modèle : phildar, printemps-été 2011 ■ fil : phil’écolo ■ tunique noire dessous : voir ici!

Au départ, c’est Mag qui avait craqué sur ce modèle. Il est extrait du super catalogue phildar de l’an dernier, un des plus beaux qu’ils aient sorti, je trouve, et le gilet faisait partie d’une belle double page présentant trois modèles absolument charmants (d’ailleurs, j’ai déjà fait le gilet rose, il faut donc désormais que je me lance dans le gilet bleu croisé, histoire de bien faire les choses jusqu’au bout!). Bref, l’an dernier, nous avions débriefé le catalogue toutes les trois, Hélène, Mag et moi. Devant l’enthousiasme de Mag concernant ce modèle, Hélène et moi avions affiché une moue dubitative (une moue dubitative… ça me fait toujours penser à Jean-Pierre Cassel face à BB dans l’Ours et la Poupée!) et dit à Mag : « Mmmh… Mouais, le truc blousant, là, bof, ça doit pas donner grand’chose… » Ce qui fait qu’aucune de nous trois ne s’était risqué à faire ce gilet, malgré le rendu plutôt chouette sur la photo.

Mais, il y a plusieurs semaines, lorsque j’ai eu fini mon pull marin et que j’ai réfléchi à ce que j’allais tricoter ensuite, je suis fatalement retombée sur ce modèle, qui répondait absolument à tous les critères que je cherchais. Oui, parce que lorsque je me lance dans un tricot, je mène une vraie réflexion avant de décider du modèle.

♦ De quoi ai-je besoin? D’un gilet, j’en manque un peu pour le printemps.

♦ Quelle forme de gilet? Plutôt loose, et plutôt long. J’ai déjà des gilets ajustés, et déjà des boléros.

♦ Manches longues ou courtes? Plutôt manches longues, j’en ai besoin en ce moment, et il fait encore un peu trop frisquet pour sortir les bras nus!

♦ Quelle couleur? Pas de rose! J’ai l’impression de n’avoir que ça! Plutôt une couleur basique, qui va avec un peu tout. Bleu, par exemple, c’est pas mal.

Avec tous ces critères, j’avais déjà éliminé les trois quarts des modèles en ma possession, et je tournais autour de celui-là telle une souris autour du piège qui, certes, est dangereux, mais contient surtout un beau bout de gruyère… tentant, tentant…

Je me suis donc dit que la couleur et le prix seraient décisif. Pour le prix, je me fixe comme maximum 40 € pour un tricot long à manches longues, et pour la couleur, je voulais un bleu doux, mais pas layette. Un coup d’oeil à la palette de Phil’écolo, et j’étais tombée en amour du coloris indigo. Un bon de réduc plus tard, j’arrivais à une addition de 30€, ce qui est pour moi tout à fait envisageable pour un joli pull sensé devenir un de mes basiques, avec une touche d’originalité tout de même.

Donc hop, j’étais partie dans mon tricotage, en me disant que, au pire des cas, je déferais tout et je tricoterais autre chose avec le fil! En cours de route, je vous avais un peu demandé vos avis, et, dans l’ensemble, vous étiez plutôt convaincues, ce qui m’avait aussi tranquilisée! Comme quoi, vos avis comptent, hé, mesdames!

