Couture couture femme Créer

Le combishort aquatique

3 juillet 2020

Nonon, ce combishort n’est pas waterproof, il n’a pas vocation à me permettre d’aller explorer les profondeurs sous-marine, mais le tissu, avec son fond turquoise et ses motifs mouchetés, m’évoque les galets qu’on aperçoit sous l’eau filante d’un ruisseau bien frais, dans lequel j’aurais plaisir à tremper mes pieds en été.

C’est simple, rien que de regarder cette dernière cousette, j’oublie les trente degrés de ce jour où j’écris cet article, et je suis transportée dans les Vosges, pour un pique-nique les pieds dans le ruisseau.

Ce fameux tissu, donc, un coton un peu raide, très frais, et bien coloré, m’avait tapé dans l’oeil il y a plusieurs années. J’en avais pris un métrage approximatif, pensant en faire une robe.Et puis je suis passée par une période de doute vestimentaire, dont j’avais déjà parlé ici, ne sachant plus quelles formes j’avais envie de porter et quels vêtements m’allaient ou non, et j’avais boudé les imprimés et motifs trop voyants.

Mais depuis l’arrivée du printemps, cette année, et sans doute en réaction à ces deux mois de confinement, d’angoisses et de doutes, j’ai des envies de motifs, de couleurs, de pep’s, bref, j’ai envie d’une garde-robe gaie. Et celle que j’ai dans mon armoire d’été ne correspond guère à cette envie, à quelques exceptions près.

Ce combishort, je l’ai justement cousu majoritairement durant le confinement, et je me demande encore comment j’ai fait, car je crois que c’est la période de ma vie durant laquelle j’ai eu le moins de temps pour moi. Comme quoi, lorsqu’on a vraiment besoin de se changer les idées, on arrive à s’en donner les moyens…

Prise donc par une envie de vêtements gais, et toujours guidée par l’envie de liquider mon gros stock de tissu, j’ai repêché ce coupon, en me disant qu’il était plus que temps de lui faire un sort. J’avais maintes et maintes fois tenté de le coudre, j’ai recopié deux patrons de robes pour lui, et à chaque fois, au moment de couper le tissu, j’ai été arrêtée par un doute, qui m’a fait renoncer. Le tissu étant assez raide, j’en étais finalement arrivée à abandonner toute idée de robe, de peur d’être déçue du résultat. Et puis, en sortant mes affaires d’été de leur carton en avril, je suis tombée sur un combishort du commerce, que j’ai depuis dix ans, qui commence à être défraîchi mais dont je n’arrive pas à me séparer. J’ai pensé : « Ah, il va falloir lui trouver un remplaçant! »

Et c’est à ce moment-là que ça a fait tilt dans ma tête, et que l’association parfaite tissu/patron s’est présentée à moi : ce tissu était FAIT pour devenir un combishort! Et j’avais justement le patron parfait, un patron que je reluquais chaque été en me disant qu’il faudrait un jour que je me lance.

Une fois l’idée apparue dans ma tête, je me suis lancée, et j’ai adoré le coudre. D’une part, parce que coudre un coton raide est facile et agréable, toutes les couturières en conviendront. D’autre part, parce que lorsqu’on est persuadée d’avoir trouvé la bonne association patron/tissu, on coud sans se poser de questions, et tout s’enchaîne facilement.

Le patron y est évidemment pour quelque chose aussi : il s’agit d’une « grande » pièce, mais relativement facile, puisqu’elle ne comporte pas vraiment de point technique délicat : ni braguette, ni emmanchures, ni poche passepoilée, ni encolure compliquée, rien de tout ça. Le seul point qui me questionnait concernait la hauteur du combishort, car c’est le genre de pièce dans lequel il est indispensable d’être à l’aise, et de ne pas être gênée au niveau de l’entre-jambe. Par chance, le patron choisi était un patron « taille longue », c’est à dire pensé pour une stature de 1,76m (contre 1,68m pour les tailles « normales »). Je mesure 1,74m, cette histoire de stature n’était donc pas anodine, car avec une taille classique, j’aurais dû procéder à des ajustements (et comme je couds peu en ce moment, je n’ai pas très envie de me compliquer la vie).

Au final, il me va impeccablement : je suis très à l’aise dedans, le haut est légèrement blousant et assez ample, ce qui est très confortable lorsqu’il fait chaud, et le bas est ajusté sans être trop serré. Je suis donc vraiment ravie! Il me reste juste à faire bronzer ces gambettes pâlichonnes, pour mettre en valeur ma cousette… (En parlant de mise en valeur, je sais que mes photos sont floues et ne permettent pas de bien voir les détails… Je vais essayer de changer d’appareil pour les prochaines photos.)

La petite particularité du patron réside dans la fermeture croisée (type cache-coeur), qui se ferme par un lien. Le patron propose de placer une petite pression en miroir, pour bien maintenir la fermeture, et, sur la version d’origine, le col est fermé et maintenu par un bouton. Je n’avais pas envie d’un col fermé, et trouvais plus joli et plus estival d’ouvrir un peu le décolleté – j’ai donc opté pour des mesures de sécurité draconiennes en cousant plusieurs pressions: mon quotidien avec deux garçons est plutôt actif, et je ne souhaite franchement pas me retrouver à moitié à poil pendant que je leur cours après dans un square bondé.

