16 mar

Robe Rianne


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Patron : robe Rianne, La Maison Victor, janvier-février 2015 ■ Tissu : Sacrés courpons

Et voilà, comme promis même si avec beaucoup de retard (dû aux problèmes de gestion du blog dont je vous parlais précédemment), ma deuxième couture basée sur un patron « La Maison Victor ». C’est d’ailleurs dans le même numéro que celui de la veste Mona que j’ai trouvé mon bonheur – décidément un magazine que j’ai bien fait d’acheter!

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Depuis que je suis devenue maman, ou depuis que j’ai eu trente ans, bref, disons : depuis que je suis entrée dans l’Âge De La Maturité (oooouh là là ça devient sérieux!), j’ai un vrai problème avec ma garde-robe (Rhôô, on avait dit sérieux!!!).

Pour des raisons pratiques, d’une part. Le fait de passer l’intégralité  les trois quarts de mon temps avec mon petit rend un peu compliqué le port des jupes ajustées, des robes structurées, ou simplement des vêtements en matières assez fragiles. J’ai besoin d’être à l’aise dans mes fringues pour passer une journée complète sans me sentir coincée ou gênée dans mes mouvements. Je marche beaucoup – au moins 45 min par jour avec le porte-bébé (parce que j’aime arpenter et visiter mon quartier, et lui aussi!), ledit bébé est en période d’apprentissage de la marche et du maniement de la cuiller (donc la jupe courte qui remonte au-dessus des fesses lorsque je me penche pour tenir sa menotte dans le square, bofbof, tout comme la petite robe délicate qui va invariablement se prendre une giclée de purée…), bref, autant de raisons qui me poussent à adopter invariablement, chaque matin, un uniforme jean-blouse-gilet/pull, moi qui étais tant adepte de la petite robe féminine sur collants fins…

Pour des raisons de style, d’autre part. Je ne me reconnais plus forcément dans les vêtements que je portais il y a quelques temps. Les robes trop juvéniles, les jupes patineuses à taille haute, les petits boléros, je n’en ai plus vraiment envie. C’est bien dommage, car, lorsque vous regardez les archives de ce blog, ce genre de vêtements arrive tout de même en tête de liste de mes tricots et coutures… Pour autant, je ne sais absolument pas quel style de vêtement j’ai envie de porter maintenant! Bref, je me cherche.

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Cependant, malgré ce besoin de confort et l’errance stylistique dans laquelle je me trouve actuellement, je refuse de me résigner! J’ai encore envie d’être féminine, et d’avoir un style un peu personnel. Ma grande difficulté en ce moment est donc de réussir à trouver des vêtements et des patrons qui soient costauds, confortables, mais cependant féminins et correspondants aux petites histoires que j’ai dans la tête.

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Ah, je ne vous ai jamais parlé de ces petites histoires? Alooors : dans ma tête, je suis une jeune femme vivant dans une grande maison à la campagne, avec un âne dans le verger qui fait suite à mon jardin* (très important, l’âne). Je travaille quand ça me chante, mais je suis pourtant payée un salaire totalement exhorbitant (normal, non?!). J’aime m’occuper de mon immense jardin (et de mon âne, donc), organiser des activités ludiques et créatives pour mes huit enfants (qui ont cependant miraculeusement laissé mon périnée intact), je cuisine divinement les légumes de mon potager, vêtue d’un superbe tablier fleuri cousu main, et je cours les marchés aux puces le week-end pour trouver des meubles à retaper à mes moments perdus (oui, parce que bien entendu, dans ma tête, je suis teeeeellement bien organisée que j’ai des tas de moments perdus). Et, évidemment, je reste, malgré toutes ces tâches domestiques, une femme hautement désirable pour mon mari (paraît-il que dans ma tête je serai finalement mariée…), avec qui je vais au cinéma ou visiter une exposition d’art au moins deux fois par semaine (oui, dans ma tête, Monsieur est sensible à l’art et a les mêmes goûts cinématographiques que moi). C’est généralement sur cette dernière aberration que je reviens à la réalité.

Etant donné que mon quotidien se révèle être extrêmement éloigné de ce qui se passe dans ma tête (ce qui n’est peut-être pas plus mal concernant certains points… Que ferai-je d’un âne à Paris? Et, heu, huit enfants, sérieusement???!!), j’aime à imaginer que mes tenues pourraient, elles, être celles de la femme qui aurait la vie dont je rêve. Finalement, la couture est une façon assez prudente de toucher à mes fantasmes, quoi!

