Jupe midi : ma version!

Patron : Burda, février 2017 – Tissu : tissus.net

Aaaaah! La voilà, la fameuse, la tant attendue, j’ai nommé… la jupe midi! Vous vous souvenez de cet article, dans lequel je vous expliquais mon nouvel amour pour cette longueur, que j’abhorrais jadis pour cause de mémérisation? Eh bien voilà finalement ma réalisation!

Bon. Je vous ai un peu arnaquées, elle n’est pas si midi que ça, ma jupe, elle est finalement plutôt dix heures… Mais c’est un début! Souvenez-vous, on part de , tout de même!! Alors une jupe sous le genou, c’est un peu un exploit pour moi!

J’ai mis un temps fou à la réaliser, pour trois raisons.

La première, c’est que j’ai beaucoup de mal à trouver du temps et de l’énergie pour coudre, mais ça, je sais bien que c’est inévitable lorsqu’on a de jeunes enfants. Je prends donc mon mal en patience.

La deuxième raison, c’est que je ne sais pas où me mettre pour coudre. Depuis que nous avons emménagé ici, il y a donc un an, je n’ai toujours pas réussi à trouver l’endroit le plus approprié. Dans notre précédent logis, je cousais dans le salon, j’avais un grand et beau bureau, plein de lumière, de la place, et le grand avantage c’est que je pouvais laisser mon premier bébé s’ébrouer en toute liberté dans le salon pendant que je cousais. Dans notre nouvel appartement, même si le salon est très (très) grand, l’agencement de l’espace ne me permet pas de mettre un bureau. Et puis aussi, j’avais du mal à assumer le bazar permanent trônant sur ma table de couture lorsque nous avions de la visite. Alors, quand nous avons déménagé, j’ai revendu le beau bureau, et je me suis installé une petite table dans notre chambre, qui est un peu plus vaste que la précédente. Hélas, je ne peux pas vraiment y coudre, car la chambre est assez sombre, et pas assez grande pour que j’y fasse une aire de jeu pour que mon bébé s’occupe durant mes sessions couture. Et ledit bébé y fait ses siestes dans le lit parapluie les jours où son frère ne va pas à la crèche (c’est à dire 4 jours sur 7), ce qui finit de m’empêcher de m’y installer. Alors bien sûr, en septembre, lorsque mon grand ira à l’école tous les après-midis, je pourrais avoir de nouveau le plein usage de ma chambre à coucher durant le temps des siestes du petit, j’investirais dans un super éclairage, et j’aurais d’ici là déniché le parfait secrétaire des années 50* qui me permettra de camoufler mon bazar en un rabat le soir afin d’avoir une chambre feng-shui pour la nuit. Mais d’ici là, j’erre comme une âme en peine dans mon grand appartement, ma machine à coudre sous un bras, ma planche à repasser sous l’autre, et je finis par m’asseoir sur mon canapé et tricoter, frustrée comme jamais de ne pas pouvoir coudre.

Enfin, la troisième raison, c’est que, alors que j’avais, je ne sais par quel miracle, trouvé le temps, l’énergie et l’endroit pour commencer cette jupe, je me suis mis à douter énormément de mon choix de patron et de mon choix de tissu. Et, je ne sais pas si vous êtes dans le même cas, mais moi, quand je commence à douter, plutôt que de me dépêcher de terminer pour pouvoir confronter mes doutes à la réalité, je préfère traînasser, repousser, mettre en suspens, bref, je fais tout pour éviter de m’y remettre. C’est vraiment ce qui s’est passé ici. La jupe est restée des semaines sur un cintre, avec seulement le devant et le dos cousus, la ceinture pendouillant lamentablement à cheval sur le cintre et les poches bâties.

C’est à ce moment-là que j’ai commencé à errer sur pinterest pour visualiser comment porter ce genre de jupe, et que j’ai pondu le fameux article. Et franchement, ça m’a bien aidée à m’y remettre. Lire tous vos commentaires avec vos idées d’associations, recevoir vos encouragements, ça m’a reboostée et j’ai enfin pu finir la jupe! Bon, après, il a fallu prendre les photos, et ça c’est encore une autre histoire…

Je vous raconte?… Allez, oui, je vous raconte!

