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5 fév

Lectures d’un dimanche enneigé


Ce matin, levée tôt, seule réveillée avec Félicie (et mes deux voisins italiens, leur télévision et leur 5 enfants, mais ça, c’est du détail), je me pelotonne dans le fauteuil pour regarder la neige tomber, avec un thé et ma trilogie du moment.

Trois livres, trois couvertures superbes, une seule personne : Virginia Woolf.

Je l’avais découverte avec Mrs Dalloway, que ma mère avait dans une très jolie version de poche. J’avais reposé le livre enchantée, regrettant seulement de ne pas être assez douée en anglais pour me permettre de le lire dans la langue d’origine, avec les vrais mots de l’auteur.

A Noël, ma mère m’a offert Nuit et Jour, en m’avouant qu’elle avait d’abord été attirée par la couverture. Là, j’ai eu l’impression de lire du Jane Austen, en différent, mais avec la même capacité de me téléporter à peine une ligne lue dans un salon bourgeois londonien, mes narines sentant l’odeur du thé et dans mes oreilles tintant le bruit des petites cuillères sur les soucoupes et bruissant celui des conversations étouffées (alors même que j’étais dans le métro, ligne 13 – c’est à ça que je reconnais désormais les bons livres : à leur capacité à me faire rapidement évader de ce réel surchauffé, bruyant et violent!).

D’ailleurs, c’est après ce livre que je me suis dit que j’allais éviter de prendre la ligne 13. J’ai modifié mon itinéraire, qui me fait désormais marcher durant 15 minutes pour aller prendre la 12. J’évite donc le métro bondé, j’ai désormais une place assise dans une rame relativement calme. Par contre, je m’impose désormais le passage quotidien devant une ravissante et minuscule librairie. C’est en regardant sa vitrine que j’ai repéré la BD Virginia Woolf. Passant devant une fois, deux fois, trois fois, à la quatrième j’ai décidé que, si j’avais mon concours, je me l’achèterai. J’ai eu mon concours. Je me la suis offerte.

Dernier épisode : la semaine dernière. Entrée dans un but purement professionnel dans la belle et chic librairie près de chez moi, après avoir demandé à la libraire : « Bonjour, auriez-vous l’histoire de la grenouille à grande bouche? », je me suis finalement retrouvée à la caisse avec sous le bras non seulement la grenouille à grande bouche, mais aussi Papa ne veut pas, et, pour finir, Suis-je snob?, en grande partie parce que la couverture était irrésistible, mais surtout parce qu’il s’agissait d’un des seuls livres à moins de 10€ que contenait la librairie, et que je n’ai pas eu suffisamment de volonté pour le reposer sur la table d’où je l’avais pris.

Voilà. Bon. Maintenant que j’ai cassé ma tirelire, je vais me calmer, et relire deux fois chaque bouquin en attendant d’avoir de nouveau des sous-sous pour pouvoir éventuellement m’en offrir un nouveau…

Et vous, ce dimanche, c’est aussi lecture-thé-chat à regarder danser les flocons? Et que lisez-vous?

edit de 16h30 : je crois que ma remarque concernant mon budget lecture a été mal comprise… Depuis le temps que je parle ici de mon anti-consumérisme, j’avoue être un rien vexée lorsque vous me soufflez que je peux aller à la bibliothèque! Je ne pourrais pas vivre sans, alors rassurez-vous, ma source principale de lectures reste ma bibliothèque municipale un peu pourrie et pas très riche, ou celle de mes copains ou collègues, souvent plus actuelle! Ce que je voulais dire, c’est que justement, pour moi l’achat d’un livre est un petit évènement en soi, longuement savouré… Rassurées? :-)

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4 déc

Lecture du dimanche


En écho à ce tricot, j’ai donc relu « les Mémoires ». Deuxième lecture, deuxième enchantement… Difficile de choisir un extrait, j’aurais pu vous recopier le livre!