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(Pour celles qui auraient passé cette digression romantico-nunucho-bucolique, et qui viennent ici uniquement pour parler COUTURE, vous pouvez reprendre votre lecture)

Ainsi donc, lorsque mon regard a avisé cette petite robe Rianne, il m’a semblé qu’elle pouvait réunir plusieurs de mes envies du moment :

féminine (puisque courte et assez près du corps en bas, et avec un joli décolleté qui dévoile juste les clavicules)

costaude (puisque faite dans un bon gros tissu solide)

confortable (puisque réalisée dans un tissu extensible, et d’une forme assez large en haut)

simple et s’accordant avec tout (tissu uni, coupe hyper sobre)

- mais pouvant tout de même être un peu personnalisée (la petite touche de liberty… Ouais, je sais, c’est léger, mais bon, on fait c’qu’on peut!!)

Robe Rianne

Je n’ai donc pas trop tardé à me lancer dans sa confection, étant donné que ma première réalisation LMV m’avait enchantée par sa facilité d’exécution grâce aux explications bien détaillées.

J’ai cousu avec le même plaisir et la même facilité cette robe. Le patron se décalque super facilement (5 pièces, très peu de repères à reporter), le tissu est extensible mais tout de même très épais donc se coupe sans problème, et concernant la couture, vous pouvez imaginer qu’une coupe aussi simple ne demande aucune prise de tête!

Le point sur lequel j’ai finalement passé le plus de temps est… la pose de l’élastique à la taille (la coulisse est uniquement décorative, un élastique est cousu sur l’envers). Mon élastique était trop étroit et n’élastiquait rien du tout une fois cousu. Et défaire un élastique cousu au point élastique, c’est très très pénible. J’ai donc acheté un autre spécimen plus large et fort (dans une mignonnette petite mercerie à l’ancienne, rue Lamarck, tenue par une petite dame charmante, soit dit en passant) (d’habitude je vais chez le monsieur rue Ordener, tout aussi charmant, d’ailleurs) (oui, je sais, on s’en fiche, c’était juste pour dire que les petites merceries méritent elles aussi de survivre, même si Saint Pierre est à deux pas…) avec lequel j’ai enfin obtenu les fronces tant désirées.

J’ai tout allongé de 5 bons cm (ou même plus, je ne me souviens plus…) : le haut, parce que je voulais qu’il blouse, et le bas parce que je voulais quelque chose d’un peu plus long que le modèle d’origine (on reste tout de même dans le domaine de la minimini, faut pas déc*nner non plus!!).

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J’ai été étonnée de voir que la robe taillait vraiment bien, car mon premier essai (la veste Mona, donc) était plutôt large. Là, je suis juste comme il faut, il n’aurait pas fallu que ce soit plus étroit (notamment au niveau des manches).

J’ai fait la même finition que le modèle d’origine au niveau de la ceinture et de l’encolure : quelque chose d’assez brut, presque à cru. J’étais assez sceptique au départ, et finalement, j’aime beaucoup le rendu. C’est un peu moins classique, même si, du coup, c’est aussi moins classe. M’enfin, en même temps, une robe en jersey gris n’est pas spécialement adaptée à une soirée chez l’ambassadeur, hein, finitions proprettes ou pas!

Voilà voilà, je crois que j’ai tout dit… J’ai déjà porté la robe plusieurs fois et elle est hyper confortable, notamment grâce aux emmanchure très larges, et au tissu extensible, évidemment. Je peux littéralement me traîner à quatre pattes par terre sans me sentir gênée le moins du monde (je vous épargne les photos, ce blog étant quasiment le seul espace dans lequel je conserve un semblant de dignité)Elle a donc justifié toutes les espérances que j’avais mises en elle!

Bon, maintenant, dites-moi sérieusement : quand vous me voyez dans cette robe, vous pensez immédiatement que j’ai un âne au fond de mon jardin, non?