Le tricotage s’est passé sans heurts, j’en ai fait une très grande partie dans le train entre Berlin et Prague, mais aussi dans l’avion (les aiguilles circulaires m’ont valu un arrêt à la sécurité, mais rien de dramatique) , et je l’ai terminé au fond de mon lit il y a deux semaines, terrassée par de méchants microbes comme on en trouve qu’à Paris (je pense être vraiment allergique à cette ville, je n’ai jamais été autant malade que depuis que j’habite ici!) (Je suis persuadée qu’une vie à la campagne siérait beaucoup mieux à ma santé si fragile…) (mais non, je n’essaie pas d’amadouer Monsieur, qu’est-ce qui vous fait croire ça??!). Pour cette fois, je n’ai fait aucune modification, si ce n’est l’ajout de quelques centimètres dans la hauteur, comme d’hab. Concernant les détails du modèle, il est donc en jersey envers (moi qui n’aime pas ça, cette fois, je trouvais qu’en jersey endroit ça ne donnait vraiment pas le même style), avec des manches trois-quart, une grande encolure en V fignolée par une bande de côtes, et une petite coulisse dans laquelle est glissée une cordelière, qui ferme le gilet. Le côté blousant du modèle est donné par la fermeture coulissante, mais surtout pas la bande de côtes en bas des dos et devants, qui est dans un numéro inférieur au reste du tricot (pas de mailles en plus lorsqu’on passe au jersey envers, c’est fait exprès, bon, c’est pas très clair mais je suis certaine que vous visualisez tout ça!).

Est donc ensuite venue l’étape décisive du montage… J’appréhendais vraiment le rendu final, j’avais peur que le truc soit trop volumineux, qu’il fasse de vilaines bosses, enfin bref, j’étais sceptique. Donc, évidemment, je l’ai essayé à chaque étape du montage, ce qui ne servait absolument à rien, puisque ce qui m’interrogeait, c’était le coup de la petite coulisse, et que c’était ce qui se montait en dernier! C’est à dire que je l’ai essayé alors que seul un devant était cousu au dos, en tenant l’autre épaule avec un main, ce qui ne donne absolument aucune idée du modèle, puis je l’ai essayé sans les manches, ce qui donne aussi une vision très incomplète, puis avec les manches sans la bande de côtes, ce qui était déjà plus parlant et assez convainquant, puis avec les manches, la bande de côtes MAIS sans la coulisse, ce qui me plaisait bien mais avait l’air inachevé, et, ENFIN, je l’ai essayé terminé, avec la coulisse ET la cordelette.
Pour tout vous dire, j’avais tellement envie de savoir quelle tête aurait ce petit gilet une fois terminé, que je l’ai fini un lundi matin, avant de partir bosser, soit à 7h 45.

Eh bien figurez-vous que la première personne qui l’a vu, une de mes collègues, m’a dit presque avant de me dire bonjour : « Wahouu, il est trop beauuu ton gilet!! Il est super original! C’est toi qui l’a fait? Nan, sérieux?* Tu m’fais le même?? »

En fait, il est exactement comme je voulais qu’il soit : confortable mais tout de même féminin, bleu, mais pas trop, mou, mais pas trop, long, mais pas trop, original, mais pas trop. Parfait. Le bon petit pull qui va avec tout.

Donc, depuis qu’il est terminé, je le mets à toutes les sauces : avec des robes, des jeans, un short et des collants, des jupettes, et même au-dessus de ma nuisette avant d’aller me coucher.

* il est à noter que cette collègue sait que je tricote. Pourtant,  elle affiche toujours un air médusé lorsque je lui montre ce que j’ai tricoté, comme si elle ne pouvait pas imaginer que le tricot puisse être un joli gilet bleu original, et pas seulement un pull-tiens-il-me-fallait-justement-quelque-chose-pour-descendre-mes-poubelles! Il y a encore du travail à faire pour que le tricot devienne, dans l’imaginaire collectif, ce qu’il est vraiment : un hobby hyper glamour!! (comment ça, j’en rajoute?!)

L’avis de Monsieur :

En me palpant les épaules :  » Ah oui, tu l’aimes bien cette matière-là, hein? » (oui, bon, ça va, en ce moment je tricote toujours la même qualité de fil, ça t’pose un problème, mec?… pfff…)

En prenant un peu de recul : « Il est joli. » (quel enthousiasme…)

En passant derrière moi et en tirant sur le bas du gilet : « Mais il rebique un peu, hein. »

Pfff, mais non, il rebique pas du tout, c’est la FORME!

Related Posts Plugin for WordPress, Blogger...
Rangé dans : Phildar, Tricot