Donc. Mercredi après-midi, je prends ma flemmardise à deux mains, je la mets de côté et je me motive pour prendre ces fichues photos. Le grand est à la crèche, le petit commence à montrer des signes de fatigue, impec. J’emmène donc le poussinet dans son dodo. Câlin, berceuse, doudou, boîte à musique, on ferme les volets mais seulement à moitié, à tout à l’heure mon poussinet, surtout repose-toi bien, fais un bon gros dodo, hein! Je retourne dans le salon, je repasse ma jupe, je repasse mon petit caraco, je m’habille joliment pour faire les photos.

Ouiiiiiin… Ouiiiiiin…..

Je retourne dans la chambre du petiot, gros câlin, longue berceuse, doudou, boîte à musique, on s’esquive sur la pointe des pieds, il a l’air calme et apaisé, croisons les doigts. Je vais dans la salle de bain. Je me pomponne un peu (bah oui, en vrai, lorsque vous me croisez dans la rue un jour de semaine, je me suis pas lavée depuis la veille, j’ai juste eu le temps de me brosser les dents et de mettre un soupçon de fard à joues et d’anti-cernes pour ne faire peur ni à Monsieur, ni à mes enfants, ni aux passants, j’ai les premières fringues qui me sont passées sous la main sur le dos, un bébé greffé en mode koala, des vieilles sandales aux pieds,  et je crie « Regarde devant toiiiiii! » de ma voix la plus poissonnière à mon aîné qui file comme l’éclair sur sa draisienne sans faire attention aux mamies à chienchien, aux djeunz à portables, pas plus qu’aux voitures ou aux motos. Autant dire que pour arriver à la créature canonissime et raffinée que vous avez sous les yeux (laissez-moi mes illusions, merci), ya un minimum de boulot). Je disais donc : je me pomponne un peu, blush, fard à paupières, mascara, rouge à lèvres. Je vais dans le salon. Je mets mes sandales à talons. J’allume l’appareil photo.

Ouiiiiiiin… Ouiiiiin… Ouinouinouiiiiiin… OUIIIIIIIIIIIN! OUINOUINOUIIIIIIIN!

OK… J’enlève mes sandales à talons, je vais dans la chambre, câlin, bisous, ah zut, j’ai du rouge à lèvres je lui en ai foutu partout, berceuse, boîte à musique, doudou, nounours, anneau de dentition, sophielagirafe, t-shirt qui sent maman, déambulations dans le couloir en  mode « maman les ptits bateaux », rien à faire, il se cramponne, il est vraiment très malheureux, mais vraiment, très, très malheureux, il commence à frotter son nez dans mon décolleté, ok, j’ai compris, dégaine le nichon maman, ton histoire de tétée du soir et de biberons le jour, c’est bien beau mais moi là tout de suite, j’ai besoin d’un gros câlin de tout petit nourrisson de rien du tout (en même temps, à 7 mois et demi, c’est encore réellement un tout petit nourrisson, non?..).

Me voilà donc en train d’enlever mon beau caraco pour ne pas le froisser puisque je viens de le repasser tout frais (p*** j’ai mis du rouge à lèvres je vais en foutre partout!), de lisser ma jupe sous les fesses de mon bébé pot-de-colle pour éviter qu’elle ne soit trop froissée pour mes fameuses photos, et de prier pour que les voisins ne soient pas chez eux puisque, évidemment, le matin même j’avais décidé d’ôter les rideaux pour les laver, et que là, comment dire, je suis un peu à moitié à poil, et que l’expression « vis-à-vis » est carrément un euphémisme concernant l’arrière de mon appart’.

Bon, après, j’ai eu trente minutes de paix royale, puisque, tel un drogué, il s’est laissé poser dans son lit, tout mou et un sourire béat aux lèvres, et j’en ai profité pour enchaîner les poses en espérant que la batterie de mon appareil photo ne me lâche pas…

Et sinon, le patron, c’est un Burda, et le tissu, c’est un cadeau de tissus.net, que j’ai depuis un an, ouioui, un an, même que j’ai un peu honte de ne pas l’avoir utilisé avant… Au départ j’avais prévu d’en faire une robe pour ma grossesse, puis j’ai accouché donc j’ai pensé en faire une tunique, puis le printemps est arrivé et je me suis dit que finalement, une jupe midi, ce serait sympa. Et avec tout ça une année avait passé, oups. On va dire que c’est parce que je suis adepte de la slow couture, hein, et que les deux mini-monstres qui vivent sont mon toit ne sont absolument pas reponsable de cette diète couturistique forcée!