 

 

L’avis de Monsieur : C’est en fait Monsieur qui m’a fait prendre conscience de ma lente dérive vers l’uniforme jean-t-shirt, en me disant un jour, des trémolos dans la voix : « Il me semble que je ne t’ai pas vue une seule fois en pantalon les trois premières années de notre relation… Et maintenant c’est presque tous les jours… » Cette robe était donc aussi une façon de montrer à mon cher et tendre que je restais une fâââmme. L’objectif semble avoir été atteint, puisque Monsieur s’est exclamé, en me voyant revêtue de la Bête, qu’elle le rendait (je cite) « nerveux », car elle moulait avantageusement mes « formes de derrière » (je cite toujours – meme si, à mon grand regret, je ne trouve pas qu’il y ait grand’chose à mouler!).

 

* Pour celles qui sont du coin, ma tête à gardé en mémoire une belle maison, à Haraucourt, il me semble, dans laquelle j’avais eu l’occasion de me rendre un été lorsque j’étais monitrice de centre aéré. La maison idéale reste à jamais celle-ci… (j’ai voulu vérifier qu’elle était bien à Haraucourt, mais la googlemobile n’a visiblement pas considéré nécessaire de traverser le patelin)

(et sinon, j’ai découvert que la femme qui a la vie dont je rêve existe!!)

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13 mar

Knit tag


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Voici un petit questionnaire que m’ont récemment transmis Aline, Charlov et Léa. C’est Jaenelle qui est à l’origine de ce tag, et j’y réponds avec grand plaisir, car j’adore lire ce genre de petite interview chez les autres!

1. Combien de temps passes-tu à tricoter tous les jours?

Avant la naissance de mon fils, je tricotais partout (dans les transports, durant mes pauses au travail, en lisant, etc), ce qui devais me faire avoisiner les trois heures de tricot par jour. Depuis sa naissance, si j’arrive à tricoter trois heures dans la semaine, je considère ça comme une vraie victoire!

2. Quelle est ta laine préférée? Pourquoi?

Pour l’hiver, j’avais adoré tricoter Lima de Bergère de France. Pour le printemps et l’été, j’aime beaucoup Cabotine et Laine Coton de Phildar. Pour autant, j’avoue être surtout attentive aux modèles, plutôt qu’aux laines… J’aime les laines fantaisie autant que celles très naturelles et « brutes », c’est surtout leur rendu final qui va m’attirer!

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Veste Jeanne en Lima ■ Petit pull Perrine en Laine Coton

3. Avec quelles aiguilles tricotes-tu le plus souvent?

Avec le fantastique kit d’aiguilles circulaires en carbone, que m’a offert ma tout aussi fantastique soeur!

4. Actuellement, combien de pelotes compte ton stock de pelotes?

Ca dépend ce qu’on considère être un stock de pelotes… S’il s’agit des pelotes achetées en avance pour un projet, alors zéro. J’aime finir totalement mon tricot avant d’aller acheter la laine pour le suivant. J’adore l’excitation que j’éprouve lorsque je reviens avec mes pelotes toutes neuves, et que je peux directement entamer mon échantillon, sans avoir en tête qu’il va falloir que je termine le montage d’un autre ouvrage.

Par contre, j’ai un stock non négligeable de pelotes « en trop », celles qui me restent à la fin de mon tricot. Parfois, j’ai dépassé la date limite pour les rendre au magasin, et parfois, j’ai dû les entamer pour terminer mon tricot (souvent seulement pour quelques rangs, ce qui me fait rager!), ce qui m’empêche de les rendre. J’essaie de les utiliser pour des petits ouvrages, des accessoires, ou des petites choses pour mon bébé. Plus tard, je lui apprendrai à faire des pompons et des poupées en laine, et là, je suis certaine que je ne regretterai pas d’avoir cette centaine de pelotes dans mes paniers!

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5. Quelle(s) est (sont) ta (tes) marque(s) de laine préférée(s)? Et pourquoi?

J’adore les modèles proposés par Phildar, qui me plaisent aussi bien au niveau esthétique que pour l’expérience tricotesque qu’ils me procurent – les derniers catalogues ont été très décevants, mais je garde tout de même espoir! Par contre, les laines m’ont très souvent déçue par leur qualité (bouloches, couleurs qui passent, feutrage prématuré…).

