Patron : Prima, n° 017375A ■ Tissu : brocante

Hey hey! Première couture 2013!! (bon d’accord, c’est du réchauffé de 2012, mais, on fait c’qu’on peut, ma bonne dame!)

Je ne sais plus exactement laquelle de nous deux a vu ce tissu la première, au Mans, lors de la brocante que nous avions faite il y a plusieurs mois, avec Marion et Audrey. Il me semble bien que c’est Audrey, à qui il plaisait beaucoup, qui a mis la main dessus, le repérant parmi d’autres tissus. Lorsque mon regard s’est posé sur le coupon, j’avoue avoir eu un petit pincement au coeur en me disant : « Zut! Celui-là, j’aurais bien aimé le trouver! » La très instinctive Audrey a dû le sentir, car, après quelques secondes de réflexion et un coup d’oeil pensif sur moi, elle me l’a très gentiment abandonné. Etant tout à fait consciente de l’effort que demande l’abandon d’un petit trésor de brocante, dont on n’est pas sûre de faire quelque chose, mais qui nous plaît suffisament pour qu’on saute le pas de l’achat, j’avais vraiment été très touchée par ce geste.

Voilà, donc, ma nouvelle robe s’appelle Audrey, et, si tu me lis, Audrey, j’espère que tu ne regretteras pas de t’être sacrifiée…

Parce que, bon, faut bien le dire, ce n’est pas la robe du siècle. En même temps, c’était mon idée de départ. Le tissu étant relativement chargé, avec toutes ces petites fleufleurs, et ayant un bon potentiel de mémèrisation, j’ai préféré y aller mollo et choisir une coupe simple et confortable, qui contrasterait un peu avec le côté sucré du motif. J’ai donc cherché parmi mes patrons un modèle de robe vraiment simple, et je suis tombée sur un patron Burda, que j’avais commandé via le magazine Prima, lorsque les envois de patrons étaient encore gratuits.

Le modèle est vraiment tout simple, c’est une robe-housse avec des manches légèrement chauve-souris, une coulisse pour la ceinture et un col assez près du cou. Il m’a semblé que l’épure de la coupe était parfaite pour mettre en valeur le motif, et pour jouer avec la réversibilité du tissu. Je n’ai pas vraiment fait de modifications, j’ai fait un revers dans le bas de la robe afin de montrer l’envers du tissu, et joué avec ce motif double-face au niveau des revers des manches, mais c’est finalement ce qui était prévu pour le modèle (présenté sur le magazine dans une sorte de satin gris vraiment bof bof). J’ai remplacé le lien de la ceinture par un élastique, cousu sur l’envers, comme ça je peux porter difféentes ceintures avec. J’avais un peu peur d’un effet « chemise de nuit » si je laissais pendouiller les extrémités des liens comme le suggérait le modèle initial. J’ai opté pour un col tout simple, en remplaçant le biais d’organdi prévu par le patron par une parementure sur l’envers. Et, dernier détail perso, j’ai bricolé une petite goutte fermée par un bouton, dans le dos, et c’est complètement loupé puisque j’ai fait ça totalement au pif, donc ça gondole un peu, mais, pff, c’est pas grave!

Je la verrais bien aussi en version tunique, (encore) un peu plus courte…

Au-delà de mon envie d’avoir une robe confortable dans ma garde robe, je dois avouer que, ce qui m’a aussi motivée dans le choix de ce patron, c’est que j’avais besoin d’un projet qui réussirait « à coup sûr », et sans trop de difficultés.

Mission accomplie.

Même si cette robette n’est pas la plus extraordinaire que j’aie cousue, elle a vraiment été la robe de la réconciliation avec ma machine à coudre. Je l’ai commencée durant les vacances de la Toussaint, mais, comme j’ai ensuite été pas mal prise par les préparatifs de Noël, je l’ai mise de côté durant un bon moment. Et c’est en constatant que cet abandon provisoire et prolongé ne m’angoissait pas du tout que je me suis rendu compte que j’étais guérie de la couturite aigüe que j’avais contractée ces deux dernières années.

Je m’explique : il y a quelques temps, j’aurais voulu terminer tout ouvrage commencé en moins de deux semaines, me privant de sorties entre amis, de ciné, de glandouille sur canapé et de lectures au lit, pour pouvoir avancer ma couture et la terminer rapidement, afin de pouvoir enchaîner tout de suite avec une autre. Cette attitude de productivité à tout prix avait vraiment engendré un gros dégoût, et j’avais boudé Germaine et ma table de couture de façon assez catégorique. Pour tout vous dire, j’avais même remballé ma table de couture, me disant que je coudrais sur un coin de table de salon lorsque l’envie me prendrait, mais que je ne voulais plus que la couture prenne la moitié de notre chambre et me rappelle chaque jour les « obligations » que je me fixais moi-même bêtement. J’étais vraiment décidé à entamer une sorte de cure de désintoxication.

Je suis soulagée de constater que ça a marché. J’ai mis plusieurs mois à terminer cette robe, je m’y suis mise de temps en temps, pour quelques minutes, parfois je la regardais juste en essayant de visualiser ce que je ferais dessus la prochaine fois que j’aurais le temps/l’envie de m’y mettre, d’autres fois, je prévoyais un après-midi couture, et, finalement, je faisais autre chose juste parce que j’en avais envie, bref, je suis allée à mon rythme, sans me mettre aucune pression, juste en ayant envie de me faire plaisir.

Tranquillement, la couture a ainsi repris dans ma vie la place exacte qu’elle n’aurait jamais dû quitter : celle d’un loisir. Ouf!

Alors voilà, dans sa grande simplicité, ma robe me plaît, elle est hyper confortable parce que fluide, douce, et la coupe est vraiment parfaite pour passer une journée tranquille à la maison, assise en tailleurs à tricoter en regardant un film, mais aussi pour aller me promener dans Paris. J’évite en ce moment les jupettes pour aller travailler, car notre chauffage n’a pas repris depuis les vacances de Noël… Heureusement, j’ai un pull à torsades sur mes aiguilles pour réchauffer tout ça! (oui, j’aime bien mettre un peu de suspense, héhé!)

Bonne semaine à vous!

 

L’Avis de Monsieur :

Monsieur se questionne. Monsieur trouve que le col est un peu trop brut. Monsieur trouve qu’il faudrait « un bord ». Monsieur demande à voir d’autres robes dans le même genre. Monsieur demande à voir « la photo de la fille sur le magazine ». Monsieur conclut ensuite : « Ecris ton article, fais ta séance photo, et tu verras si d’autres personnes me donnent raison ». Je transmets donc docilement les interrogations de Monsieur à mon (son?) fidèle lectorat, en espérant que ledit lectorat saura apporter une réponse franche et tranchée aux questionnements existentiels de notre couple.

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