, afin qu’ils puissent se déployer. Bénédicte Ombredanne regardait sa fille droit dans les yeux pour essayer de la convaincre de l’objective véracité de ses propos. Tu sais, ça prend du temps de savoir qui on est, il faut y réfléchir et dans ce but il faut apprendre à penser, oui, penser, tu m’as bien entendue, donc s’équiper des outils adéquats, acquérir une culture, exercer sa sensibilité et son intelligence. C’est à ça que ça sert, les études, figure-toi, et pas à formater les esprits, lui disait Bénédicte Ombredanne, mais ces paroles ne déclenchaient que des regards d’impatience vers la porte du salon, parfois vers le plafond, c’est-à-dire vers sa chambre, où il était flagrant qu’elle désirait se replier, pour fuir sa mère et ses sermons incessants. Alors qu’à l’inverse, vouloir se préserver dans sa pureté originelle au motif que s’y nicherait la quitessence de sa personnalité véritable – car c’est ça que tu veux dire, Lola, non? Silence. Regards échangés. Non? Oui, c’est un peu ça, si on simplifie, lui répondait sa fille de mauvaise grâce (Lola reprochait toujours à sa mère de simplifier outrageusement ses pensées, pour les disqualifier plus facilement), mais vas-y, continue, où veux-tu en venir? Bénédicte Ombredanne lui adressait un long sourire. À ceci : si tu renonces dès aujourd’hui au collège pour pouvoir garder intact cet état originel où tu crois identifier ce qui fait ta singularité, eh bien dans quelques années tu te réveilleras un matin en te découvrant prisonnière d’une situation que tu n’avais pas vue, tu découvriras un système établi là où toi tu pensais qu’il y avait un immense territoire de liberté : tu comprendras qu’à cet état de pure immédiateté correspond une place précisément répertoriée de la femme dans la société, une place immémoriale, choquante, de servitude, de soumission, tu saisiras que ce territoire de liberté est un espace d’avilissement, un moyen de t’attribuer le rôle le plus formaté qu’il soit possible de concevoir (pour le coup, Lola, on peut vraiment parler de formatage), celui de la poupée sensible et émotive, sincère et vulnérable, désarmée, obéissante. Tu m’écoutes? Tu m’écoutes, Lola? »