J’ai aussi une affection particulière pour Bergère de France, qui est une entreprise basée dans ma région d’origine et dont la filature est toujours implantée à Bar Le Duc. Je déplore le manque de modernité de leurs modèles, mais leurs laines sont, par contre, de très bonne qualité. L’entreprise est actuellement en mauvaise posture, et j’espère vraiment que les choses vont s’améliorer et que la filature perdurera, avec ses valeurs, sa qualité, et surtout… ses employés. Il y a un magasin tout près de chez moi, ce qui n’a jamais été le cas jusque maintenant, alors je pense regarder leurs laines très attentivement pour mes prochains projets!

6. Plutôt aiguilles circulaires ou quatre aiguilles?

Circulaires! Même si je ne tricote quasiment jamais en rond. Contrairement à de nombreuses tricoteuses, les coutures de montage en fin de tricot ne me dérangent pas. Au contraire, je trouve généralement que les tricots ainsi obtenus sont davantage ajustés et seyants.

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7. As-tu déjà créé tes propres patrons, si oui, lesquels?

Ca me vient souvent à l’esprit lorsque j’essaie des pulls originaux en magasin. Je les prends en photo, et j’ai envie de les reproduire à ma façon, en copiant les associations de points et de couleurs, par exemple. Mais jusque maintenant, j’avais toujours réussi à trouver des modèles tout faits qui me plaisaient à 100%, donc je ne prenais pas trop la peine de m’y mettre… Ca va peut-être changer!

Pour le moment, j’ai juste bricolé un modèle de poncho, en demande d’une amie qui voulait absolument que je lui reproduise un modèle du commerce, qui n’était plus en vente.

8. Quelle méthode liée aux arts de la laine aimerais-tu apprendre?

J’aimerai crocheter d’avantage, mais j’ai souvent peur du rendu et j’hésite à me lancer. Sinon, il ne s’agit pas d’art de la laine, mais d’art du fil : la broderie. Ma mère brode très bien, et je suis vraiment admirative lorsque je vois ce qu’elle fait. Le macramé, aussi, me tente bien!

9. Quel est le pire selon toi : un fil qui se dédouble ou se rendre compte que tu as fait un erreur dans ton tricot 20 rangs plus bas?

Ahah, ça dépend! Si c’est un point de dentelle ou du jacquard, je préfère un fil qui se dédouble plutôt que de défaire mon tricot!! Mais généralement, ça ne me dérange pas trop de défaire, j’aime quand c’est vraiment impeccable. Je préfère perdre du temps à défaire et refaire, plutôt que de savoir qu’il y a une bourde quelque part… sinon je ne vois plus que ça! Alors que le fil qui se dédouble, on ne peut pas y faire grand-chose…

10. Avec quel(s) fil(s) tricotes-tu en ce moment?

Je tricote une brassière pour mon petit garçon, avec des rayures dans un camaïeu de bleu. J’ai pêché les laines dans mon stock de fin de pelotes, donc c’est un peu le carnaval! On y trouve du Phildar (partner 3,5, Laine Coton, Lambswool) et du Bergère de France (Ideal).
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11. Quelle marque de laine aimerais-tu tester?

J’aimerai continuer à approfondir ma découverte des laines Bergère de France, et tester des fils de chez Drops, dont j’entends aussi beaucoup de bien!

12. Que penses-tu du tricot?

Le tricot… C’est une activité un peu magique, qui détend, permet la méditation et engendre une création infinie. Ce qui me fascine toujours, c’est de me rendre compte que même les plus grosses pièces sont faites de toutes petites mailles tricotées une par une. Si l’une d’entre elle lâche, c’est tout le tricot qui se délite… Ca laisse pensif, non?

Et comme le veut le jeu, je transmets à mon tour ce petit questionnaire aux tricopines suivantes :

Cé Création

Clm

Hariti

Mimolette

Petits Bonheurs dans mon Atelier

Tassadit

The Banyan Tree

J’en profite pour adresser tous mes remerciements à MONSIEUR, qui a passé plusieurs soirées à régler les gros problèmes que rencontrait mon blog depuis un mois (et vu le temps dont il dispose, c’est vraiment un beau geste d’amour!!). Sachez que c’est grâce à lui que ce blog existe encore… ♥

10 commentaires Rangé dans : Tricot
3 fév

Veste Mona


Patron : veste Mona, la Maison Victor janvier-février 2015 ■ Tissu : tissus.net

Cette veste est la conjugaison de deux nouveautés pour moi : il s’agit, d’une part, d’un patron « La Maison Victor », et d’autre part, d’un tissu commandé sur internet, chose à laquelle je n’ai habituellement jamais recours.

