Robe ginette
patron : burda août 2011 ■ tissu : mondial tissu (soldes de l’hiver dernier)
Comme je vous l’ai raconté précédemment, j’ai donc été malade la semaine dernière, un truc que je traînais depuis au moins deux semaines, mais qui m’a vraiment tuée mercredi soir. J’ai donc passé mon jeudi entier au lit, en grelottant, veillée par Félicie, fidèlement postée à mes pieds. Le vendredi, étant sensiblement dans le même état que la veille, j’ai soudainement décidé que la maladie n’était qu’une question d’attitude. Oui, tout à fait, c’est une théorie développée par Monsieur, qui consiste à faire semblant de ne pas être mal pour ne pas l’être (Vous ne comprenez rien? Normal. C’est une théorie de Monsieur. Et encore, je vous ai fait la version concise…). Trouvant donc là une parfaite occasion de tester cette théorie, j’ai donc décidé que c’était l’après-midi idéal pour coudre la robe que j’avais coupée une semaine auparavant.
Photo sur laquelle j’essaie de faire pousser ma frange plus vite afin d’oublier le désastre que lui a fait subir cette konna**e de coiffeuse parisienne – en sortant du salon, je me suis donc de nouveau fait la promesse solennelle de ne JAMAIS plus être infidèle à ma chère coiffeuse nancéienne, MEME si c’est uniquement pour la frange!!
Je me suis donc levée et habillée, et me suis installée devant ma table de couture, avec une bouillotte sur les genoux, une tasse de lait chaud sur la droite, un paquet de mouchoirs propres sur la gauche et une réserve de pastilles au réglisse à proximité. Et, avisant le beau jersey gris finement rayé de noir dans lequel j’avais coupé ladite robe, je me suis dis que, tiens, fantastique, ce serait aussi l’après-midi idéal pour prendre en main la surjeteuse que j’ai achetée d’occasion il y a… euh… six mois?… Oui oui, six mois.
Au départ, j’avais prévu de vous faire un super post spécial pour vous présenter ma super surjeteuse trop belle et trop cool et trop tout, mais en fait, étant habituée depuis teeellement longtemps à ma bonne vieille machine mécanique et costaude, avec un enfilage simple, un bouton pour la lumière et juste deux leviers pour la largeur et la longueur de point, je dois avouer que cette bête avec ses quatre bobines et ses trente-six mille bitonniaux m’effrayait un peu… (j’exagère, c’est une surjeteuse assez basique, mais pour celles qui visualisent ma machine, il sera simple de comprendre que le moindre petit plus technologique me déroute complètement!) Du coup, nous nous sommes observées longtemps, la surjeteuse et moi, avant d’accepter de nous adresser la parole.
Ce jour est donc arrivé vendredi. Sans doute parce que j’ai eu une bonne montée de fièvre qui m’a donnée l’impression d’être invicible, et donc de pouvoir mater la bêêête.
ça, c’est pour vous montrer que ma robe, eh bien elle a un graaaaand col bénitier. Ouioui, je suis très fière de ma photo, je la trouve magnifique. Du grand art. Une pause toute faite d’abstraction, de symétrie, de symbolisme, même. Hum.
Je dois dire que je m’étais fait tout un plat pour rien. Après avoir passé à peu près une heure et demie à enfiler. Renfiler. Re-renfiler. Tout défaire. Enfiler de nouveau. Tester. Défaire. Enfiler. Tester. eh bien finalement ce fut un jeu d’enfant! C’est vrai, c’est sympa, ce joujou, ça bouffe du jersey sans problème (pas comme Germaine – dont je ne peux plus vraiment changer la tension – qui casse le fil au bout de 12,5cm de point zig-zag sur jersey, qui fait un joli endroit mais un moche envers, etc)! En moins de deux, ma robe était terminée, essayée, adoptée! Bon, d’accord, au lieu de 39° j’étais sans doute passée à 41° de fièvre, mais ça, c’est du détail, hein, c’est du détail!
Il faut dire que le patron était impeccable pour une débutante de la surjeteuse comme moi : aucune subtilité, que du tout droit, même pas de manches à monter! Lorsque j’ai repris ma vieille Germaine pour faire l’ourlet et les finitions des emmanchures à la double aiguille (oui, j’ai zappé le biais que préconisait Burda, j’avais 41° de fièvre, hein, faut pas abuser, dans cet état-là on s’amuse pas à coudre des biais de jersey à la surjeteuse, hein!), j’ai eu un petit instant de flottement, je ne comprenais pas pourquoi elle ne coupait pas les surplus en même temps qu’elle cousait, et son bon gros « taktaktaktaktak » m’a toute émue!
Je n’ai fait subir aucune modification au patron, si ce n’est que, la taille 36 n’existant pas pour ce modèle, je l’ai donc tracé en 38 sans marges de couture, et j’ai dû encore bien ratiboiser partout, au moins 2-3cm.
Le résultat me plaît bien, le jersey est bien épais et douillet, je pense que la robe va devenir un bon basique pour ma garde-robe d’hiver! Du coup, ça y est, j’ai définitivement adopté ma surjeteuse, et, signe incontestable de son intégration sur ma table de couture, je l’ai même baptisée. Mesdames, souhaitez donc la bienvenue à Ginette, vous risquez d’entendre encore parler d’elle!
L’avis de Monsieur : bon, je suis un peu déçue, je n’ai pas grand’chose à vous mettre sous la dent, Monsieur étant actuellement apparemment bien plus préoccupé par la mise sous tutelle de Liliane et la candidature de François que par les performances couturistiques de sa chère et tendre. Cependant, d’expérience, je peux tout de même vous signaler qu’en général, les robes courtes dans une matière toute douce et qui colle au postérieur, il aime ça. C’est un homme siiiii original, que voulez-vous!
Au fait, ne vous étonnez pas si vous ne voyez pas d’ »inspirations de la semaines » cette semaine, je crois que je vais passer à un rythme un peu moins soutenu (sans doute toutes les deux semaines) : je ne fréquente pas assez internet en ce moment pour réussir à alimenter une telle rubrique de façon hebdomadaire.






Très très jolie robe ! Bravo d’avoir bravé la fièvre et ta surjeteuse pour la terminer, elle te va comme un gant