Le tissu, donc. C’est un tencel, et il est parfait, bien fluide, bien frais, vraiment agréable à porter pour l’été. Pour ce qui est du patron, je vous en avais cité plusieurs dans mon article précédent, mais étant donné que j’ai une collection de Burda de presque 7 ans, j’essaie de piocher dedans plutôt que d’acheter encore de nouveaux patrons… J’ai vraiment douté du style de la jupe, de la taille aussi (naïvement j’ai direct coupé ma taille habituelle, et je peux vous dire que le premier essayage m’a bien motivée à reconquérir mes abdos!), et finalement je crois que je suis vraiment contente de ma jupe. J’apprivoise cette nouvelle longueur sans trop de difficulté, elle s’avère très pratique et finalement pas trop vieillissante. Et même, il me semble qu’elle est tout aussi jolie à plat qu’à talons – j’ai pris des photos avec les deux types de chaussures pour que vous me donniez votre avis.

La couture s’est faite sans encombre, le modèle est très simple, sauf que j’ai dû cafouiller en reportant le patron (ce qui est très étonnant, hein, je n’ai aucun élément perturbateur à la maison, pourtant?!), car les passants ne sont pas assez longs. J’ai dû les coudre à la main sur l’envers de la ceinture, ce qui fait une finition un peu moyenne, mais pour une fois j’ai décidé de me contenter de ça! Ah, et aussi, je ne sais pas ce que j’ai fichu, mais la poche de droite gondolle bizarrement, vous voyez? Je soupçonne l’avoir mal coupée, du moins pas tout à fait dans le droit-fil…

Bon, après cet article-fleuve, je vous laisse la parole afin de me donner votre avis sur cette fameuse jupe : portable? Mémérisante? D’autres idées d’associations?…

L’avis de Monsieur : Je lui demande si elle ne fait pas trop mémé. Réponse : « Ah, non, je ne trouve pas… La matière rattrape la longueur ». Ah. Ca veut dire qu’il valide, je crois?!!

Un pull inspiration vareuse pour le marmot

Modèle : Phildar, n°17 catalogue 106 (p/e 2014) – Fil : Ecoton, Bergère de France

Ce petit pull pour mon aîné, je l’ai commencé il y a un moment. Vu le peu de temps dont je dispose en ce moment, et mon état de fatigue (entre les 2 à 4 réveils nocturnes de mon bébé, celui vers 5h du grand, et le réveil définitif de tout ce petit monde rarement après 6h30, je vous laisse imaginer la taille de mes cernes, le baromètre de mon humeur et le dynamisme de mes neurones), j’ai mis bien plus de temps que nécessaire pour le réaliser.

Je l’avais repéré dès la sortie du catalogue, son style rétro rappelant les vareuses m’avait tapé dans l’oeil, et l’association des points et des boutons en bois me plaisait beaucoup. Il était à l’origine réalisé dans un fil que j’aimais beaucoup, mais que Phildar ne fait hélas plus (le fil Laine Coton, que j’avais utilisé ici et ). J’ai cherché un équivalent de la même marque, sans succès. Je me suis donc rabattue sur un fil Bergère de France, la qualité Ecoton. Ce fil est composé en majorité d’acrylique, et de fibre recyclées. Je ne suis pas contre l’acrylique, surtout pour les pulls de mes enfants, qui doivent être costauds et passer sans problème en machine, et je sais que l’acrylique de BDF est de très bonne qualité. Lorsque j’ai vu le coloris Céladon, je n’ai pas hésité longtemps, d’autant plus que l’échantillon correspondait parfaitement. Mes photos ne rendent pas justice à la couleur du fil, qui est plus clair et plus éclatant en réalité (la photo du site est assez proche du réél).