Parlons d’abord du patron.

Depuis que le magazine « La Maison Victor » paraît en kiosque, j’ai acheté tous leurs numéros. Le premier par curiosité. J’avoue avoir été un peu déçue, et eu, de prime abord, l’impression que la forme (très jolie) primait largement sur le fond (patrons un peu simplistes). J’ai tout de même persisté, car la lecture d’un magazine de couture moderne, jeune, édité dans du beau papier, avec une belle mise en page, et des articles variés en plus des patrons, était trop plaisante pour ne pas être encouragée. Et je me félicite d’avoir continué mes achats de ce magazine, car, numéro après numéro, je suis de plus en plus charmée par les patrons.

Jusque maintenant, Burda était mon unique petit plaisir couturistique mensuel. Désormais, la Maison Victor vient lui faire sérieusement concurrence (même si, pour moi, la complexité des patrons, l’attention aux détails et le rapport quantité-prix n’ont rien à voir). Je l’achète le jour même de sa sortie (parce que ma buraliste n’en a que trois numéros), je le caresse toute la journée sans l’ouvrir, et, quand vient le soir et la tranquillité tant espérée, je me délecte de sa lecture en buvant une bonne tasse de tisane. Et pour faire durer le plaisir, je lis quasiment TOUT (même la dernière page avec la traduction des abréviations. Oui oui.). Et ensuite, j’attends désespérément la prochaine sortie.

Sauf que, jusque là, je n’avais jamais cousu un seul des patrons. Je crois que j’aimais tellement regarder ces magazines, que j’avais peur de me rendre compte que les patrons étaient nuls, les explications foireuses ou les tailles inadaptées. Sauf qu’au bout d’un moment, il a bien fallu que je me lance, histoire de désacraliser Victor et de voir ce qu’il avait vraiment dans le bide.

Eh ben, mes ami(e)s, Victor me semble avoir de bien belles entrailles!

J’ai choisi un patron simplissime pour commencer, parce qu’il est tout à fait adapté au temps dont je dispose en ce moment pour la couture.

Le petit texte introductif vantait un travail de couture réduit au minimum : il ne s’agit pas d’un mensonge, la veste peut être coupée et cousue en un après-midi (il m’en a fallu trois, par petits morceaux). Selon le tissu utilisé, il est tout à fait possible de se passer d’ourlet, et de simplifier la pose de la parementure d’encolure pour avoir un effet effiloché (impossible avec mon tissu), ce qui permet d’aller vraiment vite.

L’autre élément qui m’a permis de coudre rapidement et sans avoir à me servir du découd-vite malgré mes neurones mal branchés, ce sont les explications hyper détaillées et imagées. Franchement, quand on est habituée à Burda et ses explications microscopiques et nébuleuses, se retrouver face à ces belles illustrations claires et précises est juste comme chausser une bonne paire de pantoufles en rentrant à la maison après avoir marché en escarpins durant toute la journée. Vous voyez ce que je veux dire? Tout comme la planche à patron : deux-trois patrons sur la même planche, des couleurs très contrastées, aaaaah, mais quel bonheuuuuur!!! (En fait, l’avantage de coudre beaucoup de Burda, c’est que presque toutes les autres marques de patrons paraissent clairs et explicites en comparaison!)

Quand au patron en lui-même, je vous laisse juger en regardant les photos. Moi je le trouve impeccable. J’ai un peu allongé la veste et fait un ourlet, mais pour tout le reste, j’ai suivi à la lettre les indications. Je trouve que la veste tombe bien, et il y a juste ce qu’il faut de petits détails (que vous ne voyez pas à cause de mon tissu un peu chargé) : de jolies découpes, des surpiqûres décoratives, et des pinces sur les manches au niveau des poignets. J’ai opté pour la taille 36, en suivant les conseils de Lathelize, qui m’avait dit que les patrons taillaient grand. ce qui est vrai, surtout que mon tissu est plutôt souple – j’avais envie d’un truc assez ajusté.