« Pour nous rendre à Meyrignac, nous roulions pendant une heure dans un petit train qui s’arrêtait toutes les dix minutes ; on chargeait les malles sur une charrette à âne et nous gagnions à pied, à travers champs, la propriété : je n’imaginais pas qu’il existât sur terre aucun endroit plus agréable à habiter. (…)

Le premier de mes bonheurs, c’était, au petit matin, de surprendre le réveil des prairies ; un livre à la main, je quittais la maison endormie, je poussais la barrière ; impossible de m’asseoir dans l’herbe embuée de gelée blanche ; je marchais sur l’avenue, le long du pré planté d’arbres choisis que grand-père appelait « le parc paysagé » ; je lisais, à petits pas, et je sentais contre ma peau la fraîcheur de l’air s’attendrir ; le mince glacis qui voilait la terre fondait doucement ; le hêtre pourpre, les cèdres bleus, les peupliers argentés brillaient d’un éclat aussi neuf qu’au premier matin du paradis : et moi j’étais seule à porter la beauté du monde, et la gloire de Dieu, avec au creux de l’estomac un rêve de chocolat et de pain grillé. Quand les abeilles bourdonnaient, quand les volets verts s’ouvraient dans l’odeur ensoleillée des glycines, déjà je partageais avec cette journée, qui pour les autres commençaient à peine, un long passé secret. Après les effusions familiales et le petit déjeuner, je m’asseyais sous le catalpa, devant une table de fer, et je faisais mes « devoirs de vacances » ; j’aimais ces instants, où, faussement occupée par une tâche facile, je m’abandonnais aux rumeurs de l’été : le frémissement des guêpes, le caquetage des pintades, l’appel angoissé des paons, le murmure des feuillages ; le parfum des phlox se mêlait aux odeurs de caramel et de chocolat qui m’arrivaient par bouffée de la cuisine ; sur mon cahier dansaient des ronds de soleil. Chaque chose et moi-même nous avions notre place juste ici, maintenant, à jamais. »

Est-ce que cet extrait de vous donne pas envie de lire à voix haute, tellement ces phrases sont parfaites, totalement équilibrées, avec un rythme parfait et un choix de mots dont on a envie de se délecter?

Bon dimanche soir à toutes.

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7 août

lecture du dimanche


Je suis rentrée, mais je prends encore un peu mon temps… Je lis, je flâne, je médite, je paresse… et je lis Colette. Je me fais croire que je suis à Casamène, dans une belle maison perdue à la campagne, et encore une fois, je m’émerveille devant l’art de Colette à décrire les chats…

Le magnifique protège-livre est un cadeau de la gentille Marie*, qui m’a beaucoup trop gâtée…♥

« Péronnelle n’a pas de ces terreurs puériles. Cette hospitalisée, qui mourait de faim dans l’herbe où Annie l’a trouvée, porte une robe d’un gris modeste mais de l’étoffe la plus soyeuse, un velours qui fond dans la main et s’argente au soleil. Rien de rasta, rien de ces portugaises bariolées comme des perroquets. Deux colliers noirs au cou, trois bracelets aux pattes de devant, la queue musclée et le menton distingué, avec des yeux d’un vert royal qui vous regardent droit, insolents, caressants, relevés aux coins, soulignés de kohl, Péronnelle irritée ne cèderait pas devant Dieu le Père, pas même devant moi. Elle ronronne, lèche, mord et tape, et toute la maison marche comme un seul homme. Annie disait d’elle, l’autre jour :

(Lire la suite…)

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27 mar

Quand le requin dort, Milena Agus


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Quand maman était jeune, grand-mère lui recommandait de ne pas rentrer après l’heure fixée.

« J’ai trop attendu dans ma vie, disait-elle, ton père pendant toute la guerre, et après, le mariage qui ne venait jamais, et après une maison entièrement à nous. Je ne peux plus attendre. » (Lire la suite …)

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13 fév

Le goût des pépins de pommes ☀ Katharina Hagena


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 » Plus les mailles se distendaient dans la mémoire de Bertha, plus gros devenaient les fragments de souvenirs qui s’échappaient à travers. Plus la confusion progressait dans sa tête, plus extravagantes devenaient les choses qu’elle tricotait, des choses dont les bords, parce qu’elle laissait continuellement des mailles de côté, en entrecroisait d’autres ou en tricotait de nouvelles, croissaient et se recroquevillaient en tous sens, béaient et feutraient ou se défaisaient de partout. (Lire la suite…)

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