J’ai passé beaucoup de temps sur ce dernier point : j’ai ajouté une pression entre la fin de la couture de l’entre-jambe et celle du lien à la taille, et deux autres au niveau du décolleté. C’était délicat de bien placer les pressions pour ne pas faire de plis ou que ça baille quelque part, j’ai donc multiplié les essayages, recommencé plusieurs fois, et regretté de ne pas avoir de mannequin de couture. J’ai aussi passé un certain temps à coudre les parementures à petits points invisibles, et ai doublé toutes les coutures de la partie short, mais je ne regrette pas ce temps passé sur les finitions, car je porte ce vêtement en toute confiance, et avec grand plaisir.

Une couture fluide et facile, donc, qui a tout de même été interrompue durant quelques semaines, car je m’étais mis en tête de souligner l’encolure avec un passe-poil, que je n’avais pas en stock, et j’ai aussi été confrontée à la fameuse pénurie d’élastiques!! J’avais cousu quelques masques pour mon entourage, et mon stock d’élastique y était passé, comme chez bien des couturières! J’ai donc patienté jusqu’à la fin du confinement, et suis ensuite allée me ravitaller. J’avais imaginé un passepoil vert d’eau, mais je n’ai pas trouvé la couleur parfaite. J’ai donc opté pour la fabrication d’un passepoil maison, avec ce biais parfaitement assorti aux petites touches violettes du tissu, et je trouve ça finalement assez mignon.

Vous n’avez pas fini d’entendre parler de ce patron, car j’ai cousu sa version blouse, et j’espère bien vous la montrer très bientôt!

Belle journée à vous!


Fiche technique

  • patron : combishort 108, burda 04/2015
  • métrage : 1,90
  • fournitures utilisées : coton, passepoil réalisé à partir de biais + cordelette (optionnel), pressions
  • niveau de couture : 2,5/4
  • points techniques : monter une parementure, poser un passepoil si comme moi l’envie vous en prend, réaliser une coulisse à élastique
  • modifications : j’ai préféré zapper le petit col que je n’aimais pas particulièrement, et porter mon combishort ouvert. J’ai ajouté un passepoil, et des pressions pour sécuriser mon décolleté!
  • points forts : le confort absolu du modèle, la fraîcheur du tissu, et le rendu très mignon (je trouve).
  • points faibles : franchement, je n’en vois aucun, si ce n’est que, comme dans tout burda, les explications peuvent paraître nébuleuses pour des non-habitué(e)s.

9 Comments

  • Reply Annie 3 juillet 2020 at 9 h 19 min

    Merci pour cette délicieuse revue ! cette tenue te va super bien !!! MAIS MAIS….. QU’EN A DIT MONSIEUR ????? (xD)

  • Reply Cam ile o tricot 3 juillet 2020 at 9 h 26 min

    Plutot lectrice de l ombre depuis pas mal d’années….toujours un plaisir de découvrir tes articles. Le combishort confortable c’est vraiment ma tenue préférée de l’été… le tien est parfaitement charmant !

  • Reply tricousieetpoéture 3 juillet 2020 at 9 h 40 min

    hum trop chouette, j’adore et ça te va très bien, très beau ce tissus en effet, ça donne envie, pour le printemps/été prochain en mode jeretrouvemaligned’aprèsgrossesse.

  • Reply Hélène 3 juillet 2020 at 12 h 26 min

    Magnifique, bravo Mathilde ! Le modèle et le tissu vont très bien ensemble.
    J’ai hâte de voir la version blouse !

  • Reply marion bergamote 3 juillet 2020 at 12 h 54 min

    Je n’ai pas beaucoup de Burda, mais j’aime les feuilleter régulièrement. Je connais donc les modèles par cœur. J’ai bien celui d’avril 2004, je connais ce combishort et pourtant je ne l’avais pas du tout reconnu ! Très belle réalisation, j’aurais presque envie de me lancer, mais je suis petite, c’est pas faute d’avoir mangé des litres de soupe. Je passe mon tour sur les modèles grande taille ! Hâte de voir la version blouse ! Et merci pour les posts sur le blog, on adore !

  • Reply Suzanne 3 juillet 2020 at 14 h 45 min

    Oh que c’est joli et que patron et tissus sont assortis! Les cotons « raides »: le rêve ! J’en ai qqs uns et je me dis que je devrais les sortir du fond de ma malle à tissu, car j’ai justement peur de cet aspect raide et au contraire ta combi semble fluide comme il faut. Toujours un plaisir de te lire !

  • Reply Micoton 3 juillet 2020 at 19 h 49 min

    Chouette, de la lecture ! Très joli combishort, qui te va comme un gant!
    Et tu vois, comme souvent, je n’aurais pas parié sur le dessin technique, ni la version présentée par Burda, mais avec ton tissu, sans le col, et en faisant un joli revers, il est vraiment ravissant !

  • Reply Cé Créations 6 juillet 2020 at 14 h 26 min

    Bravo ! Moi j’ai toujours ma combi-pantalon en cours dans mon atelier…

  • Reply peacockinapot 21 juillet 2020 at 7 h 08 min

    Je rejoins une lectrice plus haut : qu’en dit Monsieur ? 😀
    Toute plaisanterie mise à part, j’adore le tissu que tu as choisi (j’ai une robe dans un tissu similaire que ma mère a rapporté de Tahiti il y a … longtemps), j’ai l’impression d’avoir moins chaud rien qu’en le regardant. J’ai hâte de voir la version blouse ! (J’admire de loin, chez Burda je n’arrive même pas à décalquer les pièces, ahem)

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