Je pense refaire ce patron avec d’autres tissus, car le rendu et le style peuvent être vraiment différent selon l’étoffe choisie, et la forme va aussi bien sur une tenue féminine avec jupe et collant, que sur un jean.

Maintenant, parlons du tissu.

J’avais été contactée il y a plusieurs looongs mois par Claire, qui travaille pour le site Tissus.net, et qui me proposait un partenariat.

Etant donné que je n’ai aucunement l’intention de me faire de l’argent avec mon blog, nous sommes tombées d’accord pour qu’elle m’envoie un coupon de tissu de mon choix, avec les éventuelles fournitures, afin que je vous parle de tissus.net dans l’article auquel mon ouvrage donnerait lieu.

J’ai été positivement étonnée en recevant mon tissu : il était plus épais, plus chaud et de meilleure tenue que ce que je m’étais imaginé. Et aussi, bien plus beau! Je pensais recevoir un chiné assez fin, et j’ai finalement eu droit à un lainage bien épais aux motifs plus importants. En voyant ça, j’ai changé de projet : j’étais partie sur une veste-manteau, longue, mais il m’a semblé que le tissu serait mieux mis en valeur sur une pièce plus petite.

Qu’en pensez-vous?

Même si je ne suis pas une fan des commandes sur internet (j’ai vraiment du mal à m’imaginer le toucher, le tombé, à voir la couleur réelle), j’avoue avoir été assez charmée par cette expérience, et suis prête à recommencer!

Si l’envie vous vient d’aller visiter ce site, sachez que vous disposez d’une réduction de 10€ à partir de 35€ d’achat en tapant le code FELICIEAPARIS, et ce jusqu’au 20/02/2015. Je re-précise que je ne touche absolument aucune commission sur vos éventuels achats et n’ai donc aucun intérêt à vous pousser à la consommation : j’ai accepté ce partenariat uniquement parce que l’offre du site m’a parue vraiment intéressante et de qualité.

Une petite sélection de choses qui pourraient vous intéresser :

- des tissus pour vestes et manteaux, car l’hiver n’est pas fini! (celui de ma veste n’est malheureusement plus disponible, car j’ai mis un temps fou à honorer mon engagement, et la collection a déjà changé…)

des tissus pour maillots de bain, pour, au contraire, se mettre l’été en tête et oublier le froid!

- des tissus à petit prix, imprimés et pepsy

- des tissus qui donnent envie de se lancer dans le patchwork  et de transformer sa maison en un petit nid douillet et chamarré

- mais aussi de la mercerie et des patrons!

Voili voilou Mesdames! Sur ce, je retourne à mon deuxième patron Victor! Le loulou est de plus en plus intéressé par ce que je traficote autour de ma machine à coudre, il nous arrive donc désormais de passer trois bons quarts d’heure tranquillement à papoter tous les deux, côte à côte, moi cousant, lui m’observant et farfouillant dans les boîtes à trucs que je lui propose. Alors j’en profite!!

(photo prise pendant que je faisais les finitions de ma veste) (Mmmh ce petit crâne tout doux qui sent si bon…)

Bonne journée à vous!

 

L’avis de ma soeur : ma soeur, vous vous en souvenez, a le jugement sans appel et plutôt sévère. Alors qu’elle était en visite chez moi ce week-end, j’ai cependant pris le risque suicidaire de lui montrer cette dernière couture. Non seulement son visage n’a pas cillé (très, très bon point : ma soeur sachant extrêmement bien faire le regard ironique, le regard qui tue, le regard impératif ou encore le regard blasé, le non-regard en devient donc presque regard bienveillant!), mais en plus, elle m’a demandé de… l’ESSAYER!!! Naaaaannn??? Siiiiiiiiii!!

53 commentaires Rangé dans : Couture, la Maison Victor
27 jan

Allô, Marie ?…


Au départ, il y a la lecture avant-hier, complètement par hasard, de ces trois billets de Bikette. Elle établit que deux des patrons de la marque « Aime comme Marie » auraient été recopiés, purement et simplement, sur d’autres patrons déjà existants (Burda et Ryuichiro Shimazaki). Ses articles sont loin d’être une accusation lancée en l’air, elle a vraiment bossé sur la démonstration. Je vous engage à les lire pour vous en faire votre propre opinion.

