Ce matin, levée tôt, seule réveillée avec Félicie (et mes deux voisins italiens, leur télévision et leur 5 enfants, mais ça, c’est du détail), je me pelotonne dans le fauteuil pour regarder la neige tomber, avec un thé et ma trilogie du moment.
Trois livres, trois couvertures superbes, une seule personne : Virginia Woolf.
Je l’avais découverte avec Mrs Dalloway, que ma mère avait dans une très jolie version de poche. J’avais reposé le livre enchantée, regrettant seulement de ne pas être assez douée en anglais pour me permettre de le lire dans la langue d’origine, avec les vrais mots de l’auteur.
A Noël, ma mère m’a offert Nuit et Jour, en m’avouant qu’elle avait d’abord été attirée par la couverture. Là, j’ai eu l’impression de lire du Jane Austen, en différent, mais avec la même capacité de me téléporter à peine une ligne lue dans un salon bourgeois londonien, mes narines sentant l’odeur du thé et dans mes oreilles tintant le bruit des petites cuillères sur les soucoupes et bruissant celui des conversations étouffées (alors même que j’étais dans le métro, ligne 13 – c’est à ça que je reconnais désormais les bons livres : à leur capacité à me faire rapidement évader de ce réel surchauffé, bruyant et violent!).
D’ailleurs, c’est après ce livre que je me suis dit que j’allais éviter de prendre la ligne 13. J’ai modifié mon itinéraire, qui me fait désormais marcher durant 15 minutes pour aller prendre la 12. J’évite donc le métro bondé, j’ai désormais une place assise dans une rame relativement calme. Par contre, je m’impose désormais le passage quotidien devant une ravissante et minuscule librairie. C’est en regardant sa vitrine que j’ai repéré la BD Virginia Woolf. Passant devant une fois, deux fois, trois fois, à la quatrième j’ai décidé que, si j’avais mon concours, je me l’achèterai. J’ai eu mon concours. Je me la suis offerte.
Dernier épisode : la semaine dernière. Entrée dans un but purement professionnel dans la belle et chic librairie près de chez moi, après avoir demandé à la libraire : « Bonjour, auriez-vous l’histoire de la grenouille à grande bouche? », je me suis finalement retrouvée à la caisse avec sous le bras non seulement la grenouille à grande bouche, mais aussi Papa ne veut pas, et, pour finir, Suis-je snob?, en grande partie parce que la couverture était irrésistible, mais surtout parce qu’il s’agissait d’un des seuls livres à moins de 10€ que contenait la librairie, et que je n’ai pas eu suffisamment de volonté pour le reposer sur la table d’où je l’avais pris.
Voilà. Bon. Maintenant que j’ai cassé ma tirelire, je vais me calmer, et relire deux fois chaque bouquin en attendant d’avoir de nouveau des sous-sous pour pouvoir éventuellement m’en offrir un nouveau…
Et vous, ce dimanche, c’est aussi lecture-thé-chat à regarder danser les flocons? Et que lisez-vous?
edit de 16h30 : je crois que ma remarque concernant mon budget lecture a été mal comprise… Depuis le temps que je parle ici de mon anti-consumérisme, j’avoue être un rien vexée lorsque vous me soufflez que je peux aller à la bibliothèque! Je ne pourrais pas vivre sans, alors rassurez-vous, ma source principale de lectures reste ma bibliothèque municipale un peu pourrie et pas très riche, ou celle de mes copains ou collègues, souvent plus actuelle! Ce que je voulais dire, c’est que justement, pour moi l’achat d’un livre est un petit évènement en soi, longuement savouré… Rassurées?