Je n’ai pas bloqué le pull, et j’aurais dû! On voit quelques irrégularités…

J’ai pris beaucoup de plaisir à tricoter ce pull, dont le point évite la monotonie et a un très joli rendu. Le fil Ecoton est très agréable à tricoter, il n’est pas particulièrement doux mais est très frais, il me rappelle beaucoup l’ancienne qualité Cabotine de Phildar (utilisée ici), qui a changé de composition depuis, et qui était extrêmement agréable à porter durant le printemps-été.

Le modèle est très simple mais donne un rendu assez recherché. Tout est dans le point (qui n’est qu’une alternance de mailles endroits et envers, rien de sorcier) et dans les quelques rangs de godrons qui forment l’encolure. J’ai trouvé les boutons parfaits chez Mondial Tissus. La seule réserve que j’émets est que l’encolure est assez large, du coup, il faut faire attention à ce qu’on met en-dessous : avec une petite chemise, c’est assez moche, avec un col tunisien, ça peut passer, mais le mieux est un t-shirt tout simple dont la couleur s’accorde bien avec celle du pull.

La taille 3 ans n’existant pas chez Phildar, j’ai tricoté une taille 4 ans. Il est un peu grand pour le moment, mais lui ira longtemps!

Bon dimanche caniculaire à toutes!

Panière phil big

Laine : Phildar – Bouquet : Lathelize

Il y a un moment, j’ai eu la chance de recevoir une belle pelote de philbig, et les énoooormes aiguilles assorties. J’ai tourné autour un petit moment, ne sachant pas trop quoi en faire : j’aurais bien tricoté un gros plaid bien douillet, mais le prix de la pelote m’a freinée, et puis, imaginer un beau plaid crème magnifiquement étalé sur mon canapé régulièrement squatté par des grignoteurs de sablés et des slurpeurs de yahourts au chocolat m’a donné des sueurs froides. J’ai donc finalement opté pour la simplicité, et j’ai tricoté le modèle de panière toute simple qui avait été glissé avec la pelote dans le colis.

La base de la panière est crochetée aux doigts, et, si au départ j’ai eu du mal à ajuster la tension du fil, j’ai finalement réussi à avoir quelque chose de relativement régulier. J’ai ensuite monté 4-5 rangs aux aiguilles circulaires. J’en ai fait moins que ne l’indiquait le modèle, car je n’avais pas assez de fil.

C’était ma première tentative de tricot en rond : je sais que beaucoup de tricoteuses sont rebutées par les coutures de montages à faire à la main et recherchent donc des tricots à faire en rond, mais ce n’est pas mon cas. J’aime vraiment soigner les finitions des montages de mes pulls et gilets par les coutures à la main, j’y trouve autant de plaisir que de tricoter, donc je n’avais jamais eu l’occasion d’expérimenter cette technique – je sais, ça paraît dingue avec tout ce que je tricote, mais en fait je suis davantage intéressée par les matières et les points que par les techniques… J’ai été conquise, effectivement, c’est super agréable de rabattre les mailles et de n’avoir rien à faire que rentrer les fils!

Évidemment, inaugurer le tricot en rond avec un fil aussi particulier, ce n’était pas forcément l’idée du siècle. Encore une fois, le rendu est assez irrégulier, car j’ai mal géré la tension du fil… mais finalement, ça ne me gêne pas plus que ça, le petit côté rustique et fait-main assumé qu’arbore ma panière me plaît bien!

Voilà, j’ai donc une nouvelle panière déco toute mignonne pour mettre mes pelotes ou les nounours préférés des garçons, en espérant que Félicie ne se l’approprie pas!

Bon dimanche à toutes!