Mon premier reflexe a été de mettre ça de côté. J’avoue, c’est mon caractère, je suis plutôt du genre à faire l’autruche pour voir la vie en rose. Les attaques, les conflits, très peu pour moi. J’ai donc un peu traîné des pieds avant d’écrire ici à ce sujet.

Et puis, une fois les articles de Tasticottine et Saki lus, j’ai été convaincue qu’il fallait, pour une fois, un peu se mouiller. Et ne pas passer cette affaire sous silence. Parce que ce n’est pas juste de nous prendre, nous, couturières amatrices, juste pour des porte-monnaie sur pattes : on a le droit d’avoir une explication, on a le droit d’avoir une réponse de la part de Marie. Nous ne sommes pas que des clientes, des acheteuses, des parts de marché.

Parce que si ça avait été en sens inverse, si c’était Burda qui était soupçonné d’avoir plagié Marie, est-ce que la blogosphère serait restée silencieuse? Ca m’étonnerait. Pourtant, même derrière le gros patapouf Burda, il y a aussi des gens qui bossent, qui créent, et qui gagnent leur croûte avec ça. Alors pourquoi ce « deux poids, deux mesures »?

Moi, quand j’achète un patron indépendant, j’accepte de le payer le triple de mon fameux Burda mensuel, parce que je sais que, derrière, il y a une fille qui a bossé dur, souvent seule, pour sortir du lot. Une fille qui a parfois enchaîné les nuits blanches pour me proposer, à moi, petite couturière du dimanche, un truc original, travaillé. Que je ne trouverai justement pas dans mon Burda.

Je sais que je suis naïve, mais je garde un espoir qu’il y ait une explication. Que Marie nous dise rééllement ce qu’il en est. Je me dis que ça pourrait être pardonné. Si c’était au tout début, si elle ne pensait pas que sa boîte prendrait une telle empleur, si… si… si… Bref, j’essaie de lui trouver des tonnes d’excuses. Mais pour ça, il faudrait que Marie elle-même prenne la peine de nous expliquer ce qu’il en est.

Allez, Marie, juste un petit mot, ce serait bien…

 

Edit du 28/01 : Un début de « réponse » ici… Mais toujours aucune explication concernant les deux patrons incriminés!

Edit du 29/01 : Dans l’édit en fin de ce même article, la marque se défend d’avoir commis un quelconque plagiat. J’ai donc, pour ma part, eu la réponse que je demandais. Qu’elle m’ait convaincue ou non n’est pas le sujet, chacun est libre d’avoir son avis sur la question…

35 commentaires Rangé dans : Patati patata
21 jan

Pull Charles


Modèle n°5, catalogue Phildar n°94 (2013/2014) ■ Fil Zéphyr, coloris tourmaline

Tiens tiens, j’arrive comme une petite fleur par ici… Pas de récap de l’année écoulée, pas de message pour la bonne année, hop hop, ni vu ni connu j’t’embrouille, on passe à la suivante sans se faire remarquer…

Bah oui, faut croire que j’ai décidé d’adopter le courant slow.

Slow-couture, slow-tricot, slow-bloging, et même slow-mailing (en témoignent les trouze mille mails non lus, ou lus mais laissés sans réponse, qui errent comme des malheureux dans ma boîte)! Pourtant j’ai fait des trucs, hein, j’vous assure, mais plutôt des trucs de déco, ou des trucs pour le petiot, et j’avoue, je n’avais pas une folle envie de me casser la tête à prendre des photos. Les housses de coussins, stores et autre écharpe-renard ne sont pas aisés à photographier, alors j’ai laissé filer, et préféré revenir avec du tricot pour moi, puisqu’à la base c’est plutôt ce genre de thème que j’aime vous montrer (et que j’arrive à peu près à photographier de façon vivante et un minimum harmonieuse). J’ai donc pris le parti de me la couleur douce et de ne revenir que lorsque j’en aurais envie, préférant chahuter avec le marmot, passer du bon temps avec la famille, et profiter de l’hiver pour prendre le temps de transformer notre appartement en un petit cocon hivernal.

