Patron: Aubépine de Deer&Doe ■ Tissu: Sacrés Coupons/Mondial Tissu ■ Biais: Moline

Aaaah… Aubépine… Mon Aubépine… MON Aubépine!… C’est une grande histoire d’amour entre elle et moi…

Je l’ai vue sur le site de Deer&Doe et, au premier regard, je suis tombée amoureuse. Ses petits plis, ses manches délicatement raccourcies, sa taille froncée, son joli noeud posé là comme un papillon, ses poches discrètes, bref, tout en elle m’a conquise. D’ailleurs, je ne suis pas la seule. Quelque part, sur une étagère de mon armoire à tissus, un coupon aussi a eu le coup de foudre et a crié : « Aubépiiiiine!! »

Devant tant d’amour, évidemment, je n’ai pu faire autrement que de commander le patron quasiment dans la minute. Et si je ne l’ai cousue que maintenant, soit plus d’un mois après avoir reçu le patron, ce n’est que parce que, en fille pratique que je suis, j’avais bien conscience qu’une jupe et une tunique étaient prioritaires pour ma garde-robe de grossesse. Aubépine était donc pour moi la récompense suprême que j’allais pouvoir m’autoriser lorsque j’aurais cousu ces deux articles utilitaires.

Je l’ai commencée un soir, ce qui est en soi déjà un début totalement exceptionnel. Je m’explique : je ne fais jamais, JAMAIS de couture le soir. Généralement, le soir, c’est tricot ou lecture, mais surtout pas couture! Ma désormais loooongue expérience m’a montré que, le soir, fatiguée, pressée, partagée entre le dîner, l’envie d’aller au lit et celle d’avancer mon ouvrage, mal éclairée par-dessus le marché, je fais généralement des choses que je regrette le lendemain: coudre endroit contre envers, monter une manche droite à gauche, donner un coup de découd-vite malheureux, etc.

Mais là, je venais de donner la touche finale à ma tunique, j’avais recopié le patron la veille, mon coupon m’attendait sagement posé sur ma table, bref, la tentation était trop grande. C’était vendredi soir, Monsieur était de sortie, pas de boulot le lendemain donc pas de pression pour se coucher tôt, et soudain, une pêche d’enfer comme si je m’étais fait un shoot d’aubépine en intraveineuse. Donc paf, comme ça, direct, j’ai empoigné le coupon d’une main, le patron de l’autre, je t’ai repassé-épinglé-découpé tout ça, et, dix minutes après, j’étais déjà en train de piquer les plis et former les pinces.

Je ne me suis pas reconnue. Moi qui, habituellement, dodeline de la tête à 20h30 (et ces derniers mois, hum, je dodeline carrément à partir de 16h… youpi tralala…), j’étais en train de commencer la robe de l’année à 21h30!!

Cependant, j’ai deux explications très simples à ce phénomène surnaturel.

1) L’entière confiance que j’ai dans le travail d’Eléonore. Les patrons tombent nickel, les livrets d’explications sont limpides, bref, une fois commencée, la robe est déjà quasi terminée tellement Mlle Klein nous pré-mâche le travail. Ce sont les seuls patrons que je puisse m’autoriser après 20h30.

2) L’espèce de sentiment de surpuissance qui m’envahit dès que je m’approche de Pfaffounette d’Amour. C’est simple, dès qu’elle entre dans mon champ de vision, j’ai l’impression de me transformer en wonderwoman de la couture – l’impression, hein, j’ai dit! J’ai bien conscience qu’il me reste encore pas mal de travail pour réussir à me faire toutes les choses dont je rêve!

Forte donc du Deer&Doe Power et de la Pfaffounette’s Vibe, il n’est donc finalement pas si étonnant que j’ai cousu les trois quarts de ma robe en une soirée. Et sans me coucher si tard que ça, en plus!

Oooh le gros bidon tout rond!…

Bon, j’ai tout de même mis plus d’une semaine à finaliser tout ça, car, une fois les étapes principales de la robe franchies, je me suis posé la question de la personnalisation : la robe me plaisait vraiment énormément telle quelle, présentée en uni sur le site de Deer&Doe, mais je trouvais tout de même dommage de ne pas lui donner un petit twist perso… parce que bon, quand on fait de la couture, c’est tout de même un peu frustrant de se retrouver avec une robe quasi copiée-collée sur le modèle de base… J’ai donc laissé infuser mon aubépine une semaine sur un cintre, dans mon champ de vision, histoire de m’en « imprégner » pour trouver une idée simple, mais qui la rendrait mienne.

Et c’est finalement en regardant de près une de mes robes Somewhere que j’ai trouvé l’idée, toute simple, mais qui suffit à me rendre contente, de coudre un biais à l’encolure, mais en le plaçant dessous, de façon à ce que seul un tout petit liseré de l’imprimé se retrouve visible. Oui, je sais, vous ne voyez pas grand chose sur les photos (et en plus, elles sont quasiment toutes floues!)