L’amour et les forêts, Eric Reinhardt

« Les profs, leur objectif, c’est de nous rendre conforme à la norme, mais moi je veux garder ma personnalité et mes défauts, qu’on n’y touche pas, qu’on n’essaie pas de me banaliser, ou de me faire entrer dans un moule – tout ce qui fait mon charme, c’est ça que le collège veut corriger, disait Lola quand elle était en verve. Chaque fois que Bénédicte Ombredanne entendait ce discours-là, elle bondissait. Ce sont des clichés, Lola, lui disait-elle, mais le problème c’est qu’à douze ans on ne sait pas que ce sont des clichés, on peut les prendre pour une substance vivante qui n’appartient qu’à soi, parce qu’on sent dans son être quelque chose de brûlant et d’intense, d’urgent, d’intime, qui peut sembler la manifestation de sa personnalité authentique. Mais ce n’est pas brûlant parce que c’est authentique, c’est brûlant parce que c’est nouveau, c’est urgent parce que c’est soi en train de naître et ça s’appelle l’extrême jeunesse : c’est un moment magnifique, je t’envie d’être en train de le vivre, lui disait Bénédicte Ombredanne, mais les splendeurs de cette extrême jeunesse ne sont pas une fin en soi, tu dois les vivre comme la promesse d’autres états qui viendront par la suite, mille fois plus savoureux, à condition que tu saches qui tu es, afin qu’ils puissent se déployer. Bénédicte Ombredanne regardait sa fille droit dans les yeux pour essayer de la convaincre de l’objective véracité de ses propos. Tu sais, ça prend du temps de savoir qui on est, il faut y réfléchir et dans ce but il faut apprendre à penser, oui, penser, tu m’as bien entendue, donc s’équiper des outils adéquats, acquérir une culture, exercer sa sensibilité et son intelligence. C’est à ça que ça sert, les études, figure-toi, et pas à formater les esprits, lui disait Bénédicte Ombredanne, mais ces paroles ne déclenchaient que des regards d’impatience vers la porte du salon, parfois vers le plafond, c’est-à-dire vers sa chambre, où il était flagrant qu’elle désirait se replier, pour fuir sa mère et ses sermons incessants. Alors qu’à l’inverse, vouloir se préserver dans sa pureté originelle au motif que s’y nicherait la quitessence de sa personnalité véritable – car c’est ça que tu veux dire, Lola, non? Silence. Regards échangés. Non? Oui, c’est un peu ça, si on simplifie, lui répondait sa fille de mauvaise grâce (Lola reprochait toujours à sa mère de simplifier outrageusement ses pensées, pour les disqualifier plus facilement), mais vas-y, continue, où veux-tu en venir? Bénédicte Ombredanne lui adressait un long sourire. À ceci : si tu renonces dès aujourd’hui au collège pour pouvoir garder intact cet état originel où tu crois identifier ce qui fait ta singularité, eh bien dans quelques années tu te réveilleras un matin en te découvrant prisonnière d’une situation que tu n’avais pas vue, tu découvriras un système établi là où toi tu pensais qu’il y avait un immense territoire de liberté : tu comprendras qu’à cet état de pure immédiateté correspond une place précisément répertoriée de la femme dans la société, une place immémoriale, choquante, de servitude, de soumission, tu saisiras que ce territoire de liberté est un espace d’avilissement, un moyen de t’attribuer le rôle le plus formaté qu’il soit possible de concevoir (pour le coup, Lola, on peut vraiment parler de formatage), celui de la poupée sensible et émotive, sincère et vulnérable, désarmée, obéissante. Tu m’écoutes? Tu m’écoutes, Lola? »

Envie couture #1 : La jupe midi

Allez, un peu de légèreté pendant cet entre-deux tours qui fait peser une atmosphère assez lourde en ce moment… Aujourd’hui on parle rêveries couturistiques, vous me suivez?

A défaut d’avoir le temps de coudre, en ce moment je rêve des pièces que j’aimerais faire passer sous le pied de biche de Pfaffounette. Rêver demande nettement moins d’énergie que de coudre, et surtout, on peut le faire par petites sessions interrompues, et en faisant autre chose (en allaitant, en donnant le bain, en cuisinant, en rangeant, bref, en faisant toutes ces choses hautement épanouissantes qui ponctuent mon quotidien actuellement).

En ce moment, une des choses que j’aimerais me coudre est une pièce qui m’a longtemps fait horreur, mais sur laquelle j’ai changé d’avis récemment : la jupe longueur midi.

Adepte du court, je suis depuis quelques années (trois ans, exactement, tiens tiens…), devenue plus sage. Plus par nécessité que par goût : force est de constater qu’avec des marmots, les mini-jupes préservent difficilement la pudeur lorsqu’on s’asseoit sur le bord du bac à sable (en été notamment, en hiver, des collants bien opaques permettent de porter du ras-le-bonbon). J’ai donc commencé à me pencher sur le cas de la jupe midi, cette longueur sous le genou, qui pourrait me permettre au quotidien d’accompagner mes gamins au toboggan  sans dévoiler ma culotte.