Etant donné ma nouvelle addiction pour le sloooow, donc, vous ne serez sans doute pas étonnées de voir que j’ai choisi pour modèle un énooorme pull tricoté avec des aiguilles toutes fines, et dans le point qui monte le moins vite au monde – j’ai nommé les côtes anglaises (une pensée pleine de compassion pour Pied de Biche, aussi sado-maso que moi, bien que pas sur le même modèle…). Un pull que j’ai donc mis dix mille ans à tricoter, étant donné que les plages horaires dont je dispose actuellement sont, aproximativement, entre 19h30 (heure bénie à laquelle le microbe est largué dans son lit, boîte à musique enclenchée et doudou arrimé solidement à la gigoteuse) et 22h (heure à laquelle je m’effondre moi-même, le bavardage de Monsieur* en guise de boîte à musique, et Félicie pour doudou). Entre les deux, il faut ranger un peu le cocon (dingue, ce que ces petites bêtes aiment déplacer les objets, les chaises, les coussins, les plantes, les chaussures, …), se sustenter (je rêve d’une perfusion alimentaire permanente, qui m’éviterait d’avoir à perdre du temps à « cuisiner », à manger, et à faire la vaisselle!) en tentant d’avoir une conversation digne d’intérêt pour Monsieur (« Alooors, aujourd’hui, il a joué à vider le placard de la cuisine… Puis il a fait caca… Ensuite il a dormi… Puis il a mangé… Il a refait caca… Il a encore dormi… »), se laver, se pyjamasser, enfin, tellement de choses énergivores qui font que, quand j’arrive enfin à me traîner dans mon lit, j’ai à peine deux minutes de conscience avant de sombrer.

(oui, c’est la slow attitude jusqu’à la pointe des cheveux, cette année! Un coup de peigne tranquilou le matin, et zou!)

Aaaah, heureusement, il y a les siestes! Les siestes bénies, qui reviennent deux fois dans la journée et durent minimum une heure et demie, aaaah, quel bonheur! Les siestes, grâce auxquelles je peux, au choix, faire des lesssives de bodys (pour qu’il soit toujours bien au propre), mijoter des petits pots à la vapeur (pour qu’il absorbe de bonnes vitamines), passer un coup de balai (pour éviter qu’il ne bouffe les gravillons de la caisse du chat), ou encore, lire le dernier famili (seule lecture à peu près au niveau de mes neurones actuellement). Parfois, ô, miracle, la sieste dure deux heures, voire trois, et là, je peux enfin caser quelques rangs de tricot ou prendre le temps d’enfiler le fil dans ma machine à coudre. Mais guère plus, parce que, si la sieste dure trop longtemps, le marmot commence à me manquer, je tourne en rond, je vais vérifier six fois qu’il respire bien, je prépare son petit plateau pour le goûter, je vais sniffer son nounours abandonné dans le parc, ou tout autre comportement dénonçant un niveau d’addiction beaucoup trop élevé pour ce petit dictateur rose et potelé (faut dire, qui résisterai à son sourire à fossette lorsque je viens le chercher au sortir de la sieste, hein, qui??!).

Heureusement, les deux aprem de halte-garderie enfin décrochés devraient m’obliger à me sevrer progressivement!! Ouuuuf!!!

Hum, je me suis un peu égarée, là!

Ce pull, donc.

Un point pénible et long, mais un niveau de réflexion minimum. Tout droit, jusqu’aux raglans. Deux bandes de côtes, qui ne sont pas assemblées à leurs extrémités, créant deux petites encoches de chaque côté de l’encolure, qui font la discrète originalité de la bestiole. Un fil tout douillet, à l’aspect légèrement feutré et chiné, dans une couleur douce bien nunuche comme j’aime, mais qui présente l’inconvénient de pelucher à peine sorti de la pelote (phiphi forever…). Une ligne un peu blousante, que j’ai dû rallonger de partout (corps et manches), et que je regrette de ne pas avoir encore un peu rallongée.

Au final, un pull passe-partout, qui va sur pantalons, jupe, robes, et qui couvre bien partout où il faut pour avoir bien chaud! Même s’il m’a pris un temps fou, je ne regrette pas de l’avoir fait : il rejoint son comparse de catalogue 94 (décidément un très bon cru) au rang des pulls et gilets parfaitement douillets!

Alors, la slow attitude, vous validez?

Ceci dit, j’espère tout de même réussir à me coudre un petit truc pour moi avant le printemps prochain!

(Oui, chez nous, c’est Monsieur la pipelette!)

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