Evidemment, la robe étant unie, le biais liberty s’est imposé à moi (bah ouais, je suis une blogueuse couture premier degré, moi, on me dit « biais », je pense direct « Liberty »… je sais, je suis d’une originalité désolante…): j’ai trouvé mon bonheur un samedi matin chez Moline. Le biais existait en plus en format biais normal – celui que j’ai utilisé pour l’encolure – mais aussi en format cordonnet, déjà cousu : impeccable pour la coulisse.

Résultat : une robe féminine, dont j’aime énormément les détails discrets.

La couture de la robe, du début à la fin en passant par le milieu, s’est vraiment faite tellement simplement et logiquement, je me suis tellement régalée, que je ne peux que la considérer d’emblée comme l’une de mes robes préférées (et dire MERCIIII à Eléonore pour le bon moment que j’ai passé grâce à elle, vous savez, le genre de moment qui fait qu’on se dit « Aaaah, mais ouiii, c’est pour ça que j’aime coudre! »). Le tissu est, de plus, un super mélange coton/laine qui tombe super bien et est super douillet (oui, vous l’avez compris, aujourd’hui tout est super!)… Pour la doublure, j’ai utilisé un reste de voile de coton précédemment utilisé pour cette tunique. J’avais un peu peur que le mélange des deux couleurs et des différents imprimé soit très vilain, mais tout compte fait, je trouve l’envers aussi joli que l’endroit!

Les deux seules modifications que j’ai faites sont :

- les boutonnières de la coulisse sont verticales et non pas horizontales, ne me demandez pas pourquoi, je n’arrive pas à m’expliquer pourquoi j’ai absolument tenu à les faire dans ce sens-là…

- je n’ai pas doublé la jupe, car j’avais peur d’un effet trop juponnant, et je n’avais de toute façon pas assez de tissu de doublure pour le faire.

Concernant la taille à choisir, j’ai eu beaucoup de mal à me décider. Evidemment, mes mensurations actuelles sont totalement hors normes, la robe n’étant pas du tout un patron de grossesse. Cependant, je voulais coudre une robe que je pourrais porter dans mon état actuel, mais aussi plus tard, lorsque je serai redevenue maigrichonne. J’ai donc opté pour un 38 (habituellement je couds plutôt du 36) en croisant fort fort fort les doigts pour tout de même pouvoir la même dès maintenant (d’après le tableau de mesures, j’aurais dû faire un 40, voire un 42, mais c’était condamner ma robette au placard jusqu’à la prochaine éventuelle grossesse : impossible!!) : elle est nickel, et j’espère que je ne flotterai pas trop dedans après le mois de février… Et, franchement, même enceinte de quasi 7 mois, dedans je ne me trouve presque pas patatisante, ce qui commence à devenir exceptionnel!

Et maintenant que j’ai cousu les trois projets qui me tenaient à coeur pour la grossesse, je suis toute désarmée : je meurs d’envie de coudre, j’ai plein de modèles en tête, mais dans lesquels mon gros ventre ne trouvera pas du tout sa place… J’exclus totalement de coudre des vêtements spécifiques à la grossesse (j’ai suffisament de fringues pour tenir jusqu’à l’accouchement sans me lasser), du coup, je me demande si je ne vais pas coudre en avance des choses pour après (genre des choses qui se déboutonnent sur le devant, au cas où…), en prenant des patrons Burda, pour lesquels je connais bien ma taille – en pariant donc que je retrouverai ma silhouette habituelle après… Ce qui recule encore le moment où je pourrais enfin tester les patrons RDC… Snif…

Ah, tiens, on me souffle à l’oreille que je pourrais aussi coudre des choses pour le marmot/la marmotte… Il paraît qu’à partir de janvier, il faudrait tout de même que je me soucie un peu de lui/d’elle… Que je couse un tour de lit… un matelas à langer… une couverture douillette…

Mmmh… Oui oui… Je pourrais, je pourrais… Mais bizarrement je trouve ça beaucoup moins marrant que de jouer à la poupée mannequin avec moi-même!!

Allons allons, n’appelez pas tout de suite les services sociaux, vous verrez bientôt que mes aiguilles à tricoter n’ont pas chômé pour le petiot/la petiote, il/elle ne sera pas tout nu/e le jour de la naissance venu!

Monsieur n’a pas encore vu la robe portée, mais je ne manquerai pas d’ajouter ses croustillants commentaires dès qu’il les aura formulés… Cependant, je parie sur un retour plutôt positif, la robe étant courte + décolletée + féminine + violette : l’équation idéale selon lui!

Bonne soirée à vous toutes! Moi, normalement, je subis demain mon dernier mercredi de folie avant longtemps, YOUHOUUUU!!

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