patron : burda juin 2011 ■ tissu fleuri : brocante ■ tissu rose : Emmaüs ■ poignées : récup
Jeudi matin, veille de mon départ pour mon fameux WE entre copines.

9h : anticipation de ma préparation de valise*.

(*l’anticipation de la préparation d’une valise consiste, chez moi, à imaginer mentalement ce qui va aller dedans. Ce n’est en aucun cas le préparation réelle de la valise. L’anticipation de la préparation de la valise se fait donc généralement en même temps que le petit dej, en même temps que le passage de l’aspirateur, en même temps que trois rangs de tricots. Elle comprend non seulement la visualisation dans le détail des vêtements qui vont trouver place dans la future valise, mais, surtout, elle comprend une grande préparation psychologique visant à rendre effectif le plus rapidement posssible le douloureux moment où il va falloir aller chercher l’escabeau entre le mur et la penderie dans la chambre, le trimballer dans le couloir sinueux en essayant d’épargner les moulures et les cadres des portes, l’installer devant le placard de l’entrée, monter dessus, tout en haut, pour atteindre le grand placard très profond dans laquelle dort ladite valise, extirper l’objet convoité de l’amas de ses semblables de tailles diverses et variées et le descendre en essayant de ne pas me ramasser au deux tiers de la descente dans la caisse du chat qui se trouve juste en dessous du placard en question.)

10h : fabrication de petits muffins au groseilles pour le we, mais aussi pour m’encourager, par une dégustation prolongée de pâte non cuite, à déplacer le fameux escabeau.

10h45 : surveillance de la cuisson, et câlinage de Félicie, abandonnée aux bons soins de Monsieur pour ces trois jours.

11h : horrible prise de conscience : je n’ai pas de sac à main d’été pour le we. Enfer et Damnation. Il me FAUT un sac à main d’été. J’ai BESOIN d’un sac à main d’été.

11h15 : Fin de cuisson des muffins. Goûtage de deux-trois muffins (faudrait quand même pas que j’empoisonne les copines, hein, tout de même!). Mise au point du cahier des charges du sac à main d’été. Passage en revue du contenu de ma commode à tissu.

12h : Révélation. Le patron idéal m’attend dans le burda de juin, le tissu idéal m’appelle de la commode où il roupille depuis un bon moment, les poignées idéales me font des clins d’oeil depuis la table sur laquelle elles sont posées.

12h15 : je n’ai pas faim, puisque j’ai largement goûté la pâte des muffins et les muffins, mais je décide qu’il faut que je prenne des forces si je dois faire le sac en un après-midi sans pause goûter. Mon frigo est vide puisque je pars en we et que Monsieur ne se nourrit que de son amour pour Félicie et d’eau fraîche. Je décide donc que quatre tartines de beurre salé seront un repas tout à fait consistant et équilibré, et qu’un quatrième muffin me permettra d’être certaine de leur comestibilité en plus de me donner le quota du cinquième fruit et légume de la journée.

12h45 : je recopie le patron, je découpe le tissu et je m’y mets.

17h30 : j’ai plus de fil. Zut et rezut. Je vais acheter du fil à la mercerie tout près, je compare durant 10 minutes mon bout de tissu avec les bobines sans réussir à en trouver une ayant la nuance parfaite, je me décide pour la moins pire et j’essaye enfin de ne pas me laisser amadouer par les yeux doux de la petite mémé derrière moi qui voudrai bien me piquer ma place à la caisse pour payer plus vite ses 6 paires de rideaux en solde et ses douze serviettes de toilettes assorties aux gants de toilettes (oui, ma mercerie c’est un Toto).

18h20 : mon sac est fini. Je crâne un peu avec tellement je le trouve magnifique. Je le montre à Félicie qui s’extasie devant en faisant « Crrrrouu Ron Ron… », marque d’une admiration toute féline. Je le remplis de choses particulièrement indispensables. Je le regarde. Je le re-regarde. Je vérifie qu’il n’y a pas une dernière petite couture à faire. Pas de doute, il est vraiment fini. Cette fois, je ne peux donc pas y échapper, je vais chercher l’escabeau et je descend la valise. Je la fais même pour de vrai.

Le cahier des charges du sac était :

- Gratuit. Non seulement pour une raison de moyens financiers misérables, mais aussi pour respecter ma promesse à moi-même de faire descendre mon stock avant de racheter du tissu.

- Beau. Ben oui, tant qu’à faire, je préfère fabriquer un truc beau. Oui, je sais, je suis quelqu’un de très original.

- Grand et avec des poches. Parce que, entre les lunettes de vue, les lunettes de soleil, le tricot, le porte-monnaie, le bouquin et les billets de train, il vaut mieux qu’il ait de la contenance, le coco.

- Rapide à réaliser. Je n’allais pas m’amuser à passer six heures à faire un sac alors que j’avais une valise à descendre et un escabeau à monter, non mais oh.

Au final, ce patron répondait à tous ces critères, sauf les poches, que j’ai rajoutées. Enfin, je ne me suis pas trop foulée, hein, il s’agit d’un grand rectangle avec deux coutures pour délimiter trois emplacements différents, et une petite dentelle pour ajouter un peu de féminité (oui, parce que rose et fleuri, c’est pas encore assez féminin. La dentelle, c’est indispensable). Je ne peux que vous encourager à le faire, je pense qu’il ferait un parfait sac de plage. J’ai cependant une petite réserve : si vous avez comme moi des épaules très osseuses, optez pour des poignées souples, à moins que vous ne soyez une habituée du portage de sac au creux du coude (ce que, malgré des heures d’entraînement, je trouve toujours aussi ridicule, disgracieux et peu pratique sur moi). Ca enlève une bonne partie du charme au sac, mais ça permet de ne pas avoir mal au petit os de l’épaule…

Monsieur trouve le sac très beau, et trouve Madame d’une rapidité déconcertante. Cependant, il trouve aussi que le tissu du sac ressemble un peu trop au tissu de la couette.

Edit de 10h :

Le patron préconise de mettre de la vieseline thermocollante entre les deux épaisseurs du tissu, chose que je n’ai pas faite, faute d’avoir de la vieseline thermocollante chez moi (en plus, ça doit coûter un bras). Du coup, pour remplacer, j’ai découpé les pièces dans un vieux pull très épais que Monsieur avait donné à Félicie, que j’ai glissé entre les deux épaisseurs : ça permet de rigidifier un peu le sac, le rendu me convient très bien!

Et pour Séverine, à toi de juger : à gauche le sac, à droite la couette!


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