Un autre avantage que je vois à cette longueur, en ce début de printemps, c’est qu’elle permet de commencer à exhiber les gambettes sans risquer un refroidissement immédiat, permettant cependant un début de bronzage… histoire de pas être totalement fluorescente lorsque, le mois de juillet et les grosses chaleurs venues, je n’aurais plus d’autre possibilité que de dégainer le short.

Pour donner du grain à moudre à ma rêverie, je me suis dit qu’en attendant de pouvoir passer sérieusement à l’action derrière ma machine, j’allais étudier un peu cette pièce épineuse. Parce que, oui, pour moi, la jupe midi est carrément casse-gueule, stylistiquement parlant. Je trouve qu’elle fait très rapidement mamie, ou jeune fille du couvent des oiseaux. L’un et l’autre ont un certain charme, certes, mais je vous avoue que je préfèrerais réussir à la porter avec une allure plus… moderne. Et avec ce que je porte habituellement, j’ai bien peur que cette longueur ne me mémérise. Avec des ballerines, par exemple. Ou avec un gilet. Bref, si ce modèle me semble très séduisant par son aspect pratique, je tâtonne un peu pour ce qui est de la façon de le porter. J’ai donc cherché sur Pinterest des exemples de jupes midi, portées de façon chic et moderne.

J’ai donc regardé les petits détails qui me plaisent et qui permettent à cette longueur de passer de « classique et vieillissant » à « mode et stylé ». Voilà en vrac les points que j’ai retenus, les choses que j’aime pour ce type de jupe :

  • la longueur juste sous le genou, pas plus bas
  • les versions froncées davantage que les versions plissées
  • le boutonnage central, qui donne un côté rétro très sympa
  • tout comme la présence de poches
  • les jupes ceinturées par une ceinture en cuir
  • les versions avec imprimés moyens (petits, ça fait mémère, gros c’est trop pointu et osé pour moi)
  • ou des unis assez neutres : bleu marine, vert kaki, moutarde, bleu clair, ou bordeaux.

Et puis, pour compléter cette étude fort sérieuse et absolument capitale, j’ai aussi tenté de trouver des idées d’associations judicieuses. J’aime donc lorsque la jupe midi est associée à :

  • un petit pull écru torsadé (poeut-être le prochain sujet d’un article identique!)
  • des chaussures à talon, pour élancer un peu la silhouette, mais ça, c’est exclu pour moi au quotidien (je porte mon bébé en porte-bébé 99% du temps, alors je préfère être bien stable, et, étant déjà assez grande, si je me rehausse encore avec des talons, mon aîné n’arrivera plus à atteindre ma main pendant nos sorties!)
  • ou a contrario, des sandales styles spartiates ou des sabots
  • une marinière ou un marcel rayé
  • un haut féminin, soit un peu ample mais décolleté, soit près du corps, ou carrément un haut vintage pour renforcer le côté rétro du modèle

Pour finir, j’ai fait un petit tour parmi les marques de patrons, et j’y ai trouvé pas mal de propositions intéressantes :

  • Annette de RDC
  • Ella de RDC
  • Brumby de Megan Nielson
  • BB de Delphine et Morissette
  • Seneca de Colette Pattern
  • Zinnia de Colette Pattern
  • Midi de Vanessa Pouzet
  • Goji, en la rallongeant, de Deer&Doe
  • et un certain nombre de versions chez l’ami Burda.

Pour ma part, c’est évidemment chez ce dernier que j’ai pioché un patron, car vu ma collection je n’avais pas l’intention d’en acheter un… ce qui est peut-être une erreur. J’ai effectivement coupé et commencé à monter une jupe, mais je ne suis pas sûre du tout que mon association tissu/patron soit judicieuse. Et lorsque je doute, j’ai tendance à laisser traîner les choses… J’espère cependant réussir à me motiver pour la finir, afin de pouvoir la porter lorsque les températures le permettront. Vous me donnerez alors votre verdict!

De votre côté, est-ce que vous portez cette longueur de jupe? Et avec quoi?  Ou au contraire, vous faites partie de la catégorie des réfractaires à la jupe midi, comme je l’étais auparavant?

Bon dimanche à toutes!

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